‹ Les Antonins: ans de J. C., 69-180Chapitre 12 sur 156 · VIII, 3t · texte numérisé non relu

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CARACTÈRE BT PHILOSOPHIB. 45

langage qui se représente sans cesse sous sa plume. Différent des anciens sage:), Marc Aurèle doit à plus de modestiepius de lumières. Sa faiblesse, qu'il sent et qu'il» avoue, est sa sauvegarde : il ne compte pas sur lui-même comme les philosophes ; comme les chrétiens, il compte sur Dieu.

Ce sentiment, vrai parce qu'il est humble, éclaire toute sa vie morale. Il entrevoit la ressemblance de Tftme humaine avec Dieu. Il sent le bonheur d'une vie conforme i ce qu'il appelle la nature, à ce qu'il devrait appeler la loi divine : < Qu'importe, dit-il, parlant toujours à lui-même et à lui seul, le temps que tu auras à vivre ainsi? Une telle vie n'eût-elle duré que trois heures, ce serait assez *. » Chose étrange, mais qui s'explique par les contradictions de son esprit, lui qui, sur la question de la vie à venir, demeure toujours dans les hy,)othèses, il revient sans cesse sur la nécessité de penser à sa dernière heure, et de se trouver en ce moment suprême dans l'état où nous veulent les dieux *.

Oui certes, un nouveau progrès s'était accompli. De Cicéron à Sénèque, deSénèque à Épictète, d'Épictète à Marc Aurèle, la lumière s'était faite par degrés. Non pas sans doute que les idées philosophiques des derniers venus fussent ou plus élevées, ou plus nettes, ou plus vraies : la théorie philosophique est toujours chez eux pu pauvre ou absente ; et sous ce rapport, Cicéron en eût facilement remontré à ses successeurs. Mais cette inclination spontanée vers la vertu, indépendamment des idées métaphysiques qui l'entravent ici plus qu'elles ne l'aident; ce goût

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