Lac, I
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tout scepticisme ; il ne croyait pas à toutes les prophéties ; il admettait que c le peuple se plaît naturellement à ce qui a une apparence de merveilleux et s'en laisse difficilement désabuser » ; il n'acceptait encore d*oracles que ceux d'Apollon, consacrés par toute l'antiquité ^. » Mais avec le temps, il a fait des progrès. Dans ses derniers livres, écrits sous Marc Aurële et après la recrudescence de la superstition publique, sa foi est devenue autrement absolue. Il veut croire à toutes les fables qu*il trouvait autrefois ridicules. Si elles sont par trop inadmissibles dans le sens littéral, il se persuade que, sous celte enveloppe grossière, les sages de la Grèce ont voilé d'importantes vérités (vérités bien utiles lorsqu'elles sont ainsi cachées!); et, en tout cas, dit-il, « lorsqu'il s'agit des dieux, il faut s'en tenir à ce qui est établi et parler comme le commun des hommes \ » L'intention est donc chez lui excellente. C'est plaisir de voir avec quel sangfroid et quel sérieux il discute les questions érudites de la mythologie, l'âge d'Hercule, la généalogie des Atrides, comme nous discuterions l'âge de Louis XIV et la généalogie des Bourbons. 11 admet tout dans le passé, parce que, le passé, il n'a heureusement pas â le contrôler et l'a reçu tout cacheté par la tradition. Mais un miracle du temps présent ! Pausanias est un honnête homme et ne veut pas mentir : il est obligé de convenir que de son temps la vertu divine a diminué ; qu'il n'y a plus de prophétesse ni de sibylle, et qu'il n'y en aura probablement plus; qu'il y a beaucoup moins d'oracles ; que les hommes
t. I, 34. — Pausanias a écrit son premier liyre sous Sadrien, avant FadoptioD d'Antonio il a écrit le cinquième en 174, c'est k -dire sous Marc Aurèle, le huitième également sous Marc Aurèle (YUl, 9 43).