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S4 LIVRE YI. — MilHC AUHÉLB.
fait et dans la pratique de la vie il ne soit dévot, je ne veux pas dire croyant. Ou l)esoin de Tàme, ou habitude politique, ou faiblesse envers tout ce qui s'impose à lui avec une certaine autorité, il fréquente les temples, il consulte les oracles; n'ayjint pas assez des sacrifices officiels, il pratique des sacrifices privés ; n'ayant pas assez des dieux romains, il se fait initier à Eleusis *. Il croit aux rêves ; les dieux (quels dieux T) lui ont indiqué dans son sommeil un remède contre les crachements de sang*. Quand son ami est malade, il invoque tous les dieux « qui jamais ou par des songes, ou j3ar leurs mystères, ou par leurs oracles, ou par leurs remèdes, vinrent au secours de l'infirmité humaine '. » Il sVpanouit d'aise à Anagni, parce que, dans cette ville, il trouve des cérémonies en abondance et de vieux rituels écrils sur du lin, » et pas un coin de rue qui n'ait son temple *. » Dans ses guerres sur le Danube, par obéissance pour un misérable imposteur, il croit s'assurer la victoire en jetant dans le fleuve deux lions, des aromates et d'autres objets précieux *. Somme toute, quoi qu'il en ait pu dire et quelques félicitations qu'il s'adresse à cet égard *, Marc Âurèle est superstitieux.
Mais cela, c'est pur instinct ou pure faiblesse. Le philosophe n'a rien à y voir, de môme que le philosophe ne