IV
3. Tertuil., de Anima ^ 30. On peut comparer k ces éloges emphaliques (le son lemps ceux ()ue le rhéteur Aristide fait du sien:» I^e monde, harmonieux, comme le chœur le mieux réglé, suit ensemble les mêmes voies et souhaite l'éternité de cet empire. Tel que le cory-
Dans tout ceci, dans les graves et dignes paroles d'Irénée et d'Atliénagore, même dans l'emphase de Terlullien quoiqu'elle rappelle un peu les perp<^tuels encensements de notre siècle envers lui-même, nous retrouvons une fois de plus le fait qui est le sujet principal de nos ^études : le permanent synchronisme, la constante coïncidence entre la prédication chrétienne d'un côté, son développement, son progrès, et d'un autre côté, les idées, disons plutôt les exemples d'humanité, de bienfaisance, d'égalité, de respect pour la liberté d*autrui qui apparaissent au sein du monde païen. J'ai dit cela bien des fois ; mais c'est aussi que le même fait s'est produit bien des fois. Ce n'est pâma Faute, si de règne en règne, de génération en généras tion, depuis que le christianisme est sur l'horizon, nou, trouvons les idées s'agrandissant, l'esclavage s'adoucissant.
phée conduisant les danses sacrées, le prince, d*an mot, d'an signe, gouverne tout ; les montagnes et les plaines, les tles et les continents lui ob(^îs8pnt, comme le doigt que nous remuons obéit à notre pensée... Le prince n'a pas besoin de parcourir son empire. Il le connaît mieux que le père de famille ne connaît sa maison. Portée comme par les ailes d'un oiseau, une lettre gouverne le monde. » Or. quels sont les fruits de cette centralisation isi je puis mettre dans la bouche des anciens notre mauvais jargon moderne) ? a Les champs sont plus fertiles, les marchés plus abondants, les fôtes plus joyeuses. La terre tout entière est cultivée comme un jardin de 1 Orient {'Kctpa- SîCffo.]. Les villes s'embellissent, se multiplient. Une journée de voyage vous en fait rencontrer deux ou trois. L'Ionie, modèle de beauté, s'offre riante à tous les regards... Alexandrie, ornement de votre empire, est au milieu du monde comme un collier ou une boucle d'oreille au milieu d'un écrin de pierreries. Le monde, k l'exemple de Rome, bâtit des temples, des gymnases, des fontaines, des portiques, des lieux d'assemblées. La terre tout entière, comme dans une perpétuelle panégyrie, a jeté le glaive et ne pense qu'aux festins. Les spectacles ont succédé à la fumée des camps. Le soleil se réjouit du spectacle que lui présente la terre, car elle lui montre ce qui ne s'était jamais vu, la pui$«sance suprême jointe à la suprême bienfaisance. • (Aristides rheior, de Urbe RomaJ) V. aussi m Regem, et de Concordia apud Asianos,
la famille se purifiant, beaucoup chez les chrétiens, et un peu même chez les païens. Ce n'est pas ma faute si, racontant le règne de sept empereurs (je ne compte pas Domiiien), j'ai eu sept fois à faire les mêmes remarques. Je suis désolé pour le lecteur et pour moi-même de revenir si souvent à la même thèse historique ; mais, si les mauvaises causes sont souvent piquantes comme le paradoxe, par malheur aussi les bonnes causes sont parfois monotones comme l'évidence.