‹ Les apologistes espagnols au XIXe siècleChapitre 27 sur 86 · Ibidem, page · texte numérisé non relu

Ibidem, page

temps, comme les fleuves vont à la mer, se perdre dans les écoles tout à la fois athées et socialistes. Quant au libéralisme proprement dit, il lutte pour demeurer immobile sur le haut promontoire qu'il s’est élevé entre deux mers qui montent ei dont les flots finiront par le submerger : le socialisme et le catholicisme ! ». La situation du libéralisme modéré est parfaitement déterminée. Nous assistons depuis cent ans aux efforts désespérés qu'il déploie pour rester en place, écartant d’une main, sous le pseudonyme du cléricalisme, la religion catholique, mère de la civilisation moderne, et de l’autre, le socialisme, dont les aspirations sauvages l’épouvantent. On sait son impuissance : le rocher de Sisyphe roule

perpétuellement du sommet de la montagne au fond de la

vallée pour remonter et tomber plus bas le lendemain. C’est dans ce labeur ingrat, dans cet éternel recommencement que le libéralisme use ses énergies, trompe les nations qui l’écoutent, à travers une série de faillites qui n'ouvrent pas les yeux de ceux qui en sont les dupes.

Séparé de la théologie, avec une philosophie rudimentaire, découpée sur le patron de la pure raison, le libéralisme a des idées du même module. Le grand problème du bien et du mal, ce tourment des esprits supérieurs, qui fait le désespoir de ceux qui l’étudient en dehors de la foi catholique, n’attire pas ses approfondissements. Il n’en cherche pas la source dans les dogmes catholiques, dans la chute originelle. S'il ne professe pas toujours crûment la doctrine de Rousseau sur la bonté originelle de l’homme, c’est vers elle qu'il penche. Il ne demande pas davantage la source du mal au cœur htmain : sa psychologie superficielle ne dépasse pas les phénomènes internes de la conscience et n'arrive pas jusqu'aux causes Il croit au mal cependant; mais le mal consiste dans un mauvais gouvernement; tout est là pour lui. Ce libéralisme bourgeois perd son assurance quand le pouvoir tombe en démocratie pure. La foule l’épouvante : si la foule crie, sur- tout si elle menace, il va vers elle, avec l'espoir d’être son chef en obéissant à ses caprices. Un gouvernement régulier, conforme aux données de la raison, réalise son rêve; un mau-

vais gouvernement, c’est le mal. Il en cherche le remède sans

le trouver, se bornant à des mesures d'ordre, à des expédients

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