IX
18 LIVHE VI. — MARC AURÈLB.
OU un destin aveugle ei inexorable ? ou enfin rien que le hasard et le chaos * ? L'àme sortant de ce monde se dissipe-t-el)e ? se résout-elle en atomes ? est-elle anéantie T éteinte ? ou simplement déplacée * ? L'àme est-elle distincte de la matière? L*esprit ou rintelligerice est-elle distincte de l'âme 7 Est-elle personnelle à Thomme, où n'est-elle pas autre chose qu'un Dieu ou une parcelle d'un dieu qui a pris momentanément chez l'homme son domicile 7 11 n'est aucun de ces points que Marc Aurèle ne se pose quelque part à titre de doute. Et, quand il paraît résoudre ces doutes, ses solutions sont des hypothèses plutôt que des dogmes, une habitude du langage plutôt qu'une conviction de la pensée. Il y a surtout une alternative qu'il se pose sans cesse et qui, on va en juger, implique le doute absolu : Faut-il admettre l'hypothèse de Démocrite, et ne concevoir ce monde, matière, esprit, animaux, hommes, dieux, que comme l'ensemble des coïncidences fortuites et des fortuites séparations de quelques millions d'atomes qui se rencontrent, s'éloignent, s'unissent, se quittent sous l'impulsion de l'éternel et tout-puissant hasard? Ou bien, au contraire, faut-il admettre une hypothèse venue probablement du stoïcisme» d'après laquelle il y aurait — d'abord une matière universelle, inerte, mais féconde, qui sans cesse produit les êtres corporels et où les êtres corporels reviennent se perdre ; — puis une âme universelle (ihx^) vivante, mais vivante d'une vie animale, sorte de milieu entre la matière et l'esprit, qui donne la vie â tous les êtres animés et ne tarde pas â la leur reprendre pour fondre ces êtres