MARC AURÈLE ET TERUS
Je viens du reste de le dire, l'empire sous lui fut soumis à de rudes épreuves. Pendant que Rome se réjouissait de la concorde des devx Augustes et de Tavénement de la philosophie à l'empire, de sinistres événements vinrent la troubler. Le Tibre déborda et causa de grands ravages. La famine suivit Tinondaiion (162) ; et la guerre, qu'on devait croire une tradition surannée de l'histoire ancienne, la guerre reparut.
Rome avait été, depuis Trajan, quarante-quatre ans sans une grande guerre. Un' tel intervalle ne s'est guère reproduit dans Thistoire. C'est une triste vérité que, si les peuples ont besoin, après une longue guerre, de la paix, ils ont besoin aussi, après une longue paix, de la guerre. Sous le règne pacifique d'Hadrien, sous le règne plus doux encore d'Ântonin, les barbares s'étaient ennuyés de leur repos, Rome s'était amollie dans le sien. Il fallait de temps à autre à ce grand corps de l'empire, guerrier par tradition et qui se retrempait dans la guerre, un retour à ses habitudes militaires trop vile oubliées. Sous Antonin, qui, loin d'être belliqueux comme Trajan, n'était pas même soldat comme Hadrien, sous Antonin, qui ne