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concevoir, Ce que ne peut exprimer aucune parole, le péché a arraché la plainte au Cœur sacré; il a tiré des larmes des yeux adorables du Fils de Dieu, de l’Agneau qui monta sur la croix chargé des péchés du monde. Ni les cieux, ni la terre, ni les hommes ne l'ont vu sourire; et les hommes et la terre et le ciel l’ont vu pleurer, pleurer parce qu'il avait devant lui le péché. Il pleura sur la tombe de Lazare : dans la mort de son ami, il pleurait la mort de l'âme pécheresse. Il pleura sur Jérusalem : la cause de ses larmes était le péché abominable du peuple déicide. Il fut troublé et saisi de tristesse en entrant dans le jardin des Oliviers; c'était l’horreur du péché qui le mettait dans cet état de souffrance et de trouble. Son front suait le sang: c'était le spectre du péché qui faisait couler de son front cette horrible sueur. Il fut cloué à l’arbre de la croix; ce fut le péché qui le cloua; ce fut le péché qui le mit en Apres: ce fut le péché qui lui donna la mort ».
Voilà les deux grands péchés, le péché de l’ange et le péché de l'homme : voilà les deux grands châtiments, l’enfer au delà, la douleur en deçà; entre ces désolations, la liberté debout, cause de l’un et de l’autre, qui laisse l’homime responsable et Dieu justifié. |
Il ne reste plus, pour épuiser la question, qu’à chercher comment se concilient deux choses en apparence inconciliables, et qui ont coutume de déconcerter certains esprits jusqu’à les scandaliser et les rendre sceptiques : la coexistence de la souveraineté de Dieu et de la liberté, qui semble ne pouvoir s'exercer qu'au détriment des droits de Dieu. La solution est indiquée quaud, en face des prévarications des êtres doués d'intelligence et de volonté, on place les châtiments qui les frappèrent. Mais cette explication est insuffisante, parce que le châtiment n’est pas la voie unique par laquelle le mal est réparé. Rappelons ici la grande loi qui sert de base à la philosophie de Donoso Cortès et que nous retrouvons à chaque page de ses œuvres : l’unité dans la variété et la variété dans l’unité; c’est le plan de la création el la cause de l’harmonie qui y règne. Dieu est l'unité vivante autour de laquelle se déploient, en hiérarchies merveilleusement distribuées, toutes les variétés des choses existantes : les créatures intelligentes et volontaires en font partie. La