‹ Les Antonins: ans de J. C., 69-180Chapitre 141 sur 156 · Gaius, I. Dig, guod eujusgue (III, i · texte numérisé non relu

Gaius, I. Dig, guod eujusgue (III, i

confirmé les anciennes. Le tribun Glodius a un instant rétabli l'ancienne liberté; mais le principe posé par le sénat a été de nouveau mis en vigueur par le sénat lui-même, puis par César, puis par Auguste, et soigneusemement gardé par ses successeurs, quoi qu'ils ne se soient pas fait faute d'autoriser des collèges nouveaux. Aleicandre Sévère, surtout, en à constitué un grand nombre. C'est par suite de ce principe de la police romaine que les inscriptions des collèges rappelent souvent le fait de Tautorisation dont ils jouissent: Quilms ex senatus consulta coire licet.

Mais, du moins, le collège, ainsi reconnu par Tautoritédu sénat ou par celle de l'empereur, a la plénitude de sa liberté. Il a le jus personse le plus complet, |22 IHgeste, De fideij, XL VI, 1). Ainsi, le droit d'avoir une caisse commune, un trésorier {arca communis, serarius), un syndic {actor sive syndicus) pour agir en son nom au dehors (jper quem^ tanquam in republica^ quod communiter agi fierique oporteat, agatur fat): (1,1 1, Dig., Quod cujusque (III, 4}. V. aussi 31, De furtis (XLVn, ?), — droit déposséder des esclaves {servi collegionan. Dig. 25, De acqmr. kœredit (XXIX, 2, et Orelii, 2886), - droit de les affranchir reconnu par Marc Aurèle. Dig. 1, De manumiss. quœ servis ad univers. (XL, 3) Orelii, 2461, 3019, 3020, Fabretti, 632, 276» — droit de patronage sur ces esclaves affranchis. Dig. 2, De manumiss. quœ servis; 10, g 4, De in jus vocato (II, 4), — droit d'usucapion et de possession, ibid., 7, § 3, Ad exhibend (X, 4), — de mancipation (Orelii, 4974),— de stipulation (Inscript. Spon. Miscell., p. 70), — droit de recevoir des legs, reconnu par Marc Aurèle. Ulp., XXIV, 28 ; 1. 20, Dig., de rébus dubiis (XXXIV, 5); exemples de legs semblables {Dig. 93. § 4, delegatis, Gruter, 322), — droit d'hériter de l'affranchi, soit ab intestat, soit ex testamento (il peut y avoir quelque doute à cet égard), — droit d'hériter par fîdéicommis, comme l'ont lesmunicipes, {ex S. C. Aproniano, Ulp., sent. XXII, 5 ; XXV, 6, et loi 26, Dig., ad S C. Trebelli, (XXXVI, 1), - droit d'avoir \dL possession de biens, Dig 3, § 4, De bonor. possess. (XXXVII, 1), — droit d'immunité municipale pour les membres de certains collèges d'artisans, au moins pour ceux qui travaillent de leur personne. Dig,, 5, § 12, de jure

immunikitis (L. 6), — enfin, quoique, en général, les collèges^ pas plus que les municipes ou les dieux, ne puîsseol être institués héritiers, parce que l'institution d'héritier sappose une personne réelle et déterminée; par exception, cependant, soit à titre de faveur impériale, soit en qualité de patron visà-vis d'un affranchi, soit comme dépendant de certains dieux qui étaient exceptionnellement admis à l'institution d'héritier (on instituait alors deum et collegitan ejus)^ certains collèges ont pu être institués héritiers. (Voy. Ulpien, XXII, 6; Dig., 1, § 15. et 6, § 3; ad S. C. Trehelli,; Orelli, 4080; Muratori, 516, etc.) — Le collège, une fois reconnu, était donc, sauf la seule exception relative à Tinstitulion d héritier, pleinement investi du droit de propriété. Les privilèges accoixlés par les souverains modernes n'ont pas toujours été aussi larges ni aussi largement

interprétés : « Hodie timida prudentia nostra privilégia a

rege impetrata nescit ita Interpretari ut usus communis exposcit, M dit ici le savant Mommsen.

On a vu, du reste, combien ces collèges étaient nombreux. Une seule inscription en énumère 22 à Ostie (Orell., 4109).

Mais surtout, en dehors des collèges ou de ce qui prétendait se constituer comme collège^ je ne vois pas de lois restrictives de la liberté d'association. Les jurisconsultes permettent expressément tenuioribus sHpem menstruam conferre dum tamen semel in mense coeant ne sub praetextu hujusmodi collegiian illicitum coeat. [,Dig., De coll. et corpor. (XL VII, 22.) Ainsi une réunion mensuelle jointe à une cotisation ne constituait pas un collège; à plus forte raison, si la réunion était religieuse, était-elle licite, pourvu toujours qu'elle ne dégénérât pas en collège Sed religionis causa^ ajoute-t-on, en effet, coire non prohibentur, dum tamen per hoc non fiât contra S C. quo illidta collegia arcentur, (Ibid.) Et ailleurs: Sub prœtextu religionis. vel sub spede solvendi voti cœtus illicites nec a veteranis ientari oportet. Ibid. 2, Le extraord, crim, (XL VII, 11.)

On peut donc dire que la liberté des associations, (quoique non écrite dans le droit en termes formels) et que surtout la pratique des associations né manquait pas à l'empire romain.

APPENDICB. 447

DBS CHRÉTIENS APPARTENANT AUX CLASSES ÉLEVÉES. (Voy. ci- dessus tome II, p. 282 et 28S.)

Il est utile de rerenir là*dessu8» le caractère exclasivemeat plébéien, obscur, illettré de la communauté chrétienne des premiers siècles, étant un des points sur lesquels insistent le plus, dans leur dédain aristocratique, les écrivains modernes qui prétendent refaire ou plutôt rêver son histoire.

J^ai rappelé dans le texte, parmi les premiers adhérents au christianisme, les membres du Sanhédrin, Nicodème, Gamaliel, Joseph d'Arimathie ; Tarchisynagogue Grispus.

Hais je me borne ici aux noms romains. Nous avons d'abord :

— Le proconsul de Chypre, Scrgius Paulus, converti par saint Paul (Act., XIII, 6-12).

— Puis, Pomponia Grœcina, femme d'Aulus Plautius qui avait eu pour ses victoires en Bretagne les honneurs de Tovation ; sa femme qui fut accusée de mperstiiion étrangire, jugée par une assemblée de famille et absoute. (Tacite, Armai., XIII, 32.) Tacite parle du deuil qu'elle porta de Julia, fille de Drusus. Celle-ci en effet devait être sa parente, étant petite-fille d'une Vipsania Agrippina, laquelle était elle-même fille du célèbre Agrippa et d'une Pomponia (celle-ci fille de Pomponius Atticus, l'ami de Gicéron.)

La foi chrétienne se conserva du reste dans la famille Pomponia ; ce nom se retrouve dans la catacombe de Lucine, nonseulement avec le surnom de fiassus, mais aussi avec le surnom même de la chrétienne que nous venons de nommer. On retrouve des fragments de marbre avec l'épigraphe HOMPONIOG rpAïKiNOC. Ce devait être un frère ou un neveu de la chrétienne que nous venons de nommer. Et M. de Rossi se croit fondé à penser que cette crypte de Lucine avait été établie par elle et sur ses domaines, et que le nom de Lucine

i/Uii lucis esHs) Q*était autre chose qu'an surnom chrétien que rÉglise avait ajouté aux noms de Pomponia Grœcina.

Pomponia Groecina amène après elle ou au moins nous rappelle les chrétiens de la famille de Vespasien que j'ai déjà nommés:— une Plautia qui pouvait être la fille de Pomponia Grœcina, puisque celle-ci avait épousé un Plautius. ^ Flavia Plautilla, fille de celle-ci: — La vierge Domililla, fille de Piaatilla. — Flavius Glemens, consul martyr, frère de Plautilla. — Et enfin l'autre Flavia Domitiila, petite-fille de Vespasien, femme et cousine de Glemens. On voit que la descendance de Pomponia fut bénie. (V. tome !•% p. 155 ; la généalogie de la dynastie Flavia à Tappendice A, et M. de Rossl, Bulletin, 1867, 3).

— Et enfin, à la famille de Vespasien peut se rattacher une autre chrétienne, célèbre dans Thisloire ecclésiastique, sainte Pétronille. Les écrivains ecclésiastiques la nomment fille, c'est-à-dire fille spirituelle de saint Pierre. Elle était ensevelie dans le cimetière de Domiiille, petite-fille de Vespasien, et son nom, qui certainement ne dérive pas de celui de Pefrus, la rattacherait bien à la famille des Flavii Vespasiani, dont le premier auteur s'appelait T, Flavius Petro. (V. sur elle M. de Rossi. Bulletin, 1865, p. 22, 46).

Cette catacombe de Domitilie est appelée par les pèlerins du moyen àgc Ad sanctam Pe^-om/Zam, parce que sainte Pétronille y était enterrée et parce qu'une basilique dédiée à cette sainte fut construite au-dessus de la catacombe. J'ai parlé ailleurs de la riche décoration de cette catacombe qui prouve et la liberté dont jouissaient à ce moment les chrétiens et la libéralité de l'impériale prosélyte. (T. I, p. 142.)

Le nom de Domitilie y est écrit plusieurs fois ; sur un cippe portant une concession de terrain : ex indvlgentia flaviab DOMiTiLLAE, Un tombeau érigé fla^viae domitillab... ybspa- «ikm NBPTis BBNEFicii etc... (M. de Rossi, ihid.).

— Le consul Acilius Glabrio, misa mort sous Domitien, a été considéré aussi par plusieurs écrivains ecclésiastiques comme chrétien et martyr. Dion Gassius, après avoir raconté le supplice de Flavius Clémens et Texil de Flavia Domililla, tous deux pour cause ù'impiété, ajoute : Pour un pareil grief,

furent condamaés les uns à mort. Les autres à la confiscation des biens, beaucoup de personnes qui avaient adopté la coutume des Juifs (<ç rà rw liuSa^cov jJÔq c^oxf^Xovrt;)... Glabrion qui avait été consul avec Trajan, en 9U accusé d'autres crimes eu même temps que de celui-là {na^ny^pnt^htra ràrt SiXka xol oîa o2 TToXXoi), après avoir combattu contre les bétes, fut mis à mort (en 95). Domitien le baïssait surtout par jalousie, parce que Glabrion, coûsu1> ayant été appelé au palais d'Albe pour les jeux juvénaux, forcé par Domitien de combattre aussi un lion monstrueux, non-seulement n*avait reçu de lui aucune blessure, mais Tavait très-habilement abattu (LXVII, 14). Suétone dit seulement que Glabrion fut condamné, lui etd'aulres hommes importants, comme conspirateurs.

Remarquons, sans vouloir affirmer le christianisme de Glabrion, que, dans le monde romain, et surtout à Tépoque de Dioclétien, les chrétiens furent souvent confondus avec les Juifs (V. ci-dessus, 1. 1, p. 150 et s.) V. du reste Tabbé Greppo. Mémoire sur les chrétiens de la famille de Domitien, p. 19 i et s.

— L'ordre chronologique me mène à citer ici les nombreuses inscriptions de la catacombc de Sain te- Agnès, que M. de Rossi . rapporte à la période entre Néron et les Antonins, non qu'elles mentionnent un personnage célèbre, mais à cause de leur caractère spécialement romain, qui leur donne une sorte d'affinité avec les grandes familles. L'écriture est belle et antique, la diction classique, la rédaction simple, analogue à celle des anciennes inscriptions païennes, et s'en distinguant seulement par les emblèmes chrétiens de Tancre ou du poisson, et une fois par le mot vivas in deo. Les noms des gentes les plus célèbres se trouvent là : ainsi, des Gornelii, des Glaudii, des Ulpii, des Flavii, quatre noms de familles impériales. Ge qui est un signe distinctif du droit de cité romaine, les hommes sont désignés par les trois noms, le prénom, le nom de la gens^ et le surnom (proenomen, nomen^ cognomen.) Ainsi M. Aurelius Zenon, L. Glodius Grescens, M. Ulpius Stephanus, etc.. Les femmes, (lesquelles ne portaient pas de prénoms) sont désignées par le nomen et le eognomen : Acilia Pubtiana, Anaia Zosima, Tullia Paulina, Uipia Agrippina, etc... Désignations qui sont

T. ni. 29

spécialement dans les anciens usages romains et qui s'eflEaioent dans les siècles postérieurs. On ne trouve ici aucun de ces cognomina terminés en entius ou antius qui s'introduisirent plus tard ; un seul en osa {Primosa.}

Peut-être sans doute quelques-uns de ces noms plus ou moins illustres appartiennent-ils à des affranchis qui, comme on le sait, prenaient le nom et le prénom de leur patron. D'autant que les chrétiens le plus souvent ne mentionnaient pas comme faisaient les païens la qualité d'affranchi. Ici cependant nous voyons une tombe avec cette qualification : glodia ispbs (Spes) LiB. {erta) L. GLODi GRESGBNTis. Il s'agit donc ici d'une classe de chrétiens demeurée en tout plus fidèle que d'autres aux usages romains.

— Venant au temps de Marc Aurèle, la crypte de Lucine nous fournit l'épilaphe suivante :

^ lAIXIAE lALLI BA {SS)

I ET cahae CLE (me)

NTINAE FIL PII (SSim)

AE MATRI GLEM {en)

TINAE IN PAC (e)

AEL (iUS) CLEMBNS {fi)

LIVS.

Or la famille à laquelle appartenait cet iËlius Clemens et sa mère laliia Bassa nous est connue ; car nous trouvons en Bulgarie une inscription de Fan 161 en Thonneur du père de celle-ci, lallius Bassus, légat des empereurs dans la Mésie inférieure. Une autre inscription le désigne comme curateur de travaux publics à Rome.

Enfin un Catius Glementinus, parent de la mère dlallia Bassa ; fut depuis consul en 230.

Le surnom de Bassus ferait remonter volontiers aux Pomponius Bassus et de là à Pomponia Grœcina. L'Épicurien Pomponius Atticus, ami de Gicéron aura été le père de bien des chrétiens. (V. M. de Rossi, Bulletin, 1865, p. 76 et M. Renier Bulletin de l'Institut de correspondance archéologique, 186i.)

APPENDICE. 45i

— Sous le même règne, nous avons sainte Cécile appartenant sans aucun doute à une des branches illustres de la gens Coecilia, et possédant un domaine non loin du tombeau colossal de son arrière-grande-lante Gœcilia Métella. (V. ci- dessus p. 205 .)

J'ai parlé aussi dans la généalogie de Marc.Aurèle du christianisme de Vibia Sabina et d'Annia Faustina, sa iiile et sa pelite-fille, attesté par Tépitaphe trouvée dans la crypte de Lucine : Annia Faustina. La mère à sa fille.

— Après Marc Aurèle, sous Commode, le sénateur Apollonius (Ëuseb., Hist. eccL, y, 21 et mes Césars du troisième siècle^ liv. I, ch. !•', p. 18) ; un autre sénateur appelé Julius (Ibid.).

— Sous Septime Sévère, les sénateurs ou femmes de sénateurs accusés de christianisme qu'au début de son règne ce prince protégea contre le fanatisme populaire (TertuUien, ad Scapulam, 2, 4, 5. ^pologét, 4.)

£t ces femmes chrétiennes auxquelles TertuUien parle de leurs dignités passées. (De cultu fxmineo, II, 9), Vestrm retrà dignitates.

Je ne vais pas plus loin . Les règnes suivants et les martyrologes me donneraient bien d'autres noms. Mais je m'attache surtout à ceux qui me sont donnés par les inscriptions.

Parmi ceux-là, en voici deux bons à recueillir, quoique la date en soit incertaine :

Dans la crypte de Lucine, Pompeia Octabia Attica C(£ciliana cîarissima pvella (avec le monogramme du Christ).

Et l'inscription transcrite par les pèlerins du moyen âge sur le collé del cocomero, relative au consul Liberalis :

QUAMVIS PATRIGIUS CLARU8 DE GERMmE CONSUL,

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