RER
langue, jusqu’au piège du lion, et il s’éloignera de lui, lorsqu'il ne pourra pas s’en rendre maître (1). Et le petit du chien se cachera dans les temps, et dans le temps et dans une heure, et en son temps, il règnera, et son nom s’appellera Pefit du chien, c'est-à-dire Sceptre des nations (2). Et l'animal sauvage effacera complètement le souvenir du chien (3). On portera contre lui des accusations que l’on saura fausses, et dans sa ville on anéantira son image, et beaucoup penseront dans les pièges de l'animal sauvage à letuer, et ils ne l’'emporteront pas sur lui (4), et ses compagnons du sceptre seront tués par l'épée dans une autre ville, et on connaïtra clairement les prières du prêtre sur les choses inconnues. Un des
grands, un jeune homme parmi les guerriers de l'animal
(1) Quittons pour un instant Rome et le théâtre ordinaire de la guerre, et passons en Pannonie, où les Ostrogoths, sous la conduite de leur roi Théodémir. exerçaient leurs déprédations. Le deuxième chien, c'est Théodémir. qui, voyant la Pannonie ruinée, veut changer les cantonnements de son peuple ; il se meten marche à travers la Thrace et menace Constantinople. L'empereur lui promet un territoire et de l’argent; alors Théodémir change d’avis et consent à devenir fédéré de l'Empire.
(2) Le petit du chien n'est autre que Théodoric l’Amale ou Théodoric le Grand, fils de Théodémir, qui vécut dix ans comme otage à Constantinople, apprenant beaucoup et faisant peu parler de lui.
(3) Léon, par l’assassinat d’Aspar et de ses fils, effaça son souvenir.
(4) Théodémir, en marchant sur Constantinople, espérait réduire Léon; les événements déjouérent cette chimérique espérance.
sauvage, liera à beaucoup pieds: et mains, et les enverra, vers l'animal sauvage (1), et alors, quand l'animal sauvage comme un maître recevra auprès de lui beaucoup de différentes nations comme serviteurs, un autre homme apparaîtra aussi devant lui et le prendra dans son sein et poursuivra les guerriers, et lui-même sera poursuivi par eux, et 1l s'enfuira devant eux à pied, et personne ne le rejoindra, car il est rapide à pied, et il s’enfuira vers l'animal sauvage et vers celui qui est dans son sein, et il entrera chez lui; et le petit animal sauvage sortira et sera plein de courage, et le grand animal sauvage le fera asseoir sur son trône et le fera régner avec lui et asseoir avec lui sur le trône à sa place (2); deux animaux sauvages habitant dans une grotte, le jeune se préparera courageusement à la guerre, et le grand retournera en son pays d’où il est venu, et le petit animal prendra sa place jusqu’à un temps; il ne sera nommé roi par personne, mais par sa propre force il parviendra au repaire de sa royauté, et le jeune animal retournera vers le
(1) Ce jeune homme nous semble être Trascalissée l’Isaurien, plus tard empereur sous le nom de Zénon ; chef de la garde isaurienne, il soutint Léon contre Aspar et d’autres ennemis.
(2) Théodoric l’Amale, de retour au camp de son père, après avoir appris le métier des armes à la cour de Constanünople, fit preuve d’une telle bravoure et de tant de génie, que Théodémir ne tarda pas à se l’associer, aussitôt qu’il eut perdu son valeureux frère Valimir; Théodémir confia l’avant-garde de ses troupes à Théodoric, lorsqu'ils quittérent le lac Pelsod pourmarcher sur Constantinople (Cf. À.Thierry, op. laud., p. 306ss.).
La pie
grand animal, et abandonnant ses repaires à son créateur, 1l te conquerra, toi la ville aux sept collines, et te tiendra dans l'oppression; sa joie sera grande, il sera joyeux et sera aimé par les grands et haï de beaucoup (1). Il dispensera vie et richesse, et le dragon jouera avec lui, et le traînera avec le bâton de chasse de l'animal sauvage (2).
28. Malheur à toi, dans ce temps-là, Babylone aux sept collines, quand la veuve règnera, et que le dragon poursuivra l'étranger, et que l'étranger qui se nomme Salamandar se détournera pour fuir; et quand il tournera son visage vers les îles, [emportant] l'or, l'argent, les pierres précieuses et la couronne des sceptres, et ce qui est dans le sein de l’animal sauvage, triplé par le peuple des Perses à Carthage (3); aucun des hommes ne
(1) L'auteur de notre Apocalypse, anticipant sur la suite des événements, fait allusion au règne de Théodoric l’'Amale en Italie, qui se nomma lui-même roi, n’ayant personne de qui il eût à dépendre,
(2) Sans avoir une certitude absolue, nous croyons pouvoir avancer ici que ce béton de chasse est Théodoric le Louche, fils de Triar. Vivant avec ses Ostrogoths dans le voisinage de Constantinople, il y faisait, suivant son gré, la paix ou la guerre. De concert avec Basiliscus, il continuait le parti d’Aspar, et il leur arriva quelquetois de s'attacher Théodoric l'Amale, lorsque celui-ci était en froid ou en guerre avec Zénon (Cf. A. Thierry, bid., passim).
(3) Léon était mort en 474; avant sa mort, il avait associé à l'empire son petit-fils, Léon II, fils de Zénon et d’Ariane, fille de Léon et de Vérine. Vérine et Ariane engagent le jeune Léon à proclamer empereur son père Zénon : ce
le poursuivra, par amour pour le dragon et à cause de la grande magnificence qui était en toi. Et il voyagera de pays en pays, et sera frappé par les peuples étrangers; et quand il aura été frappé par des peuples étrangers pour son éducation, sur le chemin il soupirera après son créateur avec ses innocents. Et le sceptre du chasseur qui venait de l'animal sauvage s’alliera avec le chien (1), et le dragon, suivi de ses trônes de néant, occupera le lieu du mal et des solennités, et poursuivra le lieu de la sainteté. Et il reprendra le dragon avec sa langue, à propos des justes et des reliques des saints, et il abolira la charge des patriarches (2), et il prendra les saintes églises; et ceux qui habitent dans les crevasses, dans les cavernes et les grottes de la terre, ceux qui errent dans le désert viendront à toi, ville aux sept col-
lines, persécutés qu’ils seront par le dragon (3); et après
qu'il fait; sous le nom de Zénon, c’est en réalité Vérine qui gouverne; elle ne tarde pas à conspirer contre son gendre Zénon en faveur de son frère Basiliscus, 475, qui règne vingt mois. Le dragon (Basiliscus) poursuit l'étranger (Zénon), qui s'enfuit en Isaurie, emportant toutes ses richesses.
(1) Allusion à une alliance probable entre Théodoric le Louche et Théodoric l’Amale,
(2) Basïliscus, une fois empereur, voulut faire de la théologie et imposer sa religion à ses sujets; il fit paraître une cyclique « par laquelle il imposait à tous les évêques d’Orient le rejet du concile de Chalcédoine » (Cf. A.Thierry, op. laud., p. 312). De violentes protestations s’élevèrent, qui, le plus souvent, furent étouffées dans le sang.
(3) Zénon. après le court règne de Basiliscus, voulant calmer les esprits, anathématise Nestorius et Eutychès, et pu-
roy tout cela. ils secoueront sur toi la poussière de leurs pieds, témoignant contre toi; alors la beauté de ta magnificence sera consumée par le feu (1); et un jeune homme s’enfuira sous le prétexte d'emporter avec son sceptre de chasseur le premier sceptre qui s'appelle Salamandar. Ensuite, en ce temps-là, le dragon sera aux abois et prisonnier de ses successeurs; il sera enchaîné par ceux qui se tiennent à gauche, et personne ne lui offrira de refuge, parce qu’il a versé le sang des saints dans les villes et les contrées, et il se réfugiera dans le temple saint, duquel auparavant il s'était emparé, et personne ne l'accueillera, parce que les châtiments célestes seront sur lui (2). Le jeune homme viendra vers Salamandar, et il amènera l'étranger devant le dragon, et le dragon voyant cela s’enfuira devant lui, et Pétranger ne tuera pas le dragon. Il l’éloignera de sa vue (3) et le
Î jeune homme tombera avec une grande chute, et la
blie son hénotique, édit d'union; les divisions ne font qu'’augmenter, et des légions de moines s’arment et viennent pour combattre l’empereur (de Ségur, op. laud., PA091).
(1) Sous le règne de Basiliscus, « le feu prend à la bibliothèque publique et consume cent vingt mille volumes », 477 (de Ségur, op. cit., p. 347).
(2) Zénon, à la tête de ses Isauriens, de concert avec Hlus, marche sur Constantinople. Basiliscus, abandonné des siens, se réfugie dans une église. |
(3) Illus (le jeune homme) s'empare de Basiliscus et l’amène à Zénon. On lui promet de ne pas répandre son sang. Zénon le fait enfermer avec sa famille dans une citerne, où il meurt de faim (de Ségur, op. laud., p. 348).
PRES veuve n'échappera pas, et on lui montrera (au jeune homme) l'étranger et celui qui règnera avec lui; et ils seront obligés au tribut, dans les huttes de celui qui l’a créé, et sur son trône on lui demandera le sang de son père, et l'étranger sera grand pendant un temps assez court. Il y aura surabondance en toi, la ville aux sept collines, et de nombreuses morts d'hommes, qui sont venus ensemble vers toi des villes et des contrées (1).
29. En ce temps-là, dans beaucoup de lieux, des tremblements de terre surviendront (2), et on entendra la voix de beaucoup et on ne croira pas; et ton empire et la magnificence t'ont attristée, parce que tu es orgueil-
(x) Il nous suffira d'indiquer, en passant, les conspirations du patrice Illus avec Vérine contre Zénon, ou avéc Zénon contre Vérine; la disgrâce d’Illus et de Vérine, qui se retrouvent au fond d’un château-fort en Isaurie, à Papyre, se réconcilient et recommencent à conspirer contre Zénon (A. Thierry, op. laud., p. 412, ss.).
(2) A Constantinople, « tremblement de terre qui se prolonge pendant quarante jours », le 24 septembre 480; « tremblement de terre jusqu'au Taurus », le 26 septembre 488 (de Muralt, Chronog. byxzant., I, p. 06, 104). Les lignes qui suivent doivent être l’oraison funèbre de Rome. La cour d'Orient avait assez de peine à s’occuper d’ellemême; Léon n’était plus là pour diriger de sa main puissante les événements d'Italie. Après la mort d’Anthémius, 472, quatre empereurs se succèdent encore sur le trône de Rome : Olybrius, Glycérius, Julius Nepos et Romulus Augustule. Des luttes sanglantes, des sièges atroces à Rome, à Ravenne, à Pavie, à Milan, signalent la fin de l'empire romain, 476. Odoacre détrône Augustule, le relègue à Lucullanum et partage l'Italie entre ses soldats.
= 50 — leuse et hautaine, et ta passion du faste t'a abaissée: mais l’abondance et la beauté seront nombreuses en toi. La fin du temps viendra pour toi, et le sceptre du chasseur qui est né du dragon s'éloignera de toi, et on ira dans les contrées des étrangers, et tes filles s’orneront pour le scandale des jeunes gens, én sorte qu’elles en corrompront plusieurs, et tes grands tomberont; il y aura beaucoup d'angoisse et de trouble. Ensuite un ange qui apporte la mort te frappera avec toutes les villes et tous les pays, et des morts violentes seront envoyées du ciel; tout à coup il s’irritera contre la terre, et la terre tremblera et les temples tomberont, et leurs maisons seront des tombeaux; la mer laissera ses ondes s'élever en bouïillonnant et recouvrir les hommes, et il y en aura quelques-uns qui s’enfuiront et échapperont. Ensuite il y aura un rassemblement des anges, ils paraîtront devant le trône et prieront. Puis toi, Babylone aux sept collines, tu pleureras tes enfants en revêtant le cilice, et en répandant de la cendre sur ta tête, quand tu verras les hommes mourir à cause des péchés et des crimes; les hommes avec les enfants et les femmes avec les nourissons périront, parce que la colère du Seigneur est sur eux. Tes remparts se fendront et tes tabernacles joncheront le sol. Les enfants à la mamelle crieront à Dieu d’une bouche enflammée, et tes prêtres en s’égratignant pleureront tes sceptres, tes grands gémiront, et tes concitoyens seront tout à fait tristes, tes hôtes seront dans l'angoisse, tes grappes de raisin tomberont, tes vignobles seront détruits; la terre s’entr'ouvrira en craquant et
HERO elle vouera les hommes à la mort jusqu'aux nourrissons et aux vieillards. Mais Dieu ne te détruira pas tout à fait, toi la ville aux sept collines, parce que le temps de ton anéantissement n'est pas encore venu; maus il n’enfermera pas les hommes dans l’abime, parce que ton temps n'est pas encore venu. Pour toi sont préparés des tourments, parce que tu as accompli en toi toute injustice, en recevant la terre dans ton sein. Il y aura beaucoup de confusion dans les pensées des hommes, jusqu'à ce que le Seigneur ordonne d'en haut d’anéantir les hommes; mais un décret du Seigneur se montrera, d’où le châtiment surviendra; et ceux qui se sont réfugiés chez toi subiront des tourments. Le peuple qui a espéré en toi et le sceptre du chasseur t'anéantiront (1), et le petit poursuivra l’autre petit en exigeant le sang de ses ancêtres, et il se livrera volontairement aux étrangers, aux chiens et à leurs satellites, et il soulèvera des langues et des peuples, et il commandera à beaucoup de peuples, et les deux chiens se combattront l’un l'autre et s’anéantiront l’un l’autre (2).
30. Malheur, quand la veuve règnera et se déchainera par la ruse contre les étrangers; et l’autre étranger cher-
chera son anéantissement par la ruse; et ces jours-là
(1) Allusion aux luttes qui eurent lieu avant la prise de Rome par Odoacre.
(2) Ces dernières lignes nous paraissent dépeindre les luttes intestines des Barbares, Théodoric le Louche, Théodoric l’Amale, Odoacre, etc.; qui se terminérent momentanément lorsque Théodoric l’Amale fut devenu seul roi
d’ftalie 493.
seront terribles et mauvais. Les enfants des sceptres seront en lutte, en combattant les uns contre les autres, et alors beaucoup de tribulations et de maux, comme il n'en est jamais arrivé, atteindront les hommes; et le prince ne se fiera pas à Salamandar,car il est un étranger, et on recevra de son peuple ce qu’on n’a pas cherché, et Salamandar voudra s'enfuir; il ne le pourra pas, et on l’atteindra, et Plakitas le tuera (1).