‹ Les Antonins: ans de J. C., 69-180Chapitre 83 sur 156 · septembre · texte numérisé non relu

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S. janvier, Greg. Tur., 50 ; de Gloria martyr., 50 ; de Gloria eonfessor., 43.

4. Martyr, romain, 17 janvier. Selon certaines versions de leurs actes, ils auraient été martyrs en Gappadoce; mais celle que je suis est confirmée par les actes de saint Sympliorien. et par ceux de saint Andocbe et de saint Bénigne. Ou reste, ces martyrs doivent être placés quelques années après ceux de Lyon, puisque tous trois auraient reçu la foi dans leur enfance et auraient été martyrisés à vingt -cinq ans.

NOUYELLE PERSÉCUTION* 229

teintes; ils rendaient à l'Église des centaines d'âmes pour les quelques tôles que le glaive lui retranchait.

C'est ainsi qu'à peine implanté dans cette vaillante race gauloise, le christianisme y développait à un haut degré l'énergie du martyre. Je me suis arrêté sur ces illustres exemples, moins parce qu'ils appartiennent au sang dont nous sommes sortis, que parce qu'ils sont utiles à rappeler au milieu de l'amollissement de nos mœurs chrétiennes. Et cependant ne médisons pas trop des temps modernes. Le christianisme et le martyre sont tellement liés Tun à l'autte qu'il n'y a pas eu un siècle chrétien sans quelque martyr. Certes, dans les trois cent trente années qui s*écoulèrent depuis saint Etienne, le premier martyr jusqu'aux martyrs de Julien Tapostat, elle est innombrable, la multitude, connue ou inconnue de ceux qui ont souffert pour la foi ; rien n'est comparable ni à leur héroïsme, ni à leur nombre. Certes aussi, ces palmes, plus qu'aucune autre, ont dû laisser un éclatant souvenir; une gloire plus grande a dû entourer le nom des martyrs qui furent les témoins contemporains, parfois oculaires, de la vie de Jésus-Christ, et dont le sang certifia l'authenticité de l'Évangile. Hais il ne faut pas oublier non plus les héros des temps modernes. Savons-nous, pendant les trois cent trente années qui se sont écoulées depuis Calvin et Henri Vlil jusqu'à nos jours, combien de nobles cœurs ont souffert pour la foi 7 Sans doute, parmi ces victimes des persécutions modernes, l'Église, dans sa sagesse, n'a décerné qu'à un petit nombre les honneurs du culte public ; et l'histoire catholique elle-même, par une indifférence ou une timidité dont TÉglise a le droit de se plaindre, a passé le plus habituellement leurs noms sous silence. Combien ils sont nombreux cependant 1 ceux

qui ont péri au seizième siècle dans les nombreuses et sanglantes Saint-Barlhélemy du protestantisme I ceux qui en Angleterre sont montés sur les échafauds de Henri Vlil, d'Edouard YI, d'Elisabeth M cette Église du Japonqui, au dix-septième siècle, a été exterminée presque entière ! ces Églises de la Cochinchine et de la Ghiue qui en sont aujourd'hui à leur septième génération de martyrs, etdont le sang ne s'est pas plus épuisé que ne s'est épuisée la cruauté de leurs bourreaux I ceux qui, dans les missions de l'Afrique, de l'Amérique, de TOcéanie, ont donné et donnent à cette heure leur sang à Jésus-Christ, prêtres, missionnaires, religieux, laïques, européens, indigènes 1 ceux qui ont combattu le mahométisme, depuis les premiers compagnons de saint François d'Assise jusqu'aux victimes que le fanatisme musulman, toujours impuni et respecté par l'Europe, faisait avant-hier à Djed* dah, hier en Syrie, aujourd'hui en Cilicie 1 ceux qui, en Russie et en Pologne, ont été immolés et le sont encore par un autre fanatisme, le fanatisme de la puissance humaine se déifiant et s'adorant I

Et, pour nous rapprocher des souvenirs qui nous occupaient tout à l'heure, cette môme Église des Gaules n'at-elle pas donné de nos jours des successeurs aux Pothin, aux Irénée, aux Blandine 7 N'a-t-elle pas défié le dernier, le plus dangereux et le plus puissant des persécuteurs, la Terreur? Est-ce que Lyon de notre temps n'a pas eu ses martyrs? Est-ce que Paris n'a pas eu les siens? Et ne garde-t-il pas encore comme Pouzzol pour saint Janvier, comme Tournus pour saint Valérien, le pavé empreint de

1. Voyez, en particulier, les deux remarquables ouvrages de M. l'abbé Destombes, la Pertéeution religieuse en Àngleierrt soxii Élisal>eîh et soum tes successeurs (Lecoffre 1863 et 1864).

leur sang' ? Est-ce qu'il o'y a pas ea des mois. et biea des mois de la vie de nos pères pendant lesquels vingt-quatre heures ne se passaient pas sans que, pour un serment refusé, pour une croix vénérée, pour un prêtre recueilli, pour une protestation quelconque en faveur de la foi, de la vf'rité et de la justice» une &me montât de la place Louis XV ou de la place du Trône vers le ciel * ? Est-ce que nous n'avons pasàPicpus comme un ossuaire de martyrs? Est-ce que nos pères n'ont pas, comme les chrétiens au jour des persécutions, reçu au péril de leur vie Jésus- Christ sous leur toit? Est-ce qu'ils n'ont pas, comme les premiers fidèles, vu célébrer les saints mystères dans les catacombes de leur demeure, et pendant ce temps monté la garde à la porte pour voir si quelque messager de mort n'arrivait point ? Nous ne sommes donc pas si déshérités, et l'Église du dix-neuvième siècle aura sa place devant Dieu. Nous ne sommes pas seulement les petits-fils des croisés, nous sommes les fils des martyrs.

Cest ainsi, pour revenir à notre sujet, que l'Église triomphait dans sa double épreuve et répondait à l'hérésie par Tafiermissement de sa doctrine, à la persécution par les victoires de ses martyrs. Son progrès n'était donc pas arrêté, et, sous le régime hostile de Marc-

1. La chapelle des martyrs, dans Tancien couyeol des Carmes, k Paris, prête à disparaître par suite des embellissementê antihistoriqaes et antiartisliquesque subit la ville de Paris, i J'écrîTais tout ceci en 1863.Âujourd'hui, en 1874, j'aurais trop à y ajouter. Qu'il suffise de nommer la barrière d'Italie, la Roquette et la rue Haxo I)

2. Lisez, entre autres, rezcellente Vie de M. Émery, publiée par les prêtres de Saint-Sulpice, et les détails de l'apostolat presque miraculeux qu'il ezerya dans les prisons. Y ajouter encore les quelques pages si touchantes de M. de Ségur, un Épisode sous ta Terreur (Paris, 1866).

232 LIYHK YI. — MARC AURÈLK.

Aurèle comme soas le régime plus tolérant d'Antonin, elle grandissait.

En était-il de même de Tempire dont nous avons vu au temps d'Antonin le progrès (à certains égards du moins) coïncider avec le progrès de l'Église 7

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