‹ Les Antonins: ans de J. C., 69-180Chapitre 5 sur 156 · vni, i · texte numérisé non relu

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Combien avant peu Tauront oublié ! Combien te bénissent aujourd'hui qui te maudiront demain I Ab ! comme cette renommée, comme cette gloire, comme tout cela est peu digne de nous occuper * I »

Ainsi dégagé de lui-même, il aura plus à donner à autrui. Son âme d'ailleurs est naturellement affectueuse. Son pouvoir, nous le verrons, devait être clément jusqu'à Texcès. Sa vie privée fut aimante, non sans un certain excès aussi, mais avec une douceur qui repose Tâme au milieu des duretés du paganisme. Sa correspondance avec Fronton, découverte de nos jours, complète à cet égard ses Pensées. Nous possédions déjà de Tantiquité romaine des correspondances plus ou moins étendues ; celle de Cicéron, où, quoique certainement l'homme ne soit pas dur, les sentiments du cœur tiennent peu de place ; celle de Pline, où ils se montrent, mais si bien drapés et si coquettement arrangés, qu'ils touchent rarement. Ici l'affection paraît dans son effusion et sa simplicité. Un empereur, et bien pis qu'un empereur, un stoïcien, écrit à Fronton, « son cher maître », avec une sollicitude, une passion même qui ne rappelle en rien la philosophique impassibilité («ra^aÇfa) du Portique. Fronton n'a pas un accès de goutte, une douleur au cou, que son empereur ne s'émeuve et ne coure à ses autels prier pour lui. Pauvres sont dans tous les temps les amitiés qui ne prient pas I

Et lorsque Fronton perd son petit-fils : « J'ai su ton malheur, et, quand tes moindres accès de goutte Sont un tourment pour moi, tu sens ce que je dois éprouver en apprenant les souffrances de ton âme. Dans mon trouble,

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