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Les associés de Dioclétien à l'empire furent

t* M. Aurelius Valerius Maximianus, — né près de Birmich, le 21 juillet 250, — César, le 20 novembre 281, — Auguste et chargé du gouvernement de l'Occident, le t«' avril 286, — surnommé Herculius en même temps que Oiocléiien était surnommé Jovius, — abdique à Milan en môme temps que Dioclétien (305), ^ reprend la pourpre à Rome en 306, — la quitte et la reprend encore en 308, — fait priioo-

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avoir conquis la situation d'un empereur affermi, telle que, depuis Septime Sévère, peut-être même depuis Marc Aurèle, nul ne l'avait possédée.

Qu'en sut-il faire ? Que fit-il de Tempire ? Que flt-il envers l'Église ? Ce qui restait de force et de vie dans les veines de l'empire romain, le sut-il conserver ? Ce qu'il y avait pour l'empire de vertu médicinale dans l'Église chrétienne si elle eût été une fois acceptée par l'empire, le sut-il comprendre ?

Ni Tun ni l'autre. C'était une trop grande merveille qu'un empereur romain comptant un règne paisible de cinq ou six ans seulement ; la tète de Dioclétiennesut pas résister à tant de bonheur.

Vis-à-vis d'abord de l'empire romain et de la vie romaine, — Dioclétien, comme la plupart de ses prédécesseurs, n'était Romain ni de naissance ni d'affection. Rome lui sembla pour la sûreté de Tempire trop prépondérante, pour son agrément personnel trop familière et trop libre. II s'éloigna d'elle, prit l'Orient pour son domaine et la

Dier et forcé d'abdiquer en 309, — forcé de se tuer en 311, » consul en 287, 288, 290, 293, 296, 299, 303, 304.

2* Flavius Vaierius Ck>nstantiu8, surnommé Ghiorus, fils d'Butroplus et de Claudia, nièce de Tempereur Claude le Gothique, — né le 31 mars 250, à Sirmicb, — César le !•' mars 292, gouverne la Gaule, la Bretagne et l'Espagne, — Auguste, le 1" mai 805, en remplacement de Maximien, — meurt à York le 25 juillet 306, — consul en 294, 296, 302.

3* G. Galerius Vaierius Maziminus, fils d'un pâtre de Sardique, en lUyrie, — César, le lor mai 292, gouverne la Grèce, la Tbrace et les provinces danubiennes, — Auguste, le !•' mai 305, après avoir forcé Dioclétien à abdiquer, — avait épousé Valéria, fille de Dioclétien, — meurt en mai 311, — consul en 294, 297, 302.

A l'époque de la double abdication de Dioclétien et de Maximien (305>, Galère et Constance Chlore devenant Augustes, on leur substitua deux nouveaux Césars, Maximio Data et Severus. Mais la mort de Constance Cblore (306) amena bientôt un nouveau revirement et fit paraître sur la scène son fils Constantin.

382 LIVRE VII. — CONCLUSIOW.

ville asiatique de Nicomédie pour sa résidence. Maxlmien, qui gouverna rOccident et en particulier l'italiey eut sa résidence, non à Rome, mais à Milan. Rome ne fut plus que ce chef lieu d'un vicariat, comprenant seulement une moitié de la péninsule. L'Italie paya le tribut comme les provinces *. Le sénat ne participant plus, même pour la forme, à l'élection des empereurs, ne fut que le conseil municipal de la ville de Rome. L.es fonctions de sénateur, de consul, de préleur, dépouillées de toute ombre de pouvoir, n'impliquèrent plus que l'obligation de donner des jeux au peuple et de l'argent au prince ; là, comme ailleurs, tout ce qui avait été honneur était devenu corvée. Telle était chez quelques-uns de ces lUyriens ou Dalmates devenus Césars romains, l'horreur du nom romain, qu'un des associés de Dioclétien, pâtre de profession et Dace d'origine, voulait appeler l'empire, empire Dacique. Il ne comprenait pas que l'empire n'avait plus de raison d'être, s'il n'était plus Tempire romain.

De cette abdication des souvenirs romains à l'accepta- Uon de la monarchie asiatique il n'y avait qu'un pas. Dès qu'on n'était plus le prince, le premier citoyen, cachant comme Auguste l'immensité de son pouvoir sous la simplicité de sa personne, il fallait être, comme Xerxès ou comme Chosroës, un roi, un être à part, une créature surhumaine. Le César de Rome n'était qu'un homme ; le César de Nicomédie fut un dieu. Avec une puérilité impie, incroyable chez un homme de ce sens et de cet Âge, Dioclélien se fit (ce que Caligula, Néron et Domitien avaient à peine fait) solennellement, officiellement, constitutionnellement appeler dieu. Ce vieux paysan dalmate crut se

1. Lactanee, ibid., VII, 23, 26 ; Joannes. Lydus, de Magistr,^ i. 4.

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relever beaucoup eu portant le diadème comme Élagabale et des chaussures garnies de pierreries comme Âurélien^. 11 rendit ofiScielles ces expressions : la céleste personne, le sacré trésor, la sainte chambre à coucher du prince. Au milieu d'une civilisation bien vieille et bien prosaïque, il croyait que c'était là un moyen de rehausser la dignité si affaiblie de Tempire et de Tempereur.

Or la sainteté du prince devait nécessairement passer à son entourage. Auguste avait pu être sobre en fait de titres et de fonctionnaires. Sous le nom modeste de préfets, il avait institué un petit nombre de charges nouvelles, sansfaste, sans prestige, mais dont Tutilité, la puissance, la responsabilité étaient sérieuses. Au contraire, à Dioclétien déifié et dominé par la vénération de sa propre personne, le prétoire d'Auguste entouré de ses seuls affranchis, l'administration augustale composée de quelques préfets, ne pouvaient plus suffire. 11 fallait un Olympe à ce dieu; il fallait au moins un palais et une cour à ce roi ; que dis. je ? il fallait quatre cours, quatre palais, quatre étatsmajors pour quatre empereurs déifiés*. Il fallait autour d*eux une abondance de ducs, de comtes, de clarissimesy de perfectissimes, i'illitstres, de spectabilesy tous participant plus ou moins à la gloire, à la sainteté, à la divinité, à l'irresponsabilité impériale. Enfin, à ce quadruple empire, moins vaste pourtant, moins riche^ moins peuplé, moins actif que celui de Trajan, il fallait d'innombrables hiérarchies de fonctionnaires nouveaux : l'extinction de la vie municipale ne transportait-elle pas tous les pouvoirs de la cité au prince ? Et en même temps qu'elle amenait

1. y. Aurei. Victor, de Cssanb., 39. V. auni Butrop., IK, 16, 26: Faneg, i>et.. Il, 11, VII, 2, et les monnaies.

384 LtVEE vu. — CONCLUSION.

chez le prince un besoin extraordinaire de serviteurs, elle amenait chez les particuliers un besoin extraordinaire de servir. Le chez soi était ennuyeux, le travail pénible, la milice fatigante, l'industrie découragée, le commerce languissant. Toutes les autres façons de vivre étant ainsi discréditées, on eut la passion d'être employé. Dans cette nullité de la vie romaine, on se fit fonctionnaire pour être quelque chose.

Ainsi, par le rehaussement excessif de la personne et de l'entourage du prince, par l'absorption en lui de tous les pouvoirs, par le mépris de la vie locale et de la vie privée, par la création d*une multitude de hiérarchies pour une multitude d'ambitions subalternes, Dioclétien faisait (ou achevait de faire, car les règnes précédents avaient déjà bien avancé l'œuvre), Dioclétien faisait de son empire une monarchie à la moderne.

Seulement il eût fallu avoùr les ressources financières des monarchies modernes, et on ne les avait pas. Le trésor impérial, je Tai assez dit, n'avait jamais eu un bien large budget ; les villes elles-mêmes dont j'ai expliqué la constitution avaient eu jusque-là besoin de peu d'argent et en avaient eu peu. Depuis Septime Sévère, le plus clair et du trésor impérial et de la fortune municipale se déversait sur l'armée. Comment faire donc pour payer ces milliers de dévouements qui surgissaient ? La ressource de Dioclétien, peu savant en fait de finances, ce fut la ressource du possesseur dé la poule aux œufs d*or, ou, si vous voulez, la ressource du sauvage qui coupe Tarbre pour en manger le fruit. On étrangla la richesse, la propriété, la culture pour vivre vingt-quatre heures de leur substance, sauf à n*avoir rien le lendemain. Pour l'agent fiscal, qui représentait ici Tempire, ces vingt-quatre heures étaient cin-

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