‹ Les apologistes espagnols au XIXe siècleChapitre 45 sur 86 · Ibidem, pages · texte numérisé non relu

Ibidem, pages

4 . : FA ‘ y 2 É sé CARE AC i ” Le < F EI De yà RE PUR ANS UE er ÿ5 1; EL RChe Port. LCA EN" Lee ARS T ENT PR CANTS \ é NÉE STE À SEEN ENT APR EN LAN ON ES CS EE PA OR ESS) eg ES Re AE Met SRE TA ais pes

Tous ces contrastes ramassés dans une seule personne divine et humaine font croire que les arts plastiques ne sauraient rendre dans un même cadre cette ineffable physionomie : 1l faut la décomposer, la prendre par partie, et, par une succession de tableaux, exprimer ce que le pinceau ou le ciseau peuvent en traduire. C’est par cette méthode que les maïtres ont enrichi les galeries. que les peuples conservent avec jalousie. Le Christ naissant, le Christ enfant, le Christ docteur, lo Christ prophète, le Christ thaumaturge, le Christ en sommeil, le Christ en oraison, le Christ au temple, le Christ au désert ou sur les lacs, toutes ces situations de l’Homme-

Dieu ont provoqué des études d’esthètes et guidé leur main

inspirée. Mais le Christ, synthèse de toutes les thèses et de toutes les antithèses, n'existe pas. Le Christ à la colonne et le Christ de la Sixtine dans le jugement dernier de Michel-Ange, le Christ de la Transfiguration de Raphaël, le Christ du spasimo, du même, le Christ au roseau, de Guido René, le Christ

de Rubens, le Christ de Jouvenet et tous les Christs français,

espagnols, flamands, des temps modernes, expriment chacun

une idée particulière, qui est un trait du Christ : aucun n’est

le Christ tout entier. La parole, qui est l’art des arts, plus puissante que la plastique, peut, par une analyse savante, détailler et dessiner le Christ, synthèse de toutes les thèses et de toutes les antithèses, résumé de tous les contrastes; et, quand le tableau est achevé, l'écrivain sent qu'il n’est pas fini ; il laisse retomber sa plume, et al adore à genoux le divin idéal qui a découragé son génie et qu’il ne peut pas rendre.

Tous les contrastes réunis et comme réconciliés en la personne de Jésus-Christ furent d’abord un scandale pour les Juifs et parurent une folie aux Gentils. Mais le mystère s’éclaircira, et la synthèse sublime et terrible descendant de la croix tombera sur le monde pour en réconcilier toutes les antithèses : ce sera le fruit de la rédemption. Car le monde était plein d’antithèses qui se regardaient d’un regard ;aloux, qui luttaient d'une lutte éternelle dans des chocs pleins de sang;

il y avait des riches et des pauvres, des chefs d'Etat et des

sujets, des hommes libres et des esclaves. Aucune intervention purement humaine ne pouvait calmer la tempête des siècles, et établir la paix entre des antagonismes si aigus. Ce fut l’œuvre du divin Crucifié. « Sa venue fut le signal de la réconciliation universelle de toutes choses et de la paix uni-

Page 1