‹ Les apologistes espagnols au XIXe siècleChapitre 42 sur 86 · Ibidem, pages · texte numérisé non relu

Ibidem, pages

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darité de tout le genre humain dans le péché d’un seul, avec l’imputation et tous les maux qui en furent la conséquence. Le second renferme la solidarité de tout le genre humain dans

les mérites d’un seul qui est l'Homme-Dieu, avec leur réversibi-

lité sur tous. Les deux dogmes, dans une corrélation parfaite, se font contre-poids, et il n’y a pas de raison de repousser l’un si l’on accepte l’autre.

« Le jour d'’éternelle joie et d’éternelle douleur, où le Fils de Dieu fut mis sur une croix, toutes choses rentrèrent à

la fois dans l’ordre, et dans cet ordre divin, la croix s’éleva .

au-dessus de toutes les créatures. Les unes manifestaient la bonté de Dieu, les autres sa miséricorde, les autres sa justice; la croix seule fut le symbole de son amour et le gage de sa grâce. C’est par la croix que les confesseurs ont confessé la foi, c'est par elle que les vierges ont gardé la chasteté, que les Pères du désert ont vécu d'une vie angélique, que les martyrs, ces témoins inébranlables, ont laissé les bourreaux prendre leur vie sans changer de visage. C’est du sacrifice de la croix que procèdent les prodigieuses énergies par la vertu desquelles la faiblesse dompta la force, qui conduisirent au Capitole des hommes désarmés et proscrits, qui firent de quelques pauvres pêcheurs les vainqueurs du monde. C'est par la croix que tous ceux qui friomphent remportent la

victoire; c’est d’elle que tirent leur force tous ceux qui com-

battent; c’est par elle qu'obtiennent miséricorde tous ceux qui la demandent; secours, tous ceux qui sont dans le délaissement: joie, tous ceux qu’accable la tristesse; consolation, tous ceux qui sont dans la douleur et dans les larmes. Depuis que la croix a été élevée sur le calvaire, il n’est pas d'hom-

me qui ne puisse vivre dans le ciel, même avant d'avoir lais-

sé à la terre sa dépouille mortelle; car s’il vit encore ici-bas par la tribulation, il est déjà là-haut par l'espérance t ». L’incarnation du Verbe, Fils de Dieu, est le premier feuillet de la Cristologie; l’immolation de ce Dieu fait homme est le second. Donoso Cortès vient de célébrer la croix devenue

le centre du monde: maïintenant il chante le crucifié étendu

sur ce lit de douleur et de gloire. Prêtre et victime, le Christ offre lé suprême sacrifice, dont les sacrifices de l’histoire ne furent que de pâles symboles. La loi du sang s’accomplit comme une expiation nécessaire mais insuffisante, les tor-

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