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des poisons et se revêt de forêts ténébreuses, impénétrables, qu'habite la terreur, ou se hérisse de montagnes aux sommets arides et inaccessibles ; elle a désormais une zone torride et une zone glaciale ; là, brülé par le soleil; ici, glacé par les frimas, partout désolé par les impétueux tourbillons des vents déchaînés, le globe entier est rempli du bruit des ouragans et de la tempête ». |
Dans la nature bouleversée, il y a désordre, 1l y a inconscience : il n’y a pas de douleur. La douleur est réservée pour l'homme intelligent, sensible et coupable. Sa misère est peinte \ci avec des couleurs qui semblent empruntées aux lamentations de Job, l’homme de douleur, dont la grande mélancolie attriste encore les générations. « Placé au centre de ce désordre universel, son œuvre est tout à la fois son châtiment; plus profondément et plus radicalement désordonné lui-même que le reste de la création, l’hommie se trouve exposé, sans autre secours que celui de la miséricorde divine, à l’impétueux courant de toutes les douleurs physiques et de toutes les angoisses morales. Sa vie fut toute tentation et lutte, son savoir ignorance, sa volonté toute faiblesse, sa chair toute corruption; un regret s’attache à chacun de ses actes, un souvenir amer ou une douleur poignante à chacune de ses joies ; il eut autant de repentances que de désirs, autant d'illusions que d’espérances, autant de désenchantements que d'illusions. Sa mémoire lui servit de bourreau, sa prévoyance de torture; et son imagination put à peine cacher sous quelques Jambeaux de pourpre et d’or sa nudité et sa misère. Epris du bien pour lequel Dieu l’avait mis au monde, il marcha dans la voie du mal qu'il avait librement choisie; tourmenté du besoin de connaître Dieu et de l’adorer. il tomba dans les abîmes insondables de la superstition; condamné au travail, qui pourra dire &es labeurs ? Condamné à travailler avec peine et fatigue, qui pourra compter les gouttes {de sueur tombées de son front? Mettez l’homme aussi haut qu’il est possible, aussi bas que vous voudrez, nulle part il ne sera exempt de cette peine qui nous est venue de notre commun péché. Si l’injure n’atteint pas celui qui est en haut, l'envie saura l’atteindre; si l'envie ne descend pas jusqu’à celui qui est en bas, il la à subir l’injustice et l’injure. Où est la chair qui ne con-