‹ Les Antonins: ans de J. C., 69-180Chapitre 97 sur 156 · When Adam delved and Eve span · texte numérisé non relu

When Adam delved and Eve span

Where was ihea tbe geoMenian ?

dit UD proverbe anglais.

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eu lieu pour les autres empires de Tantiquité. Le recrutement noriuat de la société ne se âl plus. D'un côté TextinctioD des races supérieures, gr&cc à la corruption, au luie, au célibat, à Toisiveté, grâce à toutes les plaies spéciales des classes riches, poussées au dernier excès et couronnées par les proscriptions républicaines et impériales ; cette extinction se fit avec une promptitude qui passa toute mesure. Les familles se succédèrent si hâtivement dans les postes élevés de la société, qu'elles n*eureut le temps ni de s'y préparer, ni de s'y habituer. Elles n'eurent de la richesse que Téblouissement et les excès. Et d'un autre côté, la sève manquait à ce renouvellement trop prompt : la racine faisait défaut au pied de Tarbrè. Pour recruter le Sénat et Tordre équestre, on n'avait plus l'ancien ordre plébéien; il avait disparu, soit dans les campagnes, soit même dans Rome, ou peu s'en faut. Ce qu on trouvait dans Rome de plus notable, de plus élevé, de plus digne, de plus riche en dehors de l'ordre équestre, c'étaient des affranchis, c'est-à-dire d'anciens esclaves. Ce qu'on trouvait dans les provinces, c'étaient des familles placées elles-mêmes dans des conditions analogues à celles de Rome et se recrutant comme elles dans la condition servile. D'une manière ou d'une autre, c'était donc l'esclavage qui recrutait la société, par cette raison toute simple que c'était l'esclavage qui (ravaillait et qui cultivait ; la société romaine d'alors se repeuplait par les esclaves comme les sociétés modernes se repeuplent par les paysans.

Mais entre les esclaves romains et nos paysans, la parité est loin d'être complète. La classe servile était une classe et non une race. Non-seulement elle était sans aucune homogénéité d'origine, de langue, de culte, de mœurs, d'es-

300 LIYRC Vn. — CONCLUSION.

prit, mdme dans Tiûtérieur d'une même province. Mais nn foit plus frappant encore, c'est que la classe serviie se composait de beaucoup plus d*liommes que de femmes. C'étaient des travailleurs qu'on achetait au marclié ou qu'on recrutait au loin pour le besoin qu'on en avait, et comme de raison on choisissait de préférence le sexe le plus robuste. Ajoutez à cela la vie malsaine, les mauvais traitements, la honte, le désespoir, la corruption, et il sera facile de comprendre que cette classe serviie, si elle était la pépinière de l'empire romain, n'était qu'une pépinière insuffisante. Elle suppléait un peu à la stérilité des classes supérieures, mais elle-même était encore bien stérile.

Il fallait donc que l'esclavage à son tour, et par l'esclavage la société tout entière, se recrutât au dehors. Q aurait fallu la traite, là comme dans nos colonies, pour que le monde romain eût des cultivateurs et des ouvriers d'abord, puis même des citoyens et des soldats, puis même des chevaliers et des sénateurs. Il aurait fallu la victoire pour amener des captifs barbares au moyen desquels la nation conquérante et civilisée pût se recruter ; mais la victoire commençait à faire défaut aux armes romaines, et on étaitréduit maintenant à la chercher -bien loin. Il aurait fallu la piraterie et le brigandage; mais la piraterie à l'intérieur, réprimée par de sages lois, devait peu contribuer au recrutement de l'empire ; le brigandage au dehors, c'eût été encore la guerre, et la guerre contre des peuples qui en général savaient se défendre.

Aussi, au second siècle et sous Marc Âurèle, sinon plus tôt, s'introduisit la dangereuse coutume d'amener les barbares dans l'empire, non plus seulement à titre de prisonniers ni d'esclaves, mais à titre d'alliés, d'auxi-

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liaires, de soldats, môme de colons. Ce n'étaient plus les cadres de resclavage, mais ceux de l'armée et de la culture qu'ils venaient remplir. Marc Aurèle pratiqua sur une grande échelle cette transplantation sur le sol romain d'ennemis vaincus ou pacifiés. Des cohortes entières de Germains ou de Sarmates, soumises ou achetées, portèrent leurs enseignes barbares à côté des aigles romaines. Des tribus entières de colons germaniques furent transplantées jusqu'en Italie, aux portes de Ravenne, à quelques journées de Rome. Douloureuse ressource et périlleuse expérience I L'empire romain se recrutait parmi ses ennemis. Le temps n'était pas éloigné où, à la suite des colons barbares à qui on donnait des terres dans le sein de Tempire, d'autres colons barbares viendraient en prendre de force. L'invasion soumise et pacifique des colons de Marc Aurèle coïncidait avec les préludes de la grande invasion armée et violente du cinquième siècle.

En effet, on le comprend sans peine, Taflàiblissement du dedans amenait les dangers du dehors. Trajan avait pu braver jusqu'au fond de leurs forêts les barbares de la Dacie et avait ajouté de ce côté-li de vastes contrées à Tempire. Hadrien, sans être agressif et tout en abandonnant quelques conquêtes évidemment précaires, Hadrien, moins par des faits d'armes que par la discipline de son armée, par l'habileté d'une diplomatie à la fois bienveillante et digne, avait encore tenu les ennemis en respect. Antonin, quoique un peu plus mollement, avait gardé intacts la frontière de l'empire et l'ascendant du nom romain. Mais Marc Aurèle, moins heureux, avait été réduit à une situation défensive ; sous lui, le péril avait été imminent pour l'empire, imminent pour l'Italie et

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pour Rome, et ses victoires avaient laissé la frontière maintenue, non agrandie, l'honneur sauf, non l'avenir assuré. Ce n'était pas sans doute, comme ce fut au siècle suivant, l'heure de Textrème péril et des plus imminentes angoisses ; mais déjà le nom de Rome était moins glorieux ; la trompette de ses veilles moins redoutée sur l'autre rive du Rhin ou du Danube; l'épée de César et même de Trajan trop lourde pour ses mains affaiblies.

Ainsi donc, si nous remontons aux principes que nous avons pos(^s, c'était Tesclavage, c'était la révolte contre la loi du travail qui amenait la ruine de l'empire romain comme elle avait amené la ruine des autres empires païens. L'esclavage, par l'insuflisance et la mauvaise direction du travail, appauvrissait l'empire ; l'esclavage, par la condition malsaine des uns, par la condition trop désœuvrée des autres, ruinait la santé de l'empire ; l'esclavage, devenu par la force des choses la pépinière unique de la population, ne la recrutait que d'une manière insuffisante, et la population décroissait «.

Et n'(^tail-ce pas juste après tout? S'il est vrai que les familles qui, en vertu de l'exception la plus évidemment providentielle, se trouvent dispensées de la loi du travail manuel, souffrent pourtant de celle dispense et, comme nous le disions, s'affaiblissent ; que peut-il arriver à une société qui tout entière, sysiémaliquement, sans l'ombre d'une dispense d'en haut, s'est révoltée contre l'arrêt divin et a rejeté le fardeau du travail, devenu plu& lourd à la fois et moins fructueux, sur les épaules d'un certain nombre de captifs, qu'elle- n'appelle même pas des

1. Ces résultnlR sont développés dans la longue et importante étude, maintenant achevée, de M. Merivale, UUtory of the fioman under ihe empire, Londres. 1862.

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hommes ? Comment voulez-vous qu'elle n'ait pas vu diminuer dans son sein la richesse, la santé, la population î Malheur à la nation qui évite le travail I Malheur surtout à la nation qui le mc^prise !

Ainsi ont fini tous les peuples de l'antiquité, et nul d'entre eux, si ce n'est les Romains, n'a atteint lâge qui est aujourd'hui celui de la plupart des nations, encore jeunes parce qu'elles sont encore un pou chrétiennes, de notre Europe.

Je n'ai pas voulu interrompre la suite des idées et je ne me suis pas arrêté au détail des faits qui peuvent leur servir de preuve. Ces faits, d'ailleurs, sont répandus dans tout ce livre et dans ceux qui l'ont précédé. Quelques indications seulement pour montrer que l'époque antonine n'avait pas amené la guérison de ces plaies.

Voulez-vous, par exemple, juger de ce qu'était, au milieu de sa splendeur, la pauvreté de la ville de Rome î Rome était depuis plus de deux cents ans une ville de désœuvrés, de solliciteurs et de mendiants. Un des grands soucis des empereurs et une des grandes charges de leur budget 'étaient ces deux ou trois cent mille fainéants* que

1. Il faudrait mAine quadrupler ce nombre, selon le savant Grcgo* rovius, quiciteM de Bun«^en et i'hisloirc romaine de Hœck {Homische GeichicUie, fihunswick, 1843;. D'après ces savanisi, Rome n'aurait pas compté moins de '2,265,000 iiabilanis, parmi lesijueis la p'ebs w b ina (les citoyens pauvre» prenant part aux distributions publiques) n'aurait pas été niuindn! de 1,250,000. Ce ctiiirro me parait de toute impossibilité, par rapport k la superficie de Kome, môme en reculant son enceinte au maximum qui^* les témoignages historiques permettent. Le cliififre de 1,250.000 frumentés, sur lesquels cc:8 savants basent tous leurs calculs, me paraît fondé sur une interprétation ononéo de l'inscripiion d'Ancyre. L'expression ducenla millia hominum {menschen et non mannei) qu'emploie cette inscription, comprend les femmes aussi bien que les hommes, et il n'y avait pas lieu de doubler ce chiffre pour obtenir le chiffre véritable de la population. Un Allemand moins qu'un autre aurait dû commettre cette erreur; mais, même

304 LIYRB YII. — GONGLUSIOlf.

l'espérance du blé gratuit foisait venir à Rome de tous les bouts du monde. Il fallait satisfaire à leurs besoins et ne pas trop accroître leur nombre. Nous ne savons pas si leur nombre croissait, mais nous savons que leurs besoins allaient en augmentant. Outre les distributions de blé, que nous estimons à 240 sest. (60 francs) par tète et par an, les largesses en argent augmentaient de règne en règne. Par an et par tête, celles d*Âuguste avaient été, en moyenne, de 61 sest. ; sous Néron, elles s'élevèrent à 71 sous Vespasien, i 90 ; sous Trajan, à 130 ; sous Hadrien; à 142 ; sous Antonin, financier sévère, à 139 ; sous Marc, Aurèle, ou plus faible que ses devanciers, ou placé en foce d'une misère plus grande, à 263 ^ Ainsi allaient croissant.

en AUemagne, aliquando borna dormitat Bomerus, Dans Us Césars (Appendice du dernier volume), en décomposant, comme le font ces sayants écrivains, les différentes classes de la population de Rome, j'étais arrivé au chiffre d'un million environ, qui me paraît bien suffisanL 1. Auguste en 46 ans de règne, donne 9 con^tTM, val. 2820 sest.

Tibère 23 — S — 888 ^•

Galigula 3 ^ 2 — 600 —

Claude 13 — 3 >- 600 —

Néron u 3 — 1000 —

Vespasien .... 9 — 3 — *^^ ~" 1 5

Titus 2 — 1 — [^

Domitien 15 — 3 .«900 —

Nerva 2 — 1 — 300 —

Trajan 19 « 3 jeoO —

Hadrien 21 — 7 — 4000 —

Antonin 22 — 9 — 3200 —

Marc Aurèle

et Verus . . 19 — 7 — 5000 — (Voy., pour les premiers empereurs, Tacite, Suétone ; pour Au>

guste, le Lapis ancyrantis ; pour tous, les monnaies, Dion, et le manuscrit de la bibliothèque de Vienne sur les libéralités des empereurs.)

Il faut ajouter à ces libéralités le legs de César, qui fut de 300 sesterces par tête ; -- celui d'Auguste, de 40 millions de sesterces à distribuer ; plus 3,500,000 pour les tribus, etc., mais qui ne fut pas payé JMir Tibère; * celui de Tibère, qui fut de 25 miUions de sesterces ;

B^SUMÊ DE L^ÉPOQUE ANTÔNINE. 305

OU la faiblesse dans le pouvoir ou le désœuvrement et la misère du peuple.

Voulez- vous juger maintenant ce Qu'était Tltalie, qui aurait dû être le cœur de l'empire, la pépinière du sénat, la nation gardienne du monde romain ? Ce cœur de l'empire ne lui rendait le sang qu'appauvri. Les levées d*hommes efl venaient à se faire surtout dans les provinces ; c'était assez, soit pour les forces de Tltaliei soit pour ses goûls militaires, de fournir les 20,000 prétoriens ou autres soldats qui formaient la garnison de Rome. Pour combattre ce mal, Trajan et Marc Âurèle en étaient réduits à de pauvres et faibles remèdes législatifs ; à interdire rémigration^ à rattacher au sol italique par des liens forcés les familles des sénateurs, c*est-à-dire cinq ou six cents familles dont plusieurs n'étaient pas même riches! Auguste, lui, avait voulu remonter vers la source du mal, combattre le célibat et la stérilité des mariages. Mais la loi d'Auguste était de ces lois qu'on élude toujours; n'y eût-il eu que la faveur impériale qui, par diplôme, dispensait les gens d'avoir des enfants ^ Et quand même

— 900,000,000 de sesterces de deues remis par Hadrien ; — une autre reuise de dettes par Marc Aurèle,

Il serait intéressant de connattre le nombre des parties prenantes ; César l'avait réduit à 150,000 hommes; sous Auguste il a varié de 200 à 320,000. (Suétone, in Àug., 41 : Lapû ancyr.; Dion, IV, p, 554.) De Trajan k Marc Aurèle, selon le manuscrit de Vienne, il fut de 300,000. Depuis, il tomba ; il n'était que de 135,000 sous Septime Sévère.

i. Sur CCS concessions du jus irium liberorum, voy. Dion, IV,,; Suétone in CL, 19 ; Pline, Ep , II, 13, X,2, 95, 96 ; Martial, II, 91, 92, où il demande à Domitien cette concession, et après l'avoir obte- Due, il dit adieu à sa femme, afin, dît-il, que le bienfait de l'empereur ne soit pas perdu ( Valebis vxor ; non débet domini perire muntu. Trajan est avare de ces concessions. Pline, Bv.. X, 2. Exemple de ces demandes. Pline. Ep , X, 95. 9G. Martial, XI, 13.

Aucun des empereurs romains, excepté Marc Aurèle, ne laissa après lui une nombreuse famille. Les poètes et bommes de lettres célèbres

t.UL 20

306 LITRE Vil. — CONCLUSION.

la loi d'Auguste eût été exécutée, qu'en pouvait-on attendre? Trois enfants par mariage, c*était le phénomène qu'elle demandait et qu'elle récompensait, c*est-àdire un nombre inrérieur à la moyenne chez tous les peuples chrétiens, et un nombre qui ne saurait suffire au maintien de la population.

Voulez- vous enfin juger ce qu'étaient les provinces ou au moins la population romaine des provinces ? Rappelez-vous ce seul fait qu'on avait fait partout des citoyens romains et que les citoyens romains manquaient partout. La milice, qui jadis se recrutait exclusivement parmi les citoyens romains, était au contraire devenue la porte par laquelle on entrait dans la cité romaine.

Je ne puis m'empêcher de m'arrôter ici et de penser aux lamentations que nous avons tant de (ois entendues sur la décadence et la pauvreté de fllalie moderne, de l'Italie morcelée, dépendante, asservie au Pape et à l'étranger. Elle était bien plus forte et bien plus heureuse sans doute quand elle était une et libre sous la domination italienne de Commode ou de Dioclétien I Elle avait une population de dix millions d'hommes tout au plus ' : elle en a une de vingt millions. La moitié peut-être de

de l'empire romain, ou ne se marièrent pas, comme Horace, Virgile, etc.; ou, mariés, Jie laissèrent point d'enfants: ainsi Ovide, Lucain, Slace, Siiius Italicus, les deux Plincs, Suétone, Martial.

Le nombre des célibataires était supérieur, au temps d'Auguste, à celui dos hommes mariés. Dion, LVl, 1. « Asinius Hufus a agi en bon ciiuyen en devenant pèr«> d*une nombreuse famille, en ce siècle où l'on redoute môme un fils unique, d Pline, £p., iV, 15 • Les honneurs rendus au fils de Spurinna encourageront les citoyens à devenir pères, • dit-il encore, H, 7. — lilaude accorde la liberté à un gladiateur père de quatre enfants, avertissant le peuple de songer aux avantages de la paternité, qui profilait même ^ un gladiateur. Suétone, in (7/., 21,

i. Wojenies Céiau. Claude, U, t. II.

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cette population était esclave : personne ne l'est. L'Italie d'alors ne fournissait guère d'autres soldats que les vingt mille hommes de la garde de Rome : en notre siècle, sans parler des armements excessifs de l'heure actnelle (1863), le seul roi de Naples, sans trop grever le pays, a eu cent mille hommes. Les plaies actuelles de la Péninsule, l'insalubrité des marais pontins, Tinfeclion des Maremmes, la désertion de la campagne romaine, laflèvre de certains quartiers et de certaines saisons à Rome, tout cela existait dès le temps de Tempire romain : Horace et Cicéron s'en plaignent comme M. de Tournon ; César travailla comme les Papes à dessécher les marais pontins ^. Ilya plus ; au temps de Tancienne Rome, on ne se plaint pas seulement de tel ou tel canton ; on se plaint en général de l'insalubrité et de l'abandon de l'Italie ; à partir du temps de Marc Aurèle, une peste quelconque y devient à peu près endémique : aujourd hui, au contraire, on va en Italie pour y guérir. Par suite de la rareté des denrées, Dioclétien en vint à établir une loi de maximum^ impuissante et tyrannique, comme elles le sont toutes : sans loi de maximum^ la vie en Italie est abondante et à bon marché. Voyez combien le gouvernement unitaire sous un caporal dalmale réussissait à l'Italie antique, et combien il est devenu urgent pour nous d'imposer à l'Italie moderne le gouvernement unitaire sous un caporal niçois ou savoyard I

11 faut donc le dire, l'ère des Antonins a été une halte, mais rien qu'une halte. Par leur sagesse ; par leur esprit si différent de celui des premiers Césars ; par la simplicité du moins relative de leur vie et de leurs mœurs ; par

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