‹ Les Antonins: ans de J. C., 69-180Chapitre 86 sur 156 · De mereede conductis, p · texte numérisé non relu

De mereede conductis, p

6. La peinture de ces parasites est plus défavorable encore dans Aristide : « Ils flattent non-seulement les ridiM, mais les cuisimères et les boulangers des riches, etc. »

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leçons de philosophie à une femme pendant qu'on la coiffe, et la prêchant sur la chasteté pendant qu'elle lit un billet de son amant ; puis, de désespoir de voir la philosophie lui rapporter si peu, se faisant devin, magicien, sorcier, entremetteur de débauches, toujours atec sa longue barbe, son manteau et sa dignité de professeur de sagesse. Mais ce que Lucien ne nous montre pas, et ce qu'il n'osait peut-être pas nous montrer, c'est le philosophe, homme politique, armé du nom et de la faveur de César, régentant, dominant, opprimant, hurlant contre les chrétiens parce que les chrétiens lui font honte de ses vices. C'est le cynique Crescens, homme de mœurs infâmes et qui a envoyé saint Justin au martyre ; ce sont d'autres qui se sont faits, au nom du moins tyrannique des empereurs, de petits tyrans dans les provinces. Marc Aurèle eut plus d'une fois à se disculper de leurs méfaits ^ Chaque école avait ses vices dominants: les épicuriens étaient débauchés ; les péripatéticiens, avides d'argent et disputeurs ; les cyniques, effrontés ; les platoniciens, arrogants et glorieux ; les stoïciens, plus graves et plus mesurés, ne faisaient souvent que mieux cacher leurs vices*. C'était la secte la mieux gagée et la meilleure nourrice pour les hypocrites •.

En un mot, il manquait à Marc Aurêle ce qu'avait eu Ântonin, le discernement des hommes et en particulier le discernement des philosophes. Ântonin n'avait certes pas

1. Marc Aurèle souffrait même de IMoflolence des philosophes : « Pôrégrin va k Rome, et là sa langue ne ménage personne, pas même le prince, qu*il savait plein de mansuétude et de douceur. Le

oi s'inquiétait peu de ses injures et n'eût pas voulu pour des paroles faire périr un philosophe. » Lucian., in Peregrino, p. 998.

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