‹ Les Antonins: ans de J. C., 69-180Chapitre 73 sur 156 · De Anima · texte numérisé non relu

De Anima

le: MONTANiSHi?. 183

me dit entre autres choses qu'une àme lui avait été montrée sous une forme visible; elle l'avait vue, non comme une ombre vague et flottante, mais comme une substance palpable, légère, lumineuse, d'une couleur aérienne et ayant toutes les formes du corps humain ^ » L'illuminisme entraîne après lui l'esprit de domination et l'esprit de rigorisme. Montan leva des impôts sur la crédulité de ses disciples ; il eut des collecteurs attitrés et fit payer d'abondants salaires aux prédicateurs de sa doctrine. Maximille et Priscille parurent avec des vêtements magnifiques, leurs cheveux teints, le tour de leurs yeux dessiné avec du vermillon. On ajoutait qu'elles faisaient l'usure et passaient des heures à jouer aux dés et au trictrac ; mais ces faiblesses étaient secrètes et Téclat de leurs personnes rehaussait encore leur grandeur prophétique. Lorsque Priscille eut établi sa secte particulière, on y vit sept vierges, tenant des torches allumées, précéder le peuple dans TÉglise ; et là, saisies par l'inspiration, comme aujourd'hui danslesrat;it;a/^protestants, ellesinvectivaient contre les crimes, menaçaient de la vengeance divine, ordonnaient de rigoureuses pénitences. Ce culte siqjistre se ressentait de la disposition sombre et inquiète des esprits qui avait signalé les premières années de Marc Aurèle. Toutes ces prophétesses n'annonçaient que malheur. Dépassant les oracles sibyllins, si menaçants déjà pour les nations païennes, ellesprédisaientsoutTranceetpersécution pour les chrétiens eux-mêmes ; guerres, séditions, peste, famine, calamités pour tous. Plus que jamais, elles proclamaient le monde près de finir. Maximille annonçait qu'elle était la dernière des prophétesses.

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