‹ Les apologistes espagnols au XIXe siècleChapitre 25 sur 86 · AU EL · texte numérisé non relu

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monde, ni leur coordination dans le plan universel, ni com: ment leurs contrastes se fondent dans l'unité, ni l’origine du mal, ni ses remèdes.

Traitant du libéralisme, Donoso Cortès l’accuse de man-

quer de théologie; d'emblée, 1l porte son étude à une nauteur

qui n’est pas le niveau des publicistes vulgaires, même quand ils ont du talent. À ce propos et sans sortir de son sujet, il disserte magnifiquement sur l'influence de la théologie sur le génie de l’homme et, par une application spéciale sur celui des hommes d'Etat. À son raisonnement il ajoute les témoignages de l’histoire, et il fait défiler une série de ministres qui ont nom Ximénès, Alberoni, Richelieu, etc. Parce qu'il est dans son tempérament de pousser l’idée jusqu’au bout, sans la fausser, en côtoyant le paradoxe sans y tomber, il distingue encore entre théologiens; et ses préférences sont pour les mystiques et les contemplatifs, qui vivent loin du bruit et des affaires, et qui jugent bien parce qu'ils jugent de haut. « Si le genre humain n'était pas irrémissiblement condamné à voir les choses à rebours, il choisirait pour conseillers, entre tous les hommes, les théologiens; entre les théologiens les mystiques, et entre les mystiques ceux qui ont mené la vie la plus retirée du monde et des affaires ». Par la raison contraire, il affecte un profond mépris pour ces hommes qu’on appelle « d’affaires », dont la sagesse affiche un mépris superbe pour toute occupation intellectuelle, surtout pour les contemplations divinés, et qui sont incapables de rien entendre à aucune affaire. À cette classe fort nombreuse appartiennent ceux qu’on nomme les habiles dont tout l’art est de faire des dupes, et qui finissent toujours par tomber dans leurs propres pièges 1». Dans sa correspondance, Donoso Cortès a jugé les hommes d'Etat qui, de son temps, avaient les grands rôles; et il nous a laissé des portraits qui, vus à un demi-siècle de distance, paraissent encore plus vrais parce que les événements ont achevé d’en dessiner les traits. O’Connell, Olano en Espagne, Metternich en Autriche, Lamarti-

ne, Guizot, Thiers en France, soumis à cet anthropomètre, per-

dent beaucoup de leur taille. Montalembert, de Broglie, sont appréciés avec plus de bienveillance, et combattus quand même comme l’école à laquelle ils appartiennent.

En rejetant la théologie, le libéralisme se sépare de Dieu : là

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