COUP D*(E1L SUB LES TEMPS POSTÉRIEURS
la bouche de Mécène ^ le beau idéal des sociétés humaines selon les chefs de bureau : toute autonomie disparue; toute assemblée populaire supprimée ; tous les sujets faits citoyens ou plutôt tous les citoyens devenus sujets au même titre ; Tégalité sous l'oppression, sous l'impôt et sous la corvée. Des fonctionnaires impériaux nouvellement créés remplaçaient ou opprimaient les magistrats municipaux. Un corps d*espions s'était organisé sous le nom de /rumeniarii \ La police des cultes que Dion faisait demander par la bouche de Mécène, se pratiquait au moins contre les chrétiens. Quant à la police de renseignement que Mécène ou Dion avait aussi réclamée, on peut bien re-
nin, 1» de Filiis famiL (X, 60). — Le nominateur est respoDBable de celui qu'il a nonimé : Antonio et Philippe, de PerictU, nominat. XI, 33). — Responsable aussi envers lui s'il Ta nommé illégalement : Gordien, 1, de Sumptuum recuperalione. (X, 67). — Nominations faites par inimitié : Alexandre, i. Si propier inimicitiat, (X, 66). — Charges héréditaires : Valérien et Gallien, 1, d*i Decurioniims, (X, 31). — Charges incombant même aux femmes : Philippe, 1, de MuUerib. in quo ioco (X, 62). — Où doit-on le décurionat? Alexandre, Philippe, Antonin, 1 et 3, de Municip. el orig.ilL, 38) ; 1, de fneolit (X, 39). — Charges patrimoniales : 2, de Munerib, palritn. (X, 41). — Exemptions : — par l'acceptation de fonctions subalternes qui, en cas de procès criminel, rendraient sujet k la torture : Alexandre et Gordit-n, \,2, de Tabulariis .. (X, 69). — ... par les charges remplies depuis un terme de deux, trois ou cinq ans : Sévère. Antonin, Gor dien, 1, 2, de Munertb, ethonofib, (X, 40). ^ ... pour motif d'âge, d'absence d*enfants, par faveur du prince, pour cécité, surdité, goutte (s'il s'agit de charges personnelles) : Alexandre, Gordien, Carus, de Munerib, jatrim. (X, 41); de Vacat. public. Tmmer, (X. 47) ; de Exeusationtb. muner, (X, 45). ~ ... en certains cas, pour les pères de cinq enfants : Alexandre et Philippe, De his gui numéro liber, (X, &1). — ... pour les vétérans : Antonin, De his qui non impletis slipendiis, iX, 54). (Dans toutes ces citations le nom d'Antonin désigne Caracalla.) — Immunités des charges publiques accordées aux médecins, rhéteurs, etc., par les C<ésars du premier siècle, et qu'à cette époque-ci on cherche plut6t à restreindre : Antonin, Gordien, Philippe, ds ProfessoribuM et medicit, (X, 52).
i. Voy. Dion, LU, 14-40, et les Césars. Auguste, § 2.
2. Spartian in Hadrian., 11 ; Gapitolin in Maerin., 12; io èiaximo^ 10; Aurel. Victor, de Cmsarib., 39.
marquer quelques tentatives en ce sens ; mais le temps manqua. Toutes les libertés de l'empire romain s*en allaient donc pour faire place à une monarchie semimoderne. C'était en un mot un beau système, bien régulier, bien automatique, bien uniforme ; avec ce seul inconvénient qu'il y avait en moyenne un César assassiné tous les dix-huit mois ^ ; que le^ barbares étaient aux frontières, plus difficiles à combattre chaque jour ; que les peuples s'appauvrissaient ; et (symptôme qui a aussi sa gravité) que les peuples se mouraient d'ennui.
Car on sent facilement que dans une société qui en était venue là, toute activité en tout genre était bien près de s'éteindre. Nulle ambition possible que celle d'échapper aux honneurs par son incapacité, sa pauvreté ou son obscurité ; peu d'intérêts communs entre les citoyens de la même ville, tous occupés i rejeter les uns sur les autres le fardeau des charges municipales, et des corvées impériales ; peu de zèle pour l'industrie et le commerce ; le métier de riche était trop compromettant, et d'ailleurs qui pouvait être assuré de demeurer riche quand la pénurie impériale et la prépotence militaire étaient là pour tout absorber, le trésor des villes comme celui de l'Etat, le denier du pauvre comme les millions du riche ? Moins de zèle encore pour le labour -, car le métier de cultivateur est celui que la tyrannie fiscale méprise le plus et celui cependant aux dépens duquel elle s'enrichit le plus : bien
1. De Gominode à l'aTéneuenl de DioclétieD (180-285), il y eut ▼in^t-six empereurs reconnus à Rome (parmi eux trois Beulemenl moururent de mort naturelle); huit personnages associés par eux à Tempire, tous tués ; trente-sept empereurs proclamés dans les proyinces, parmi lesquels huit seulement survécurent à leur chute. La moyenne des règnes (en ne comptant que les empereurs reconnus à Rome) fut de quatre ans et quelques jours.