‹ Les apologistes espagnols au XIXe siècleChapitre 19 sur 86 · SR = NS · texte numérisé non relu

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Comme résumé et confirmation de tout ce qui précède, Donoso Cortès place en face les deux grandes prévarications de l’ange et du premier homme, semblables à deux pylones qui ornent l’histoire des abus de la liberté dans l’avenir. L’ordre régnait dans la création, œuvre d’harmonie et de paix, résultant du concert des forces distribuées sur toutes les hiérarchies, unité sublime qui contenait dans son sein toutes les variétés que la puissance et l’amour de Dieu avaient jetées en se jouant. Tous les éléments inférieurs restant soumis à leurs lois et gardant la place qui leur était assignée, l’ordre ne pouvait être troublé que par des créatures douées d'intelligence et de volonté, et capables d’user et d’abuser de la liberté de choisir entre le bien et le mal. L’ange dans le ciel, l’homme sur la terre, furent les auteurs de ce double ouirage adressé à Dieu et à son œuvre. « Les créatures angéliques étaient dans cet état de soumission et d’obéissance à la voix de leur Créateur : se contemplant dans la lumière de son visage, se plongeant dans l’océan de ses splendeurs, elles se mouvaient en pleine liberté et tout ensemble dans un ordre parfait, avec un accord dont rien ne troublait l’ineffable harmonie, sous la main du Très-Haut et au commandement de sa parole. Mais voilà que tout à coup le plus beau des anges détourne ses yeux de la face du Seigneur et les porte sur lui-même: ébloui, enivré, il tombe comme en extase et en adoration devant sa propre beauté ».

Cette révolte da l’ange fut le premier désordre, le premier mal et le premier péché. Sur la terre, la révolte de l’homme en fut la continuation. « Rien n'’égale en simplicité sublime le réci' que fait Moïse de cette solennelle tragédie qui eut pour théâtre le paradis terrestre, pour spectateur le Tout- Puissant, pour acteurs, d’un côté le roi et le seigneur des abîmes, de l’autre, les rois et les maîtres de la terre, pour victime le genre humain, et dont la terre troublée dans ses mouvements, les cieux arrêtés dans leur course, les anges émus sur leurs trônes, devaient avec nous, malheureux fils de ces malheureux pères, exilés dans la vallée sans lumière, pleu-

rer jusqu’à la fin des siècles le lamentable dénouement? ». À ces deux prévarications, plus coupables et plus solennelles parce qu’elles étaient les premières et qu’elles s’accomplis-

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