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l'éleva de terre et le fit mourir en croix entre deux voleurs. Alors aussi on vit déborder la coupe des fureurs divines; le soleil retira ses rayons, le voile du temple fit entendre un sinistre déchirement, les rochers se fendirent et toute la terre trembla 1. » 4e
Donoso Cortès termine par cette réflexion : « D’une part, les limites que nous ‘avons voulu nous prescrire, et de l’autre, la grandeur des faits que nous venons de rappeler, nous empêchent de rien ajouter. S'il avait voulu, il aurait pu suivre les destinées du peuple déicide au lendemain de son forfait: prêter l'oreille, comme Isaïe, aux hennissements des chevaux, écouter le pas rythmé des légionnaires de Vespasien et de Titus; raconter la conquête de la Palestine, Jérusalem assiégé, ses remparts détruits, ses enfants égorgés, le temple brûlé, dont il ne reste pas pierre sur pierre: les survivants de cette affreuse guerre emmenés en captivité, mêlés aux esclaves de Rome, condamnés, comme leurs pères en Egypte, aux plus durs travaux, pour construire l’amphithéâtre de Flavin, et l’arc de Titus encore debout au forum désert, qui disent aux passants les crimes des Juifs et le châtiment de la colère divine. Rome en fut l’instrument; et quand elle eut rempli sa mission vengeresse pour faire eXxpier à Israël ses crimes, ce fut son tour d’expier les siens. La coupe était pleine et débordait. Tous les dieux des nations s'étaient donné rendez-vous dans son Panthéon, formant un Sénat digne de celui qui siégeait dans la capitale. Tous les vices avaient suivi ces dieux qui étaient les vices déifiés. A travers les Maisons-Dorées, les palais de marbre et de porphyre, les eaux jaillissantes amenées à grands frais sur des arcs de triomphe, les thermes vastes comme des cités, des villas voluptueuses, où l’esclave versait le falerne dans les coupes d’or des patriciens, en attendant d’être jeté aux lamproies pour égayer leur regard fatigué par l'ivresse; les théàtres où l’impudeur s’affichait toute nue, écoles de libertinage où une grande race, désormais croisée avec toutes les races conquises, achevait de dépenser ses restes de vigueur et d'éteindre les derniers rayons de sa sagesse : au milieu des orgies du jour et de la nuit, des millions de chrétiens exposés dans les arènes aux lions et aux tigres, étendus sur des