Les empereurs de cette période constitutionnelle sont
M. Claudius Tacitus, — né vers 200, » élu par le sénat le 25 sep-
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saDctiondes lois. On peu de sève républicaine remonle en ce moment dans les veines de Rome.
En tout, ce troisième siècle de Tempire romain est sans doute une époque de grands désastres ; mais ils ne sont pas du moins sans quelque consolation. Le spectacle de ce siècle est moins rebutant pour les âmes honnêtes que celui du premier siècle césarien. Mieux vaut encore cette anarchie et ces malheurs que rabaissement honteux de tout un sénat, de tout un peuple, de tout un empire devant Tibère, Caligula, Claude, Néron. Il y a au troisième siècle des tyrans encore pires que ceux-là ; mais il n'y a pas aux pieds de ces tyrans d'aussi servi les adorateurs. Dans l'épouvantable désordre soldatesque du troisième siècle^ il y a du moins quelque virilité, quelques âmes fortes et honnêtes parmi ces Césars d'un jour, quelque patriotisme dans ces armées provinciales, qui, en partie composées de barbares, s'indignent parfois qu'on ne les mène point contre les barbares. Non-seulement les qualrevingt^ années de Nerva à Marc Aurèle, en donnant à l'empire de plus nobles maîtres, avaient laissé dans les âmes un peu plus de noblesse ; mais surtout les longs répits donnés à TÉglise opéraient, de chrétiens à païens, des rapprochements favorables à l'élévation des âmes. L'empire était plus appauvri, plus malade qu'au temps des premiers Césars ; il était moins avili.
tembre 275, après un interrègne de plusieurs mois, — tué par les soldats à Tyane en Gappadoce (ami 276), — consul en 273 et 279.
M. Ânnius Floriann?, frère du précédent, — proclamé en Cilicie — Probus le bat et il se lue (juillet 276).
M. Aureiius Valerios Probus, — né d'une famille obscure à Sirmich, le 19 août 232, — proclamé par Tarmée d'Orienl après la mort de Tacite, — confirmé par le sénat (13 août 276), — consul en 277, 278, 279, 281, 282, — tué par les soldats révoltés en août 282^
378 UVRB vu. --r CONCLUSION.
Et eofin le chrisUanisme était là. S'il fût venu alors un Constantin, si un empereur d'un sens droit, d'un esprit ferme, d'un &me honnête, eût accepté, comme drapeau de son empire, la vérité qui sauvait les âmes, peut-être eût* il sauvé Tempire.
Telle était donc la situation des choses, lorsque — après le meurtre de Probus, ce meurtre qui fut une nouvelle et funeste inauguration de la souveraineté militaire, — après la dynastie éphémère de Garus qui, avec trois empereurs^ dura trois ans \ -— commença Timportante époque du César Dioclétien.
I ni - DIOCLÉTf EN; — 284-403 —
C. Valerius Dioclès, qui depuis son avènement à l'empire se fit appeler Diocletianus *, était un Dalmate et, comme la plupart de ses devanciers, un paysan devenu soldat,
1. M. Aurelius Garus, — né à Narbonne, vers 230, — proclamé par rarmée de Pannonie après la mort de Probus, — tué d'un coup de foudre ou assassiné le 20 décembre 283, pendant sa guerre de Perse.
M. Aur. Carintis, son Ûls, — né en 249, — César en 282, — empereur en 284, — assassiné après avoir vaincu son compétiteur OioclètieD en 285.
M. Aur. Numerianus, second fils de Carus, — César en 282, — empereur avec son frère en 284, — tué le 17 septembre, par le préfet du prétoire Âper.
2. C. Valerius Aurelius Diocletianus, ~ né vers 245 à Dioclée en Dalmatie, ~ empereur le 17 septembre 284, — consul en 285, 287, 296, 299, 303, 304, — abdique en 305, — meurt de désespoir en mai 313. —Voir, sur son règne, pour lequel les historiens sont bien rares, Lactance, de Mort. persecuL, et les abrégés d' Aurelius Victor, de C^sarib , 30, Epitome, 39 ; d'Eutrope, IK, 16.
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fort peu lettré, peu entreprenant comme homme de guerre, pas très-ferme dans ses volontés comme souverain, mais politique intelligent et sensé. Il eut Favantage d'arriver à la pourpre en donnant la mort, non pas à son prédécesseur, mais au meurtrier de son prédécesseur. Son avènement fut une protestation contre la souveraineté du meurtre.
De plus, il ne laissa pas que de chercher avec une certaine sagacité les moyens de mettre Tempire à Tabri des caprices tyranniques du poignard et de l'épée. Il comprit que Funité trop absolue de l'empire en faisait Tinslabilité et la faiblesse. Avec un seul empereur sur qui tout reposait, une seule capitale renfermant les destinées du monde entier, une seule armée dominant sur toutes les autres, un seul préfet du prétoire maître ou à peu près de cette armée, on sent combien était séduisante, sinon pour celte ville, du moins pour cette armée et pour ce préfet du prétoire, la tentation de renverser cet unique empereur. De plus, les barbares ("talent menaçants sur toutes les frontières à la fois ; l'empereur placé au centre était bien loin ; s'il ne faisait pas la guerre par lui-même, il était obligé de laisser grandir, s'illustrer, triompher, devenir populaires auprès des soldats, des généraux qui seraient tentés à leur tour de jouer le rôle de l'empereur.
Pour rompre cette dangereuse unité, Dioclétien fit de son empire quatre parts, chacune placée vis-à-vis d*une race diiTérente de barbares et d'une invasion à repousser. La Bretagne, la Gaule et l'Espagne furent groupées en face de la race franque et saxonne. L'Italie, à laquelle on rattacha l'Afrique, dut garder ce passage des Alpes Noriques franchi tant de fois par les peuples d'au delà du Danube,
380 UVBB VII. — CONCLUSIOS.
La Thrace, la Grèce, l'Illyrie, et les provinces riveraines du Dannbe veillèrent à la garde de ce grand fleuve contre les Goths, les Alains, les Scythes. Enfin toute la masse des provinces orientales fut opposée à la masse de Tempire persique et ciiargée de défendre la frontière de TEuphrate. Ce furent donc quatre empires, quatre capitales, quatre grandes armées, quatre préfets du prétoire (du reste administrateurs civils bien plus que commandants militaires) ' ; et enfin quatre empereurs, mais ces empereurs subordonnés les uns aux autres, deux Césars subordonnés à deux Augustes, et l'un de ces Augustes, parla nouveauté de sa fortune et par l'infériorité de son génie, subordonné à Dioclétien. Dès lors, il ne sufiBsait plus pour faire une révolution de soulever une armée, de maîtriser une ville, de frapper une tète ; trois autres restaient pour la venger. Et, comme, au moins pendant les vingt ans du règne de Dioclétien, cet ordre subsista; comme les deux Césars restèrent soumis aux deux Augustes et l'Auguste Maximin à l'Auguste Dioclétien ; pendant ces vingt ans, l'unité fondamentale demeura sauve. On dut même croire l'avenir garanti ; car, les Césars étant appelés à devenir Augustes à leur tour, un certain ordre de succession par le choix sembla devoir s'établir. On put se dire les révolutions impossibles, l'ère des caporaux finie* ; Dioclétien se trouva
1. Le nombre des prétoriens fut aussi diminué. Aurel. Victor,^f« CaSy, 39 ; Lact., de Mort, persécuta, 26.