De Anima
184 LITRE yi. — MARC AURÈLE.
Quoi de plus uatnrel à côté de telles prophéties que le rigorisme dans la doctrine? Il y avait déjà eu des docteurs rigides dans le christianisme. Montan n'eut besoin de rien inventer après eux ; il n'eut autre chose à faire que de leur donner raison sur tous les points. On avait disputé pour savoir s'il était ou non permis de fuir le martyre * : Montan, contre la doctrine commune de l'Église, déclara que la fuite, loin d'être ordonnée, était interdite. On s'était demandé si le service militaire était licite et la plupart des chrétiens l'avaient jugé tel : Montan décida que nul chrétien ne devait être soldat. On avait plus ou moins critiqué les secondes noces ; mai.^ enfln elles demeuraient permises : Montan les déclara coupables, et, passant de là à une demi-réprobation du mariage, parfois il en brisa le nœud ; ses di>ciples en vinrent à parler du mariage comme d'une honte *. On avait varié sur la pratique du jeûne: Montan poussa jusqu'à l'excès la mesure des jeûnes ordonnés, imposant trois carêmes « comme si trois Christs avaient souffert*; » et, après ces carêmes, deux semaines d'un jeûne plus rigide encore {xérophagie *). Il y avait déjà eu des docteurs rigoureux envers les pécheurs repentants : Montan, pour la moindre faute, ferma les portes de son Église ; pour toute faute grave, les portes du ciel : nul retour, nulle absolution. « Tout ce qui n'est pas