OroBC, VII
3. Un bas-relief trouvé à Haimiiourg rappelle rarriyëe de Marc
seront désormais ses capitales ; le philosophe méditera sous la tente. Il sera là comme il est partout, sans inquiétude de la louange ni du bl&me, sans ambition, sans ardeur, mais dévoué. 11 ne tient ni à ressentir ni à inspirer Tenlhousiasme. Toujours prêt à s'effacer, il prend les hommes de mérite partout où il les trouve. Dn paysan illettré, presque inintelligible dans son langage, et qui s'était fait soldat pour éviter la peine de quelque délit, Rufus Basséus est son préfet du prétoire. Un fils ou petitfils d'esclave, tour à tour grammairien et soldat, tour à tour en honneur et en disgrâce, P. Helvius Pertinax, est son grand appui ; Marc Aurèle va le faire consul et Rome un jour le fera empereur.
Aussi, dès les premiers combats qui signalent ce retour offensif des Romains, la Rhélie et le Norique sont-ils délivrés par Pertinax ; la Pannonie par Marc Aurèle lui-même. Les peuples qui les occupaient et qui les ravageaient, Quades, Marcomans, Sarmates, Vandales, sont ou détruits ou rejetés sur la rive gauche du Danube. Sur un autre point, les lazyges, peuple sarmate qui habitait entre le Danube et la Theiss, livrent bataille en plein hiver sur la surface glacée du fleuve. Les Romains, qu'ils avaient cru surprendre et qui n'étaient pas accoutumés comme ces cavaliers barbares à combattre et à diriger leurs chevaux sur la glace, quittent leurs chevaux, jettent bas leurs boucliers, posent un pied dessus pour s'affermir, saisissent à la bride les chevaux de Tennemi, harponnent les hommes avec des crocs, les font tomber, tombent pêle-mêle avec eux, luttent corps à corps, même à coups de dents ;
Aurèle en 178. Il s'y voit aussi les restes d'un arc de triomphe, et des inscriptions qui rappellent le municlpc de Garnuntum, a^ec la date du consulat d Orfitus et Rulus (177).
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la supériorité de leurs armures fit seule leur victoire. Ces luttes étaient acharnées; les femmes barbares combatiaient avec leurs maris, et leurs cadavres se retrouvèrent souvent sur le champ de bataille (171-173).
La province romaine était délivrée ; mais un jour de danger, demeuré célèbre dans toute l'histoire, attendait encore Marc Âurèle. Pour mieux assurer sa victoire, il avait passé le Danube en combattant les Harcomans (174); il s'était avancé dans le pays des Quades (Moravie et partie nord-ouest de la Hongrie). Établi dans un camp fortifié, la supériorité de la tactique romaine semblait garantir sa sûreté. Mais le nombre était pour les barbares. Marc Âurèle se laissa envelopper. C'était en plein été; l'eau manquait. Le soldat romain, dévoré par la soif, devenait incapable de combattre. Le mal était si grand qu'on eut recours aux dieux. Marc Aurèle pria, ce que sa philosophie sans doute lui permettait de faire; ce que sa philosophie lui permettait davantage, il fit faire, des incantations par les magiciens, compagnons inévitables des armées. Enfin la 12* légion, surnommée Fulminante ^ recrutée dans le district chrétien de Hélitène en Cappadoce et chrétienne, dit-on, en totalité,
t. Voici comment eUe est qualifiée aax diverses époques, f* XII* «spouvéfopoç (porte -foudre), dans le catalogue des légions sous Auguste chez Dion Gassius (LY). Elle résidait alors en Cappa* doœ.
2* XII* FulmiruUa dans une inscription de la statue de Memnon, sons Néron. (Hamitton JSgypi*^ p. 173.
3* XII* dans Josèphe (jU BeUo Jud., VII, 1, SJ à Képoque du siège de Jérusalem auquel. elle prit part, pour éire ensuite envoyée k Méiitène dans la petite Arménie qui faisait partie de la province de Gappadnce.
4* XII* Fulminata dans une inscription de Tergeste sous Trajan. — De même, dans Tioscription du Vatican contenant un catalogue des légions sous Marc Aurèle (Gruter 513. Orelli 333). Là encore la Cappadoce lui est assignée pour garnison.
se donna rendez-vous hors du camp, s'agenouilla et pria le vrai Dieu comme le priaient les chrétiens. Ces six mille ' hommes en prière et les bras étendus formaient un spectacle si étrange que les barbares, qui, à cette heure-là, s'avançaient pour attaquer l'armée romaine, s'arrêtèrent tout surpris. C'est alors qu'une pluie abondante commença à tomber sur l'armée. Hais, pendant que les Romains se précipitaient, tendant leurs casques et leurs boucliers pour la recevoir ; les barbares, revenus de leur première surprise, reprenaient leur attaque. Il fallut combattre tout en se désaltérant ; des soldats blessés buvaient leur sang mêlé dans leur casque à l'eau de la pluie. Dans ce désordre, Tarmée romaine pouvait périr.
Une nouvelle faveur du Ciel la sauva. Le nuage qui versait la pluie sur elle jeta la grêle et la foudre sur les masses barbares. Les auteurs païens nous peignent cet ouragan comme un véritable incendie : V La pluie qui inondait ces barbares semblait s'enflammer comme de l'huile ; les hommes et les chevaux brûlaient ; quelquesuns, dans leur désespoir, se blessaient de leur épée pour éteindre le feu avec leur sang. D'autres se réfugiaient dans les lignes romaines et se livraient au fer de l'ennemi \ » La pitié de Marc Âurèle en sauva plusieurs.
Toute l'antiquité atteste la gravité du péril, le caractère étrange, et, d'après elle, surnaturel de la délivrance. Non* seulement cette guerre fut assimilée parles contemporains & la guerre de Rome contre Annibal *. Non-seulement l'armée proclama Marc Âurèle imperator pour la septième fois, et Faustine qui raccompagnait, mère des camps^ titre usité depuis, inconnu jusque-là. Non-seulement,