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(r) Cf, Matth., VI, 13. j
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EAPOCALYPSEL GRECQUE':DE-DANTEL
C. Tischendorf (1), A. Vassiliev (2) et M. E. Klostermann (3) se sont occupés des différents manuscrits qui contiennent l’Apocalypse grecque apocryphe de Daniel. Ces auteurs ont réuni toutes les indications bibliographiques, mais ont de parti pris négligé les questions historiques soulevées par ces écrits. Leur but était avant tout et seulement de publier un texte sur lequel on pôt travailler avec quelque sécurité.
Nous donnerons une traduction françaisé d’après le texte de M. Klostermann. Avant l'apparition de son livre, nous avions déjà copié nous-même les manuscrits 947 et 2180 à la Bibliothèque Nationale. Nous nous étions proposé de les éditer en appendice à la fin de notre étude; un pareil travail n'aurait actuellement plus aucune raison d'être. Le manuscrit 947 fournit un texte déplorable et témoigne d’une négligence imouie. Le copiste avait sans doute sous les yeux le manuscrit 2180, qu'il gâte en limitant et en l’abrégeant. Le manuscrit 2180 est plus complet et se rapproche du manuscrit de Venise, sauf pour la fin qui en diffère entièrement.
(1) Apocalypses apocryphæ, Leipzig, 1866, XXX- XXXIIT.
(2) Anecdota græco-byzantina, Moscou, FS0 2 EDIT TE 47:
(3) Analecta zur Septuaginta, Hexapla und Patristik, Leipzig, 1895, p. 113 ss.
A. Vassiliev a imprimé trois Apocalypses de Daniel; la première est intitulée : Toù 2v &yiois marpès u@v Twoävvou roù Xpuoostémou Adyoc èx Tv past (sic) 1où AavrhA (p. 33 ss.); la deuxième a pour titre: "Opasis 100 AavinA mept voû Ecydtou AopoË nat mept ts ouvres hsias toù dôvos ; enfin la troisième ressemble par le titre et par le fond au manuscrit 947 de Paris: ‘TH écydrn bpasis Ted Aavrhn.
M. Klostermann s'est servi des quatre manuscrits suivants :
a). Cod. Ven. Marc. gr. clas. IT, 125 chart. s. XV;
b). Cod. Ven. Marc. gr. clas. VII, 38 chart. s. XVI, XVII;
c). Cod. Paris. Bibl. Nat. gr. 047, anni 1574;
d). Cod. Paris. Bibl. Nat. gr. 2180 s. XV.
Il imprime à la suite un petit oracle de Daniel touchant Heptalophos (Constantinople) et quelques iles, Crète entre autres, puis un oracle du prophète Ezéchiel, et enfin une prophétie de Daniel concernant l’île de Chypre. Nous n'avons pas à reproduire ces textes ici; nous devons simplement les signaler et y renvoyer le lecteur (1).
Dans le courant de cette année, M. Klostermann publia une nouvelle recension de l’Apocalypse grecque de Daniel, dans la Zeitschrift für die alttestamentliche Wissenschaft (2), d'après un manuscrit plus complet de la bibliothèque de Vienne, qui n’a été connu de M. Klostermann qu'après son premier travail.
(1) E. Klostermann, op. laud., p. 121-123.
(2) 1895, 15° année, p. 147 ss.
Le texte nouveau présente quelques variantes à signa-
ler, mais qui n’apportent pas de donnée nouvelle pour
l'identification et la compréhension de l’Apocalypse. Le titre mérite d’être cité : « La dernière vision du grand prophète Daniel, laquelle nous a été manifestée par notre bienheureux père Méthodius de Patara ». Le roi que l'on couronne à Sainte-Sophie est nommé Jean, etc. Nous donnerons en notes les différences notables.
Âu point de vue historique, l'Apocalypse grecque de Daniel laisse beaucoup à désirer, comme du reste au point de vue de la composition littéraire. Ce sont encore les Croisades qui ont provoqué sa naissance; le grand Philippe avec ses dix-huit langues (nations) n'est autre que le roi de France Philippe I. Nous savons que la première croisade fut avant tout un mouvement populaire, et que Philippe I n'eut aucun mérite à cette généreuse expédition. Mais les Orientaux en jugeaient tout autrement; ils ne ménagéaient pas les épithètes les plus flatteuses au roi de France. A ce sujet, nous renvoyons le lecteur aux récits d'Anne Comnène : voir dans la Byzantine de Bonn, vol. IT, p. 206. Le personnage sacré roi à Sainte-Sophie et nommé Jean par le manuscrit de Vienne est plus difficile à identifier; peut-être doit-on voir en lui le Jean III Ducas Vatatze de l’histoire 22221255
Un autre personnage, dont l'identification semblerait nécessaire, est la femme abominable qui règne dans Heptalophos et proclame sa divinité. Aucune des impératrices de Constantinople n’a commis un tel crime de
Sous lèse-divinité : Vérine et Ariane, Théodora et Irène ont laissé de tristes souvenirs, mais aucune ne répond au portrait de notre Apocalypse.
On le voit, les renseignements historiques font un peu défaut. Néanmoins cet écrit ne manque pas d'intérêt. Il est curieux d’assister au déclin progressif du sens apocalyptique, qui penche de plus en plus, à un simple produit littéraire tel que le manuscrit 947 de Paris. Quelques allusions historiques, bien pâles en comparaison de nos autres Apocalypses, subsistent encore. Nous admettrons volontiers un rapport de parenté entre l’Apocalypse arménienne et la grecque. Dans la première, le serpent ou dragon, et le jeune homme étaient des personnes réelles, historiques ; dans la seconde, ces expressions ne correspondent plus à une réalité objective : elles font désormais partie du vocabulaire apocalyptique. |
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