‹ Les Antonins: ans de J. C., 69-180Chapitre 82 sur 156 · Eit/t · texte numérisé non relu

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WK. i 2. Je suis ici l^iDterpréiation de Valois.

NOUVELLE PIRSÉCUnON. SI 9

de là, priant à haute yoiz, les bras étenduSt elle encourageait ses frères qui, dans leur sœur crucifiée, croyaient voir le Christ lui-même. Les botes la respectèrent et on la ramena en prison. Atlale enfin, qu'après ces exécutions, le peuple demandait à grands cris, fut promené dans l'amphithéâtre avec cet écriteau qu'on portait devant lui : Celui-ci est AUakj le chrétien. Mais le légat, à bout de voie et craignant cette quadruple exécution qui serait pour lui une quadruple défaite, découvri ta ce moment qu'Attale était citoyen romain, que l'empereur seul pouvait disposer de sa vie^, qu*il fallait consulter l'empereur et sur Âttale et sur tous les autres ; heureux de pouvoir en rester là et d'abriter son embarras derrière le nom de l'empereur.

Le malheureux Marc Âurèle fut donc une fois de plus mis en demeure de se prononcer entre sa conscience de sage ou de philanthrope afi'aiblie par bien des concessions, et son parti pris d'homme politique, fortifié par les clameurs de son peuple et de sa cour. Dans sa vieillesse prématurée, à côté du triste héritier dont il venait de donner la menace à l'empire, prêt à partir pour une guerre où sa vie devait R*épuiser, on lui posa une fois de plus la question de l'avenir du monde. 11 la résolut, s'il daigna y liûre attention, comme une simple question de police lyonnaise, où la marche était toute tracée par a les circulaires de ses prédécesseurs, » et où il s'agissait tout au plus de la vie d'une centaine de fanatiques. 11 fit expédier ou ses affranchis expédièrent en son nom un ordre de mettre

1. CTétait en effet le principe légal, quoique les proconsuls ne crai gnissent pas toujours de le rioler, surtout à Tégard des chrétiens. Voy. AcL, XTi. 37, 39, xxiu, 22, 25, 29,xxiii, 23 ; Suétone, in Galba, 9 ; Pline, JSp., X, 97, et un grand nombre d'actes des martyrs.

220 UYHE VI. — MARC ADRÈLE.

en liberté les citoyens romains qui auraient renié le christianisme, de condamner à mort ceux d'entre eux qui persisteraient à se déclarer chrétiens ' ; les non-ciloyens restaient, comme de droit, abandonnés au bon plaisir du légat.

Cette longue tragédie allait donc finir. La lettre de l'empereur arriva comme on touchait au temps de la fête d'Auguste. Celait l'époque où le temple de ce dieu, b&ti par les nations gauloises au confluent du Rhône et de la Saône, était visité par des dépulations de toute la Gaule ; époque de grand traûc, de fêles solennelles, de spectacles, auxquels toute la province était conviée *. Les confesseurs comparurent donc devant cet immense auditoire. Ils comparurent plus nombreux qu'on ne les avait vus encore. L'ajournement que leur avaient valu les hésitations du légat avait profité à la gloire de TÉglise. Pendant ces jours de répit, la plupart des apostats avaient été ramenés par l'exemple, les paroles, les larmes des martyrs. Us avaient été accueillis avec la tendresse et l'indulgence du vrai chrétien. Et, lorsque le légat les fit reconduire devant les instruments de torture, espérant avoir du moins quelques absolutions à prononcer, il eut le dépit de les entendre confesser de nouveau le Dieu qu'ils avaient renié un roc-

1. i'KlTnùûcnoç yàp KahcLpo^ rot&ç fiiv &7reTVf&iracvca6i}y«c, û ^ riMC 0t/Bvoryro, rovrouç &7ro)u0^acç | .12.

2. La fêle d'Augusle étail aux kalendes d*août (!«' août). Suétone in Claudio, 2; Dion Gassius, LIV, 32. Cette fête n'était pas seulement quinquennale, comme le pensent quelques modernes; à Rome au moins elle était annueUe. Dion, ibid. — Elle est appelée dans les Gaules, Concilium Galliarum, Jnserip. du troisième siècle, Maffei, Mus. Veron,, 317. 338. — V. encore Slrabon, IV; Tite-Live, JSptI.,

Les derniers martyrs de Lyon ont donc souffert dans les premiers jours d'août; mais on célèbre leur fête simultanément le 2 juin, sans doute parce que ce jour est celui de la mort de saint Pothin.

noutëlle persécution. 824

ment ; sauf trois ou quatre malheureux, tout ce qu'il y avait li de baptisés eut cette foisThonneur de souffrir pour l'Évangile.

La cohorte des confesseurs se recruta même en dehors de la prison. Il y avait à Lyon depuis de longues années un médecin, Phrygien de naissance, nommé Aieiandre, plein d'amour pour Dieu et pour les hommes. Placé au milieu de la foule, il encourageait les confesseurs du geste et du regard. Il semblait, disent les témoins, comme une femme en travail, tant il avait à cœur d'enfanter de nou-* veau à Jésus-Chrisi ceux qui l'avaient un instant trahi I Le peuple, que ces rétractations rendaient furieux, dénonça Alexandre au légat ; le légat l'interrogea, il s'avoua chrétien et fut condamné.

Il ne restait plus rien, en effet, au paganisme, si ce n'est le stérile dédommagement de la vengeance. Maturus et Sanctus avaient déjà péri dans l'arène : dix- huit autres, dont neuf femmes, dans la prison. Vingt-huit restaient, y compris Alexandre. Le premier jour de la fôte, quatorze hommes et dix femmes furent livrés au supplice ; ceux qui étaient citoyens romains jouirent de leur privilège et eurent la tête tranchée, les autres furent livrés aux bêtes *.

1. Saint Grégoire de Tours (de Gloria martyr., 49\ Âdon, le mar* tyrologe atiribuê à saint Jérôme donnent, avec quelques légères yarianies, les noms de ces martyrs. Voici celle liste :

Morts en prison : Poihin f'vôque (le 2 juin), et de plus huit hommes : Aris(»us. Cornélius, Zozimus, Titus, Julius, Zoticus, Apollonius, Geminianus; neuf fi-nimes : Julia, Ausonia, Alumna, Jamnia {Gamnitr). Pompeia, Domna. Jusia, Trophima, Anionia (le 4 juin, selon le faux Hëde ; mais il n*est pas probable qu'ils soient morts tous le même jour.)

Tués au jour des jeux extraordinaires accordés par le légat ; Maturus et Sanctus (Adon omet Sanclusj.

Décapités à ti're de citoyens Romains le premier jour des jeux pour Ja fêle d'Auguste (vers le !•' août), quatorze hommes : Zacharie

S22 LIYRB YI. — H ARC AUliLB.

Attale, quoique citoyen, et avec lui Alexandre, Blandine et le jeune Pontlcus furent réservé8 pour le lendemain. C'était le peuple qui avait dénoncé Attale et Alexandre ; aussi les traitait-il en ennemis personnels et leur gardaitil une tardive et cruelle agonie.

Le lendemain, en effet, l'un et l'autre épuisèrent toutes les tortures. Alexandre ne prononça pas une parole ; il semblait s'entretenir intérieurement avec Dieu. Attale, meurtri par la dent des bêtes, et promené sur la chaise de fer rouge, se raillait des païens. Tandis que sa chair rôtie exhalait une abominable odeur : « Ce que vous faites là, leur disait-il en latin, c'est bien manger de la chair humaine. Hais nous, nous ne sommes ni des mangeurs de chair, ni des malfaiteurs d'aucune sorte. » On lui demanda : a Comment s'appelle ton Dieu ? — Dieu, dit-il, n'est pas comme les hommes, il n'a point de nom. » Ils furent égorgés ; Blandine et Ponticus furent remis à un autre jour, au dernier jour des jeux. L'une était une femme esclave, l'autre un enfant de quinze ans ; on les avait fait assister au supplice de tous leurs compagnons ; on espérait quelque chose de leur faiblesse.

On les ramène donc une dernière fois à l'amphithéâtre et on leur ordonne de jurer par le nom des dieux. On essaye une torture, puis une autre. On demande le serment

prêtre, Vettius Epagatlius (Hieronymian., Vestius); Maearius, Alcibiade, Silvinus, Primus, Ulpius, Vitalis, Gomminus, October, Philumenus, Geminus, JuBtinus, Albinus. Dix femmes : Graia, ^milia, Potamia (Greg. Tur., Posthumiana), Pompeia, Rodana (Greg. Tur. Bhodane ; d'eUe viendrait le nom de la prison de Roanne, à Lyon), Biblit, Quarta, Materna, Ëlpis (Greg. Tur , Àgnas), MamiUa, selon Greg. Tur. (mais, selon Adon, Rogata).

Le Jour suivant : Attale et Alexandre.

Le dernier jour : Ponticus et Blandine.

Sn tout vingt-huit hommes et vingt femmes.

à cette femme d*abord, puisa cet enfant: ils refusent. Ponticus meurt le premier sur lé sein de Blandine qui ne cesse de l'encourager. « La bienheureuse femme reste la dernière de tous : comme une mère généreuse, elle a soutenu jusqu'au bout le courage de tous ses enfants et elle les a envoyés vainqueurs aux pieds de leur Roi ; à son tour, elle a parcouru après eux la même carrière de combat; elle part maintenant, impatiente de les retrouver; joyeuse et triomphant de partir, il semble qu'elle marche, non vers les bêtes qui doivent la dévorer, mais vers un fiancé dont le festin l'attend '. » Fustigée, déchirée par les bêtes, brûlée avec un fer rouge, exposée dans un filet à la rage d'un taureau, ballottée par lui, sans désormais ressentir aucune douleur, absorbée qu'elle était par la possession anticipée du bien promis à sa foi et par son amical entrelien avec le Christ : il fallut bien, tout esclave qu'elle f&t, qu'on la traitât en soldat. Gomme les quatre héros qui l'avaient précédée, Maturus, Sanctus, Allaie, Alexandre, elle aussi, ce fut Tépée qui l'envoya au ciel. « Jamais femme parmi nous, disaient les païens, n'a souffert autant que cette femme et comme cette femme. »

Le dépit des païens vaincus poursuivit les cadavres de leurs vainqueurs. Ces débris humains, ces restes du cachot, du feu et de la dent des bêtes, furent encore, les uns livrés aux chiens, les autres réduits en charbon ou coupés

1. fa Se luaMpU 'BhoÊ^iTtOLf ir&vrwf Icr^^àrv, KciÇ^dtinp (iknip ètrynfi^, nçLpQp^téiffafTOL rà rcxva, xoci taofitfôpov^ Tr^Tri^^oecra irpoç rhv Boo'cXia', inaïUTpoufthni xaè àvr^ w&ttot rà râv TroiSorâ iyo}itLjitocru, {nrcuSc nph^ dtvTOuç ;^ai/30vo'a xoi àyotXXitopicvii M r^ iSôS«», câç $tç vOfA^ ixiv Stôrvoy xtxXvfani, àXkà fi^ npiiç ^pia ^dShi^. i\i.Ce passage est magnifique d ëloqaeoce et de foi.

224 LIVRE yi. — MARC AURÈLB.

par morceaux. Les tètes coupées et les corps mutilés des citoyens romains ftirent donnés en spectacle pendant six jours, soigneusement gardés par des soldats contre la vénération de leurs frères. Puis on les brûla et on jeta les cendres dans le Rhône. Les païens, dans leur imagination grossière, croyaient rendre impossible à Dieu la résurrection de ces morts < : tant ce dogme de la résurrection de la chair était l'encouragement des martyrs et le désespoir des bourreaux !

Mais les païens n'eurent même pas la satisfaction de cette puérile vengeance. Quelque temps après, dit saint Grégoire de Tours , comme les chrétiens pleuraient la perte de tant de reliques bienheureuses, les martyrs leur apparurent aux lieux mêmes où leurs corps avaient été brûlés ; ils étaient debout et entiers, et ils dirent : • Que Ton recueille ici nos reliques, car nul de nous n'a péri. » On fouilla et on recueillit une partie de leurs cendres sacrées. Près de Tamphithéàtre où ils avaient combattu, près du temple d'Auguste et du cruel Athénée de Caligula, un autel chrétien, d'abord caché, splendide plus tard, les abrita ^

Cette découverte miraculeuse des cendres des martyrs

1. a Appuyés, dîBaient leg païens, sur celte espérance de la résurrection, les chrétiens méprise ni les tourments et meurent avec empressement et avec joie. Voyons s ils ressusciteront cette fois, et si leur Dieu pourra les arracher de nos mains. » Ep eccL, § 16. — Le fait de la dispersion des corps de ces martyrs est aileslè par saint Augustin, De Cura agenda pro mormix, 8.

Au xv^* siècle, en faisant des fouilles sur la place Bellecour, on découvrit des ruines que 1 on utlrihuc h un ustrinum (édifice destiné à la combustion des corps) qui peut liien avoir servi pour ceux de nos martyrs é^or^és non loin de là. Voyez sur ce sujtt vl sur les autres détails lopojrraphiq es Csans parler du reste) Sami Pothin et ses cvmi'agnons martyrs , par le I*. Gouilloud, 8. J., 18C8.

3. Greg. Tur.. de Glor.t Kart., 49. Le lieu s'appelait ÀlHenosum,

NOUVELLE PEBSÉGUTION. 225

est demeurée célèbre. Pendant tout le moyen âge, le 2 juin, la dté lyonnaise s'éveillait toute entière pour être témoin de la «Fête des merveilles». Quatre grandes barques richement pavoisées descendaient la Saône, avec des bannières flottant au vent, des cierges allumés, la croix dominant le tout; et une multitude de nacelles venaient derrière elles. Cette flotte bénie portait l'archevêque, le clergé, la bourgeoisie, les corporations, tous en habit de fête; et des quais» des fenêtres, du haut des toits, tout le peuple s'unissait de cœur à cette procession flottante. L'offlce, chanté ainsi sur les eaux du fleuve, commençait au haut de la Tille, se continuait devant Saint-Nizier où est Tautel de saint Pothin, et s'achevait après avoir débarqué à Ainay, le lieu de la victoire et de la sépulture des saints martyrs. Au XY« siècle, la fête fut supprimée parce qu'elle dégénérait en fête populaire et profane. Mais pourquoi aujourd'hui, où les fêtes chrétiennes ne risquent plus d'être trop populaires, la cité chrétienne de Lyon ne rétablirait-elle pas cette fête ^ ?

Mais si les païens poursuivaient aussi cruellement les cadavres, à plus forte raison poursuivaient-ils les fugitifs. Tous les chrétiens qui s'étaient eofuis de Lyon et de Vienne furent traqués. Mais par cela même, chaque persécution servait à répandre plus au loin Texemple du

AiKenacum oa Athenœum (id , ibid ), aujourd'hui Ainay. C'était TAthénée, lieu destiné aux exercices do rhétorique et dédié à Minarre. Ceat sans doute le célèbre autel de Lyon fondé par Caligula, où avait lieu ce concours de rhétorique grecque et latine, dans lequel le yaincu était jeté dans le RhAne. V. Suétone in Caio, 20; Juvénal. I, 44.

On a Toulu contester l'identité entre Ainay et l'ancien anophithéàtre où souffrirent les martyrs. Mais l'exactitude de la tradition lyonnais* a été très- bien justifiée par M. de Boissieu, Ainay, ton temple et ton

t. Voyez sur cette fête l'oamge cité ci-dessus du P. Gouilloud. T. m. 15

martyre et les germes de la foi. Deux nobles jeunes gens, Epipode et Alexandre, Tun gaulois et l'antre grec, fugitifs de Lyon, furent saisis à Pierre-Encise (Petra-Incîsa) chez une veuve chrétienne appelée Lucie. Le juge qui aurait voulu séduire Epipode, disputa longtemps avec lui, mais la foule, qui tenait plus au sang qu'à Tapostasie, interrompit la discussion et exigea le supplice immédiat. Vis-à-vis d'Alexandre, la discussion fut jugée inutile : a Puisque ces chrétiens, dit le juge, se font gloire de souffrir de longues tortures et se vantent alors de nous avoir vaincus, refusons-leur cette gloire et flnissons-en tout de suite avec eux *. » — D'autres chrétiens s'étaient enfuis des prisons de Lyon ; l'un d'eux, Marcellus, après avoir converti un de ses hôtes, tomba près de Chàlon dans l'escorte d'un gouverneur romain ; son compagnon Valerianus, après être resté quelques mois caché à Trenorchium (Tournus) et y avoir fait quelques prosélytes, Qnit par être découvert et y souffrit le martyre ». — En ce même temps, le clergé de Vienne achevait de gagner sa couronne : Juste, évêque de cette ville, avec ses principaux coopérateurs, Severin, Exupère et Félicien, fut martyrisé et leurs corps jetés dans le Rhône «.— Bénignus, Andochius

i • Christiâni ad banc inaaniam proruperunt ut prolixitale pœnarum gloriam sibi comparari existiment, et persecu tores 8uo8 8e vicisse fu^(^nt quos oportet céleri fine consumi. • Voir leurs Actes. CW et iiaS confirmés par saint Eucher. évêque de Lyon en 454, et par saint Grégoire de Tours {de Glaria martyr. 50 ; de Glana confeuor. «i> oh il oarle de leurs sépultures et de leurs miracles.

2 Saint Ma^' (4 septembre). Voir les actes, dans Surius. Chiffiet(1664) S Perry, BuUe de Chalon. 1659 - Sur saint Valérien (15 sept.), sa vie anonyme dans Ghifflet Fwlorta Trenorchxana. "sir tous les deux, les martyrologes, et Grégoire de Tours iU Gloria mariyrum, 53, 54. M. l^blant parle dun reliquaire près de Chàlons. du dixième siècle, et dont les sculptures rappellent le martyr de saint Marcel et de saint Valérien.

}. V. les martyrologes au 6 mai.

NOUYELUS PERSÉCUTION. 227

et Thyrsus S venus de l'Orient pour guérir les plaies de l'Église des Gaules, se cachèrent d'abord à Lyon, dans la crypte même où l'on avait recueilli les restes des martyrs; puis atteignirent la ville d'Âutun où le décurion Faustus, déjà converti, leur donna rtiospitalité et obtint d*eux le baptême pour ses amis et sa famille *. Us avaient fondé régiise d'Autun, celle de Dijon, celle de Langres, lorsque le martyre fut enfin leur récompense. — Ces martyrs en enfantaient d'autres : à Autun, quelques années après, un fils de Faustus, le jeune Symphorien, condamné pour n'avoir pas voulu adorer la déesse de Bérécynthe que les païens promenaient dans la ville, fut mené hors de la cité, tandis que, du haut des murailles, sa propre mère

1. Je dois dire qu'il y a des doutes sur Tépoque où ont souffert ces trois martyrs et les suivants qu'on ne peut séparer d'eux. Les actes de saint Symphorien se réfèrent au règne d'un empereur Aurelianus ou Aurelius (ch. 1, 2). Les actes des saints Andoche et Tbyrse indiqueraient, il est vrai, que leur mission serait postérieure à la mort de saint 1 renée, laquelle eut lieu sous Septime Sévère ; mais, d'un autre côté, ces saints y sont nommés comme envoyés par saint Polycrate, martyrisé sous Marc Aurèle. (Faut-il lire saint Polycarpe?) Ils nomment l'empereur régnant Aurélien et le font voyager dans les Gaulas, ce qui convient peu à Marc Âurèle. Le martyrologe romain place Flocelius sous Vempereur Antonin, et le président Yalérien ; les actes de sainte Pascbasie la mettent sub Aureliano imperatore. Ces indications sont vagues. Le nom d'Aotonin convient à plusieurs empereurs, outre Antonin le Pieux et Marc Aurèle. Le nom d'Aurelius convient également à Marc Aurèle, à Commode, à Caracalla, à Élagabale, à Alexandre Sévère.

2. Saint Thyrse et saint Andoche, martyrisés à Saulieu (Sedolocus) le 24 septembre. Le tombeau de saint Andoche (pierre sculptée avec i'aseia sépulcrale, de la fin du cinquième siècle) se voyait à Saulieu et a été depuis porté à Dijon. (Leblant, Inscriptions chrétiennes, de la Gaule, tome !«'). — Saint Bénigne, à Dijon, le l«r novembre. Voir les martyrologes et Greg. Turon. de Gloria martyr., 51. Bède, Adon, etc. Je ne parle pas ici de saint Andéol, martyr dans le Vivarais, disciple lui aussi de saint Polycarpe ; son martyre se place au temps de Septimp Sévère (1* mai).

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Tencourageait à mourir ^ — Un enfant, Floccellus *, fut aussi martyrisé à Autun.— À Dijon, la vierge Pascbasia suivit au martyre son évèque Benignus '. — À Langres, dans cette chrétienté naissante, trois frères jumeaux, petitsneveux de Faustus, Speusippe, Eleusippe et Hélasippe, ainsi que leur aïeule Léonille, rendirent ensemble le témoignage de leur sang *. Telle était dans notre Gaule la contagion du martyre, qu'une femme, Jovilla, ne put tenir à cette vue ; elle quitte son mari et son fils, elle accourt en s'écriant : Moi aussi, je suis chrétienne I Et pendant qu*on la torture avant de la décapiter, le notaire^ le sténographe chrétien. Néon, qui dans un coin de rassemblée notait ses paroles et ses souffrances, à son tour n'y peut tenir, passe à un autre son cahier, et lui aussi réclame son privilège de chrétien. Peu de jours après, le scribe Turbo, qui avait succédé à Néon, est saisi lui-même et laisse à d'autres le soin dMnscrire sa victoire sur la liste des héros chrétiens. — Ainsi de proche en proche, là où les poussait le vent de la persécution, les martyrs faisaient des chrétiens et ces chrétiens devenaient des martyrs. Des fugitifs devenus apôlres conquéraient à la foi des dtés que la prédication libre et pacifique n'eût pas at-

t. 22 août. Voy. Portunat, Usuard. Greg. Turon. dé Gloria rnaV' tyr.fb^iHist., il, 15; \e&Àeles,apua^uïnsiri{Acia nncéra) et BoUandus.

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