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favorise le déploiement des facultés et arrive aisément à l'effet: pour lui il n’obéit pas à cet attrait, qui en séduit tant d’autres en provoquant la fantaisie. Si en littérature il a de l'imagination, contenue par le bon goût, comme penseur il en est dépourvu; il évite sans effort l’idéalisme et l'utopie, il est positif, il se plaît sur le terrain ferme de la doctrine et ne caresse Jamais les systèmes. C’est pourquoi il demeure un guide très sûr.
. Par son tempérament intellectuel l’évêque d'Angers fut professeur jusqu’au bout. Dans notre pensée cette note n’a rien d'amoindrissant, car elle suppose les éminentes qualités déjà énumérées. Par tempérament d'âme il était soldat. Il était fils de l’Alsace, cette frontière fameuse qui a vu passer, depuis les plus lointaines dates de l’histoire, les armées des nations ; qui a assisté à tant de batailles, témoin de toutes les vicloires et de toutes les défaites; qui a été la conquête et comme le gage de gloire de toutes les ambitions, changeant de nationalité au gré des événements, et gardant sa foi et sa vaillance que nul n’a pu encore lui ravir. Il avait puisé dans sa race cette combattivité qui est demeurée le caractère dominant de sa vie. Sa famille avait donné des soldats à la France; il servit cette même patrie par la parole, par la plume et par l’action. En 1870 il harangua ses séminaristes d'Angers et les poussa à l'ennemi comme brancardiers, en leur montrant du doigt le Rhin déjà franchi, et la Champagne couverte par les flots de l'invasion allemande. Il aurait souhaité se mettre à leur tête
pour les conduire au feu ; au moyen âge on l’aurait vu dans les
rangs à côté des plus intrépides capitaines. Les temps étaient changés : ïl ne pouvait pas suivre son humeur belliqueuse'; mais 1l fit son devoir en écrivant à Guillaume de Prusse, victorieux à Versailles, une lettre où il plaidait la cause de la France et celle de son Alsace bien-aimée, menacée d’être séparée par la conquête de la imère-patrie. Il ne put pas conjurer ce malheur; mais sa démarche sans effet ne resta pas sans gloire pour sa mémoire. Du soldat il avait la rondeur, même le sans-facon ‘un peu négligé et sans apprêt, que les dilettantes ne goûtaient pas et qui allait aux hommes du métier : il 'en avait surtout la décision et la fermeté. Peu enclin aux ménagements, il ne cultivait guère les nuances; assez maître de lui pour négocier et au besoin pour transiger, il préférait se battre que de faire de la diplomatie. Il était bien
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trempé pour être le soldat de l'Eglise à l’époque où il vécut. Vaillant comme une épée, il fut sans peur en face de l’opinion soulevée, de la presse hostile, des sectes menaçantes et de l'Etat persécuteur. Fixé sur les principes, possédant les questions, observateur, collectionneur de faits, dénonciateur des fausses tendances, devinant les symptômes, riche en munitions de guerre, il signalait les périls et montait à l’assaut en sonnant de la trompette.
Dans l’histoire ecclésiastique française de la seconde moitié du XIXe siècle, Freppel restera entre Dupanloup et le cardinal Pie, sans ressembler entièrement ni à l’un ni à l’autre. Il l'emportait sur Dupanloup par sa carrure d’esprit, par quelque chose de plus positif et de plus lesté dans les facultés, une plus vaste érudition, une science des principes plus développée «en philosophie, en théologie, en patrologie. Mais ces bagages, sans empêcher ses mouvements, les rendaient moins rapides. Il n’eut pas au même degré les dons agiles de son collègue d'Orléans pour la guerre die plume, sa prestesse, sa’ légèreté de traits, sa fécondité inépuisable, ses répliques soudaines qui, dans les vingt-quatre heures, allaient à Paris réfuter un sophisme, ou dénoncer à l’opinion publique tel projet de loi élaboré dans les bureaux, ou déjà déposé au Par lement. Ses brochures étaient des traités; celles de Dupanloup, beaucoup moins riches de doctrine, ressemblaient, avec leurs nombreux alinéas, leurs phrases détachées, à des flèches barbelées qui sifflaient dans l'air, avec les mots de la fin, qui résumaient les débats et s’imprimaient dans l’esprit du lecteur. Il n'eut pas davantage sa souplesse, le don de varier ses attitudes dans le combat, comme un! général qui change ses positions ; il était tout d’une pièce, un vrai rempart qui demeure inébranlable à la même place. Chez Dupanloup, il y avait plusieurs hommes; chez Freppel, il n’y en avait qu'un; ceci était peut-être une supériorité. Tous les deux ardents patriotes par leurs sentiments, dans l'allure générale l’un semblait plus Français, l’autre était un peu Allemand.
Freppel se distinguait du cardinal Pie par certains côtés. Il s’en rapprochait par le goût de la doctrine, qui lui faisait baser solidement ses thèses, et par son exactitude dans les formules qu’'iliemplovait. Mais dans ses œuvres on ne trouve sur aucune question un travail monumental comparable aux synodales de l’évêque de Poitiers, qui lui ont justement valu le
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d no nl ul pou de li ie d’où il deman- | dait quelquefois, en regardant de haut, ce qui se passait à ses ieds. Freppe! combattit sur la terre, dans la mêlée humaine, aü milien des journaux, des parlements, des congrès. Il a la fougue de lutteurs aux prises avec des personnalités vivantes tit et agissantes, non pas uniquement avec des idées pures. Ses bi mouvements soulèvent des poussières qui retombent sur son jee armure sans en ternir l'éclat, et lui donnent l'allure qot Fo À
À dat sur le champ de bataille. ;
Il ne remporta pas beaucoup de victoires sur les sectaires maîtres de la situation; il ne compta même guère que des
à défaites. Du moins il sauva les principes qui sont la semence
de l'avenir, et l'honneur de l'Église de France.