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14 LIYBE VI. - MARC AURÈLB.
don de la Divinité ou comme un hommage envers elle, qu'il la fit dériver de Dieu ou qu'il la rapportât à Dieu. Une pensée contraire, à la fois humble et pieuse, perce dans ce reûouveliement de la philosophie morale qui coïncide avec les premiers temps chrétiens.
On la démêle dans Sénèque, puis dans Musonius, dans Juvénal, dans Épictète, dans Maxime de Tyr <. Elle n'est nulle part plus claire que chez Marc Aurèle. Sa première page est un hymne à ses dieux, où il les remercie, non de sa vie, non du trône, non de la gloire qu'ils lui ont donnée, mais des exemples, des conseils, des leçons dont ils ont entouré sa jeunesse, de leurs inspirations saintes, en un mot, de leurs grâces; de la manière dont ils l'ont préservé, fragile comme il était ; des succès même qu'ils lui ont épargnés et qui, en décevant son amour-propre, eussent été dangereux pour sa vertu •. Honorer les dieux, vivre avec les dieux; leur être soumis • non par la nécessité qui nous brise, mais par notre volonté qui adhère ; en toute chose invoquer les dieux *; s'animera la vertu par le ressouvenir des dieux et par la pensée de leur ressembler'; aimer le genre humain et obéir aux dieux • ; vivre avec les uns et les autres sans se plaindre et sans donner sujet de plainte ^; s'examiner sur la conduite qu'on doit tenir : c'est un
1. Voy. cî-dessuB, l. I, p. 399 et s., 400, 416 et n.; t. II, p. ??5.
2* I 17. — Il disail à Fronton : œ J'évite l'éloquence, parce que, si je viens à dire quelque chose de beau, mon amour- propre s'y complaît. » Fronton lui reproche ce mépris pour la gloire de la rhétorique. Fronton, ad M. Css., de eloqumiia.