‹ Les Antonins: ans de J. C., 69-180Chapitre 67 sur 156 · Platon, des Lois, V · texte numérisé non relu

Platon, des Lois, V

164 LIYRB YI. — MARC AURÈLB.

époques du génie antique, pour un incroyable paradoxe, ridée du niveau entre Thomme libre et Tesclave pour une folie. Et maintenant, la pensée naissait, non-seulement à un philosophe, non-seulement à un rhéteur, mais à un politique et à un souverain, de la vie commune, de la liberté commune, de Tégalité de tous sur la surface de tout un empire, et d'un empire qui se faisait appeler le genre humain.

Il faut qu'on me le laisse encore répéter, tout cela est chrétien. Tout cela est trop différent de l'antiquité pour que l'antiquité à elle seule et par son progrès naturel ait pu le produire. «Qui avait introduit ces mots-là dans la langue f ces idées-là dans les esprits ? Ce sont ces maudits chrétiens qui gâtent notre langue, » aurait dit Aulu-Gelle pour peu qu'il y eût réfléchi. « Ce sont ces maudits chrétiens qui gâtent nos idées, » devait dire Plutarque.

De plus, au moment où nous sommes parvenus, l'effervescence de la superstition amenée par les calamités de Tempire avait pu s'apaiser; Marc Âurèle avait pu, avec plus de sécurité et de loisir, juger l'état moral du monde et discerner, mieux qu'il ne l'avait fait au début, où était le vrai péril. 11 semble du moins qu'à l'époque du plus beau développement de son génie réponde une demi-tolé* rance pour les chrétiens. Les Actes de saint Polycarpe ont déjà constaté que le sang de ce saint évèque apaisa, au moins pour quelque temps, la persécution pour son Église, sinon pour toute l'Église. Peu d'années après, le miracle de la légion Fulminanie changea, au moins momentanément, Tesprit du prince, et l'amena à demander à ses proconsuls un peu de tolérance pour ces prières chrétiennes qui l'avaient sauvé en Germanie ^. La révolte

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