‹ Les apologistes espagnols au XIXe siècleChapitre 70 sur 86 · Loco citato · texte numérisé non relu

Loco citato

Le pe

écrite, comme il y a l’éloquence parlée : il en est lui-même la preuve : les qualités de l'orateur se reflètent dans l'écrivain. S'1l ne dépasse guère les tons du style tempéré, s’il ne laisse pas toujours sur son œuvre un cachet de personnalité, il est de la bonne école. Avec plus de couleur que les purs classiques, 1l évite les extravagances romantiques; chez lui le goût, la clarté, l’élégance, la convenance, l'harmonie ne font jamais défaut. Ici non plus il n’a pas sacrifié au « modernisme »;ilne court pas après le mot échevelé; il a horreur du néologisme, si recherché de certains dilettantes de la chaire: il ne l’emprunte ni aux Journaux, ni aux romans, ni à l’argot de !a rue. Il s’est formé de nos jours une école dite école des « impressionnistes », qui ne visent qu'à produire des sensations, en peinture, en musique, en littérature. C’est une nouveauté et une décadence. L’art sérieux n'emploie pas ces procédés, qui donnent une vogue d’un jour, non pas la solide gloire. Pour ne parler que de l’éloquence de la chaire, le grand siècle, notre éternel modèle, n’a pas connu l’école des impression: nistes. Bossuet, le plus saisissant, le plus pittoresque, le plus hardi de tous, ne cherche pas le mot à effet; il le trouve sans le chercher, il ‘le jette simplement, et sa période si solennelle ne s'achève jamais par un feu d'artifice. Le genre a prévalu de nos jours chez les écrivains et chez les orateurs, jaloux d'exciter les nerfs du public et d'enlever ses applaudissements : les meilleurs font comme les autres, tant il est difficile d’échap:per à l'influence du milieu. Le P. Monsabré a su s’en préserver; on ne peut guère relever chez lui que quelques formules scientifiques très clairsemées, qui ne sont pas un ornement du style, et qui échappent à l’orateur, à force de les entendre répéter, pour se mettre en plus parfaite communication avec son auditoire. Après cela, il avait le droit de donner des leçons du vrai genre de la chaire, et de les accompagner de piquantes épigrammes à l’adresse des madernistes à la mode.

Le P. Monsabré n’est pas tout entier dans les conférences des Carmes. où il fit sa « préparation évangélique », ni dans celles de Notre-Dame, qui sont sa « démonstration évangélique »; là est l’apologiste dogmatiseur que nous venons d’étudier. Il y a encore le Monsabré des retraites, qui se révèle

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