‹ Les Antonins: ans de J. C., 69-180Chapitre 33 sur 156 · vm · texte numérisé non relu

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60 UVRE YI. . — MARC ÀUBÈLE.

sont rareuieul changés en loups, ce qui était autrefois chose très-rréquente; que la fontaine merveilleuse dans laquelle on voyait jadis se peindre des ports et des cités est ternie et ne rend plus à celui qui la regarde que le reflet de sa propre figure ^ On lui raconte, il est vrai, bien des merveilles, il les répète fidèlement ; mais il ne les a pas vues, il n'affirme pas ; il dit qu'on lui a dit.

Mais en revanche il y a des faits qu'il affirme. Beaucoup, il est vrai, ne passent pas la capacité d*un prestidigitateur médiocre. C'est d'abord le miracle de la statue de Memnon. C'est le mage de TOrient qui met le bois sur l'autel ; après qu'il a pris sa tiare et lu quelques invocations en langue barbare, le feu s'allume de lui-même et donne une flamme très-claire '. Ce sont les bouteilles vides déposées dans le temple de Bacchus et qui le lendemain se retrouvent pleines de vin ; encore ici Pausanias n'a pas été témoin oculaire et il se permet de douter '. Ce sont quelques guérisons opérées par Esculape ou par d'autres dieux, à Pellène, à Coronée, à Saurium, à Orope. En tout, Pausanias ne demande pas mieux que d*attester la présence des dieux sur la terre, mais il est clair qu*à son gré elle n'est pas assez fréquente, et que les dieux marchandent trop les prodiges.

Continuons les mêmes rapprochements. Au temps de Trajan, nous nous sommes arrêtés, non sans quelque prédilection, sur l'illustre rhéteur d*ak)rs, Dion Chrysostome. Dion Chrysostome était un rhéteur et participait sans doute à ce qu'il y avait de futile dans le métier de rhéteur : mais ce rhéteur avait su élever sa rhétorique à

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