LE P. DE RAVIGNAN
Lo
Il ne faut pas chercher un homme dans son portrait où 12000 n’y est pas du tout, ou il n'y est qu'à moitié. Cet axiome, que le visage est le miroir de l'âme, admet de nombreuses exceptions. [l est plus sûr de juger un homme par ses œuvres. Cependant, quand on le connaît on peut saisir sur son portrait “ supposé vrai comme des reflets de sa nature intime. C’est le cas du P. de Ravignan. L'illustre jésuite est assis, drapé dans son manteau noir, ses mains blanches et amaigries croi- … sées sur ses genoux, le bras droit appuyé sur une table à L côté de deux volumes superposés avec ces titres : Exercices ; de saint Ignace de Loyola. — Institut. La tête est belle, le
ï front large et éclairé; la physionomie porte la trace d’un
; ascétisme austère; la surface froide couvre une flamme in
. | térieure, qui brille dans le regard, avec une force tranquille, Le
04 domptée, sans fougue, faite pour la résistance plutôt que pour
à l'attaque. C'est le P. de Ravignan tel qu'il fut dans sa vie.
; : Ë Fe
x ns x ‘ k $ %
C'est une des personnalités les plus marquantes du monde
à ecclésiastique dans le XIXe siècle; mais on ne doit pas espé-
k. rer le trouver uniquement dans ses conférences à Notre-Dame : es. il n'y est pas tout entier. Ces conférences sont peut-être le
centre et comme le pivot de sa gloire; elles n’en mesurent pas le rayonnement. Beaucoup d’autres éléments entrent dans la composition de son influence et l’expliquent. Il est gentlhomme, avec toute la distinction que donne la naissance : « Voilà le plus parfait gentilhomme que j'aie jamais vu », disait un seigneur protestant anglais. Il embrassa d’abord la carrière des armes: et déjà brillant officier de cavalerie, il | laissa l'épée pour la toge de magistrat, qu'il porta avec hon- eo