Ibidem, pages 321-326, passim
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Il s’agit toujours de l’ordre du monde, du bien et du mal qui s’y rencontrent et qui, à travers des perturbations qu’on pourrait appeler normales, tant elles sont continues, se résolvent dans une vaste harmonie sous l'influence du catholicisme. Ici, la philosophie de Donoso Cortès à base théologique devient de la théologie pure. L’intrépide penseur s’avance dans les ombres sacrées des mystères, soutenu par sa foi de chrétien que rien ne déconcerte, et où il puise l’audace des interprétations rationnelles — non pas rationalistes, — dont il les accompagne. Les solutions libérales et socialistes sont contradictoires ou insuffisantes : il faut chercher ailleurs. Le catholicisme fournit la source du mal et son remède. La source du mal, qui est le mauvais emploi de la liberté humaine, a sa date : C’est le premier péché commis sur la terre et qui s'appelle le péché originel, tant parce qu’il remonte à l’origine de l’humanité que parce qu'il est celui d’où procèdent tous les péchés qui se sont commis et qui se commettront dans la suite des siècles jusqu’à la dernière heure du monde. Nous voici en présence du grand dogme, du terrible dogme, sans lequel rien ne s'explique et qui, lui-même, ne s'explique pas aisément. « Entre tous les mystères dont la connaissance nous est donnée par l’enseignement de la révélation divine, le dogme de la transmission du péché, avec toutes ses conséquences, est un des plus effrayants, des plus incompréhensibles, des plus obscurs. Cette sentence de condamnation portée dans la personne d'Adam centre toutes les générations humaines passées, présentes et futures jusqu’à la consommation des temps, surprend l'intelligence de l’homme; elle ne lui semble pas, au premier abord, s'accorder pleinement avec la justice de Dieu et bien moins encore avec son inépuisable miséricorde 1 ». On connaît les explications naturelles que d'aucuns en fournissent; elles s’appuient sur deux lois de la génération ou de la transmission de la vie, qui elles-mêmes, reposent sur le principe de causalité d’après lequel il y a dans l'effet ce qui est dans la cause, et il n’y a pas dans l'effet ce qui n’est pas dans la cause. Appliqué à la question terrible, ce principe donne les résultats suivants : le péché d'Adam fut suivi de la peine, qui fut la souffrance. Adam à transmis la souffrance à sa postérité. Le péché d'Adam le dépouille de la justice originelle ei de tous les dons surnaturels qui en formaient l’apa-