‹ Les apologistes espagnols au XIXe siècleChapitre 44 sur 86 · Ilidem, page · texte numérisé non relu

Ilidem, page

ce

exemplaire universel, dans lequel elle se retrouverait avec ses douleurs, et vers lequel elle tendît par les aspirations nobles de sa nature déchue. Aïnsi s'explique la hauteur prodigieuse où s’est élevé le niveau des vertus humaines depuis l’avènement du Christ. Les sociétés qui sont par delà la croix eurent leurs héros; la grande société catholique a seule enfanté des saints. Des héros et des saints! quelle distance les sépare! Le parallèle que Donoso Cortès établit entre eux est à lire. La déduction ne s'arrête pas Ià : la distance qui sépare les héros des saints existe entre les peuples infidèles ainsi que les peuples catholiques: l’histoire en est témoin, et | à l'heure qu'il est, les races infidèles et les races baptios sées sont en présence : qu’on compare et qu'on prononce. Toute l'influence du divin idéal attaché à la croix a pénétré, à travers les facultés des individus, dans les institutions politiques et sociales, jusqu'aux couches les plus profondes. Autre trait du divin Crucifié : il est le centre vivant où se rencontrent toutes les extrémités des choses, avec les contrastes les plus saisissants. Un idéal de perfection est un centre où toutes les perfections s'unissent : les composants sont homogènes. Ici, les composants se repoussent, mais ils sont contenus dans l'unité : c’est ce qui fait la sublime originalité de la personne en qui ils se rencontrent; et il le fallait, puisque cette personne est le résumé de toutes les natures. « Il est le point central où se joignent, pour se concilier au sein d’une synthèse supérieure, toutes les thèses et toutes : les antithèses avec leur perpétuelle contradiction et leur à infinie variété; il est le plus pauvre et le plus opulent, le serviteur et le roi, l’esclave et le maître: il est nu et il a des vêtements resplendissants; 1l obéit aux hommes et il commande aux astres; il n’a ni pain pour apaiser sa faim, ni eau pour étancher sa soif; et à sa voix les eaux jaillissent des rochers pour désaltérer le peuple, les pains se multiplient pour le rassasier ; les hommes l’outragent et les séraphins l’adorent; il est au même instant tout obéissant et tout-puissant; il meurt parce qu'il lui est ordonné de mourir et, à son ordre, le voile . du temple se déchire, les tombeaux s'ouvrent, les morts. ressuscitent, le bon larron se convertit, la nature entière se | trouble et, comme une femme frappée de terreur, tombe en "A a . défaillance, le soleil retire ses rayons et se couvre d’un voile | de ténèbres, etc. 1 ».

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