Zozime ; Eusèbe, in Chron.; Pollio, in Claudio
3. Y. une diftssertatioD de Peste anioniniana, par le professeur Hecker, 1835 ; Zumpft, Bevolkerung im Altertkum {la PoffuMion dam l*antiquité), cités par M. Merivale.
RÉSUMÉ DE L*ÉPOQUB ANTONimS. 297
durent pas ; la race des travailleurs est étemelle, et à chaque génération elle fournit à la société de nouveaux bourgeois, de nouveaux riches, de nouveaux nobles, de nouveaux rois.
Les économistes ont voulu expliquer ce fait, tantôt par le cercle plus étroit dans lequel les gens aisés cherchent leurs alliances, tantôt par un désir excessif de perpétuer la richesse dans une famille, qui a mené souvent i ne pas perpétuer la famille elle-même. La première de ces raisons a peu de valeur ; car une famille de paysans, qui ne sort pas de son village et des trois ou quatre villages voisins, est bien plus restreinte dans le choix de ses alliances que ne Test une famille riche à qui il est permis de chercher au loin. La seconde a du vrai : pour Thomme qui travaille, les enfants sont un capital qu'il aime à voir se multiplier ; pour Thomme à son aise, les enfants sont une diminution de capital, et son avarice les voit naître avec regret. Mais cette raison elle-même rentre dans une raison plus générale : c'est que Thomme qui travaille est dans les conditions normales de l'humanité ; l'homme qui ne travaille pas, quelque légitime que soit la dispense que la Providence lui a donnée, est placé par cette dispense dans une situation anormale qui ne grève pas sans doute sa conscience, mais qui affaiblit son être physique et qui diminue sa postérité (sans même parler des vices, plus à redouter pour lui, parce qu'il a et plus de loisir et plus de richesse). J'ose à peine faire cette comparaison ; mais ne savons-nous pas que ces races magnifiques dont l'embonpoint et la splendeur font la gloire de nos expositions agricoles, les taureaux de Durham, les béliers de Southdown, etc., sont en même temps des races peu fécondes? Adam n'était qu'un pauvre laboureur, et
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Eve n'était qu'une pauvre fileuse * ; leur race subsiste et s'est singulièrement multipliée. Des rois qui sont sortis d'eux, quelle dynastie a duré seulement dix siècles ?
C'est donc la loi commune. Les sociétés se rerruli^nt par en bas et non par en haut. Partout couime dans laiicienne Rome, le Sônat, ou ce qu'on peut a[»p(ler ainsi, puise dans Tordre équestre, Tordre équestre dans la cité, la cité dans les provinces. Seulement, dans nos sociétés chrétiennes, si les rameaux les plus élevés sont destinés à périr plus promptement que les rr.mcaux inférieurs, d'autres les remplacent, et cela sans dangi.r, parce qu'il y a au pied de Tarbre une vigoureuse et inépuisable racine, grâce à laquelle la sève monte dans toutes les branches. Il y a la saine, robuste, abondante, féconde population des campagnes, celte race qui, elle, ne fait jamais défaut et supplée à la défaillance do toutes les autres. C'est là la vraie, normale, providentielle condition d'une société.
Mais aux sociétés antiques, aux sociétés à esclaves, et particulièrement. à la société romaine sur son déclin, cette condition a manqué. Elle n'avait pas manqué tout à faiit à la société romaine au temps de sa vigueur: chez elle s'était maintenue, plus longtemps que chez nulle autre nation païenne, une population plébéienne, libre, agricole, militaire ; de là la force, la durée et la gloire de la république romaine. Mais, lorsque enfin cette population plébéienne eut été détruite par Tinvasion de Tor, de Tesclavage et du luxe, la décadence eut lieu pour Rome, comme elle avait