‹ Les Antonins: ans de J. C., 69-180Chapitre 18 sur 156 · Voyei les passages suiTants · texte numérisé non relu

Voyei les passages suiTants

c Souviens -toi de la sabslance universelle dont tu n'es qu'un atome, de l'éternité entière dans laquelle lu n'as en partage qu'un instant très-court et très-insensible. » V, 24.

« La vie de chacun se réduit à la jouissance du moment présent » XII, 26.

« La mort est, comme la naissance, un mystère de la nature, une combinaison des mêmes éléments. • IV, 5.

m Est-ce dissipation ? résolution en atomes ? anéantissement ? extinction T simple déplacement? » VII, 32.

• Si les Ames ne périssent pas, comment depuis tant de siècles l'air peut-il les contenir?.. Gomme les corps, après quelque séjour en terre, s'altèrent et se dissolvent, ce qui fait place k d'autres; de même les Ames, après quelque séjour dans Tair, s'altèreni, se fondent et s'enflamment, en rentrant dans le sein fécond du premier principe de l'univers, ce qui fait place à celles qui surviennent. Voilà ce qu'on peut répondre en supposant que les Ames ne périssent pas. » IV, 21.

« Tout ce qui est matériel va très-vite se perdre dans la masse totale Tout ce qui est cause (irdh» ri Sitrunt) est repris très-vite par le principe de toute activité dans l'univers, et la mémoire du tout est engloutie très-vite dans l'abtme du temps. • VII, 10.

• J'ai été composé de matière et de quelque chose qui a le caractère de cause (eti rcwSovç) et, comme ni l'un ni l'autre n'ont été faits du néant, ni l'un ni l'autre ne seront réduits au néant. Toute partie qui est en moi sera changée en quelque autre partie du monde, et celle-ci en une autre à l'infini. » V, 13.

• En c^uel état faut-il que se trouvent et le corps et l'àme quand la mort arrive ? Cette vie est courte, elle est précédée et suivie d'une éternité, s XII, 7.

• Passe ta vie avec la môme pureté de conscience que ton père Antonin, afin que ta dernière heure te trouve en môme -état que lui. » VI, 30.

« Il faudra ou que ce petit composé de ton être soit dissipé ou que le faible principe de ta vie s'éteigne, ou qu'il soit déplacé ou employé quelque autre part. • VIII. 25.

U est bon de remarquer cependant, pour expliquer certains pas*

CABAGTÊRIS ET PHILOSOPHIE. 33

Marc Aurèle admetril le suicide? On a disculé là-dessus. Il est clair qu'il l'admet et qu'il le rejette ; il se contredit. Son sens moral y répugne : § Ne sois ni léger ni emporté, ni fier, ni dédaigneux envers la mort : attends-la comme un des phénomènes de la nature ; attends le jour où ton &me doit rompre son enveloppe comme tu attends celui où Tenfant sortira du sein de sa mère^ » Mais, en d'autres moments, sa doctrine ou plutôt sa non-doctrine le pousse à approuver le suicide ; alors il conseille de se retirer de la vie comme on sort d'une chambre où il y a de la fumée *. Il le conseille surtout à ceux qui ne seraient pas ou ne seraient plus en état de vivre vertueusement *. Hais aussi il règle convenablement la forme du suicide : « Sors, dit-il, de la vie sans colère, simplement, librement, modestement, que tu aies au moins en ta vie le mérite d'en sortir dignement ^ Quitte ce monde avec réflexion, avec dignité, sans ostentation, sans tragédie, comme un homme qui obéit à son propre jugement, non comme celui qui obéit à une impulsion frivole, ainsi qu'il arrive aux chrétiens *. » Pauvre philosophe I

Quant & la religion de Marc Âurèle, on comprend qu'elle n'est pas mieux appuyée que sa vertu. Ce n'est pas qu*en

sages, que Thomme, selon M. Aorèle, se compose du . corps, de l'âme sensitiye {^^) et de Tesprit ou l'âme supérieure (icvtvua). Après la mort, le corps va se rejoindre aux éléments terrestres, 1 âme k l'air, et l'esprit va se perdre dans l'essence divine (?). Voilà du moins ce qu'on peut soupçonner de sa pensée.

Je réunis ces passages, qui pourront, sinon éclaircir l'opinion de Marc Aurèle sur l'immortaUté de l'âme, au moins montrer quel vague et quelle fluctuation régnaient à cet égard dans ce grand esprit.

l.IX, 3.

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