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sous un autre aspect. Dans la grande exposition doctrinale, dans la lutte contre les erreurs contraires, il v à chez l’orateur des facultés qui ne sont pas mises en œuvre: entre les grandes lignes les nuances s’effacent; un discours plus familier permet de les utiliser. Dans ses retraites, le P. Monsabré est motaliste et moraliste chrétien : il a toutes les qualités du genre. I} avait fait ses preuves comme écrivain ascétique dans Or et Alliage, et dans ses Méditations sur les mystères du Rosaire; prédicateur, il continue à mériter sa réputation. Toujours surnaturel, le texte sacré est sa prémisse invariable ; c'est de là qu'il déduit son enseignement, rompant ainsi avec cette morale à moitié laïque, qui procède par axiomes de bon sens et par tableaux, et qu’un ministre protestant pourrait prêcher aussi bien qu’un prêtre catholique. Il donne au texte sacré d’admirables développements : telle paraphrase, qui charme et émeut, est d’un lyrisme qu'on rencontre rarement dans ses conférences apologétiques. Il découpe un point de doctrine en maître, et arrive jusqu'aux dernières fibres. Doué d’un rare flair pour l'observation, 1l est un remarquable psychologue; c’est aujourd’hui la mode de poser en psychologue : les romanciers surtout aiment à prendre ce titre ; on sait qu'ils le gagnent en décrivant des costumes, des nez et des paysages. Les vrais psychologues, ceux qui n’ont pas été surpassés, ce sont nos ascétiques : le P. Monsabré continue cette glorieuse tradition. Il esquisse cà et là des portraits, qu'il ne pousse pas pour ne pas troubler le recueillement de son auditoire pendant la semaine sainte; ils suffisent pour prouver sa compétence dans l'espèce. Selon les règles de la parénèse, après avoir instruit, ilexhorte, avec des accents apostoliques quiremuent et disposent à la conversion. Les examens de conscience dont il accompagne les applications pratiques de la doctrine ne sentent pas le relâchement; il ne berce pas les âmes, il les secoue parce qu'il les aime. C’est le moraliste qu'il faut aux chrétiens de Paris et à ceux de la province aussi. Il y a peut-être quelques lointaines analogies entre Frayssinous et l'apologiste de Notre-Dame; le prédicateur des retraites tient de Bourdaloue et de Massillon; du premier, il a la gravité de l'exposition et le courage des applications; du second, il à l'amplification presque fluide où cependant l’idée ne se noie pas. Il valait la peine de mettre en relief ce côté du talent du P. Monsabré dont on parle moins. Evidemment la conférence
un | peu : plus j on excella en morale. On un choisir entre des. eux. ne Rue HU | On a comparé La Somme de saint Thon aux pyramides | d’ Egypte, symboles de la solidité immortelle ; plus souvent aux cathédrales gothiques, poèmes de pierre, images fidèles des synthèses théologiques de l'Ange de l’école. Le P. Monsabré Un composé Sa Somme en chaire. En la parcourant, je pense EX, une basilique romane, aux piles massives et robustes, aux. arcs surbaissés, éclairée d’une lumière douce plutôt qu ’éblouissante, dans laquelle le moine orateur, enveloppé dans sa bure, mire sur la table de l’autel ses austères conférences dogmatiques, qe 1l jette au vent duisiécie sir;
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LE P. FÉLIX o du .
De tous les conférenciers de Notre-Dame, le P. Félix est celui qui a occupé le plus longtemps cette chaire illustre : a son apostolat va de 1856 à 1874. Il ne succéda pas immédia. tément au P. de Ravignan : un autre l'avait précédé. Dans la grande salle du conseil, au palais de Venise, on voit dans une série de médaillons distribués sur la frise le portrait de
tous les doges qui ont gouverné la république; un de ces - médaillons est vide. Le visiteur qui sait l’histoire y écrit le 5
nom du traître. Avec le P. Félix, l'honneur sacerdotal ren. trait sous les voûtes de l'antique basilique, et restituait à la parole sacrée une force qu’elle avait perdue la veille. Il reçut sa mission de Mgr Sibour, l’infortuné pontife qui tombait sous le poignard d’un parricide le 3 janvier 1857, dans l’église de Saint-Etienne du Mont, auquel l’orateur rendit un hommage ému, en ouvrant les conférences du carême de cette même année. | :
nn œuvre totale de l’orateur apologiste est une dans un seul mot : * Progrès; c'est ce mot qu'il développe pendant dix-huit ans sans défaillance, évitant avec bonheur les répétitions et la monotonie qui semblaient inévitables. Le mot était bien choisi : c'était et c’est encore celui du siècle ; 1l provoque l'attention, il concilie la sympathie de l'opinion à celui qui l'emploie. et écarte certains préjugés avant toute discussion.
Il donne d’ailleurs, à l’enseignement chrétien, je ne sais quelle modernité, qu'on n’est pas accoutumé à chercher dans la chaire. Du reste, no otre Apologiste prend le progrès tel qu "il est | compris dans la littérature contemporaine, sans trop l'appro-
tra
fondir. Il ne s’attarde pas à considérer si c’est là une loi de l'histoire. comme le répètent à l’envi les maîtres à la mode : la chose est très controversable, et ceux qui le nient na sont pas fort loin de la vérité. Pour lui, la question ne se posait pas; apôtre d’un siècle ensorcelé par l’idée de progrès, il ne lui dispute pas son idole; il lui fait de larges concessions, il admet la légitimité du progrès matériel, le seul dont ses contemporains sont épris, en formulant ses réserves qui établissent l'équilibre de la doctrine, et lui permettent de traiter avec sagesse un sujet épineux. En somme, le progrès n’est pas pour lui un axiome, mais un simple postulat.
L'œuvre du P. Félix a un certain air de synthèse, qui suppose un esprit assez vigoureux pour ramener un grand nombre de questions à l’unité. C’est une synthèse, en ce sens que le christianisme y est recensé presque intégralement, à l’aide de flexions assez ingénieuses; ce n’est pas une synthèse, si par là on entend un système où les parties se déduisent les unes des autres. Le progrès est plutôt le clou où notre apologiste a suspendu pièce à pièce tout ce qu’il avait à dire à ceux dont il combattait les erreurs, prenant pour base les enseignements du christianisme en matière de dogme et de morale.
Dès le début, il combat une erreur générale, qui est au fond de toutes les erreurs modernes : c’est le séparatisme, qui s'appelle de différents noms, et qui consiste dans l'écart de l’activité humaine, échappée de son orbite naturelle, qui est Dieu et la religion qu’il a fondée. Le fil dont parle de Maistre nous relie au trône de Dieu comme à notre centre, autour duquel nous tournons sans que notre liberté soit gênée ; c'est ce fil que l’orgueil de l’homme moderne a voulu briser dans un accès de fièvre. De là, deux progrès parallèles : le progrès humain, purement matériel, et le progrès religieux et moräl. Il est dans l’ordre que ces deux progrès marchent de front, et que le second serve de correctif au premier, comme l'âme dirige les mouvements du corps. Or ce bel ordre, qui harmonise toutes les forces, a été rompu dans toutes les branches où l’activité humaine s’exerce, dans les sciences,
dans l’industrie, en politique, en sociologie. Cette apostasie
se dissimulait sous diverses formules; le progrès, entendu
dans un certain sens, était la plus retentissante. Ni le mot ni la chose n'étaient très neufs; venus d'Allemagne, ils avaient rencontré dans certaines écoles philosophiques un écho qui les rendit bientôt populaires. Quand la presse les eut vulgarisés, ils s’emparèrent de l'opinion. Ils n'avaient pas été combattus de face et à fond dans la chaire chrétienne : il était temps qu’une voix éloquente s’élevât pour dissiper ces équivoques et dicter des conditions au progrès.
Notre Apologiste reste d’abord dans les lignes générales de son sujet, en dessinant l'idéal que les peuples chrétiens doivent poursuivre pour que le progrès ait un sens fégitime, élevé et fécond en bons résultats. Cet idéal c’est Jésus-Christ, chef de l'humanité qu'il est venu racheter : crescamus in allo per omnia, qui est caput Christus. L’humanité est une église, c’est-à-dire un organisme dans lequel la tête donne aux membres leur développement normal, dans tous les sens. Ce progrès par le christianisme a un point de départ et un point d'arrivée. Le point de départ, c'est le Christ créateur et rédempteur; le point d'arrivée, c’est l’éternelle félicité dans la vie d’au-delà. C’est sous ce grand arc déployé sur sa tête que marche l’humanité, en se rapprochant toujours davantage de l'idéal divin sans jamais s’en écarter, sous peine de fausser ses destinées. |
La doctrine est belle; elle domine tous les petits systèmes qui pullulent autour d’elle, mesquins quand même, malgré le talent de leurs auteurs, et le bruit des foules qui les applaudissent. Tandis que le savant remue ses formules et ses cornues, que l'artiste combine ses lignes et prépare ses effets, que le sociologue creuse les problèmes politiques et économiques, que l'industriel met ses machines en mouvement et inonde le monde de ses produits, que tous ensemble ils célèbrent sur un ton lyrique le progrès qu'ils réalisent, la doctrine se déploie sur leur labeur, et montre à tous le but qu'il faut poursuivre et les moyens de l’atteindre. Que tous
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ces progrès sont chétifs, mis en parallèle avec le progrès religieux et moral, qui donne des ailes à l'humanité et l’emporte dans cet infini qui la tourmente et qu’elle cherche là où il n’est pas. Notre Apologiste ne se tient pas longtemps sur ces hauteurs, où cependant il respire à l’aise: il se hâte vers les faits concrets et l'analyse : c’est sa pente.
Mais il s'efforce de placer son auditoire devant les horizons larges et profonds de la doctrine, tout en exposant les faits contemporains, quelques-uns assez vulgaires. Il s’adresse aux physiciens et aux chimistes, aux artistes, aux hommes de gouvernement et aux usiniers; mais c’est toujours en homme de l’idée, qui éclaire tout et trace les lignes à suivre ; c'estce qui empêche que ses discours ne soient trop techniques et terre à terre. « Messieurs, je vous en prie, élevez-vous avec moi au-dessus des préoccupations actuelles, et étendez le regard de votre pensée, par delà les étroits horizons où s’agitent autour de vous les ambitions aveugles et les intérêts égoïstes; plaçonsnous haut afin de regarder loin. De ce point de vue élevé, digne du sujet et de vous, nous allons découvrir, au sein même de notre prospérité matérielle, les signes des catastrophes. » La théologie est une philosophie supérieure; or, il y a de la philosophie à extraire de partout, même des cornues des laboratoires, de la fumée des usines et des extravagances de la vie mondaine.
Mais chez notre Apologiste, le philosophe est surtout apôtre. Après avoir démontré l'alliance nécessaire du progrès religieux et moral avec le progrès matériel, il dénonce les périls du séparatisme et alors ses accents deviennent solennels. Au milieu des triomphes des inventions industrielles, qui arrachaient chaque jour des cris d’admiration au pays fasciné, il annonce les catastrophes qui sortiront de cet outillage perfectionné, si la morale ne lui sert pas de frein. Malgré la logique des idées qui y mène fatalement, il ne croyait pas être si bon prophète des événements prochains. Mais la guerre de 1870 entre la France et la Prusse, la Commune de Paris, qui en fut le sinistre épisode, les grèves qui ont saccagé les ateliers, ruiné les patrons et les ouvriers, et ensanglanté nos
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ville S, fhtèht a preuve qu’ en 1857 l'orateur de Notre- Dar
avait raison.
Peutêtre força-t-il un peu la note — le métier de prophète D expose — quand en énumérant les périls du développement du progrès matériel séparé de la moraie, il avance qu'infailli- blement il étouffera la liberté humaine, parce qu'il crée des forces dont l’homme ne sera plus maître. Cette pensée est contestable à première vue: car si l’homme est capable de créer une force, il est capable de la dompter ; ou bien il faut dire qu il devient l'esclave de son œuvre. À ce compte, l'homme qui monte à cheval perd sa liberté, parce que le
Cheval est plus fort que lui, et qu'il peut prendre le mors : se
aux denis. Mais qu'il s'agisse d'un cheval vivant ou d’un cheval de vapeur, on sait par expérience qu'ils restent l’un et l’autre sous sa dépendance. Présentée autrement, l’idée peut se justifier. Donoso Cortès, dans son célèbre discours sur la dictature, voit dans l'avenir toutes les forces indus-
trielles modernes ramassées dans la main d’un seul homme,
et mises au service de son ambition pour réduire en servitude les masses abruties par les jouissances et grisées par leurs
victoires sur la matière. [ei la liberté périt sous l’action d’une
force libre, qui oppose l'intelligence à l'intelligence, et devient irrésistible dans certaines conditions. On voit la différence des deux espèces. Notre Apologiste touche en passant à cette
considération, mais non pas avec la même clarté.
Après ces préliminaires, il distribue sa matière dans un vaste plan, dont il ne s’écartera pas jusqu’à la fin de sa prédication. Il étudie successivement les obstacles au progrès, qu'il trouve dans la triple concupiscence qui fermente dans les entrailles
de l'humanité, et dont il indique quelques manifestations
dans les mœurs contemporaines. Il étudie ensuite les principes générateurs du progrès : ce sont d’abord les vertus chré-
. tiennes, qui s'élèvent jusqu’à la sainteté, telles que lhumi-
lité, la mortification, la pureté, l'amour dé Jésus-Christ et là guerre faite à l’égoïsme. D'autres principes du progrès,
qu’on pourrait appeler extrinsèques, sont contenus dans l’autorité chrétienne, dont Jésus-Christ demeure la source et le modèle, et dans la liberté, l'égalité et la fraternité, prises dans le sens chrétien et éminemment social, non pas comme la Révolution les entend. La famille chrétienne, belle résultante des doctrines exposées plus haut, est un facteur principal du progrès. Notre Apologiste analyse cette institution de droit divin, dont Jésus-Christ a restauré la gloire en lui donnant, avec un symbolisme plus distingué, des lois qui en défendent la sainteté et en garantissent la solidité : le mariage, la pater-
nité, la maternité, l'éducation, avec les caractères dont elle
doit être revêtue, sont le sujet de plusieurs séries de confé rences. Tout ceci est plutôt d'ordre pratique.
Mais l’ordre intellectuel ou spéculatif exerce sur les choses humaines une influence trop décisive pour qu’on puisse le négliger à propos du progrès. Ici, la raison et la foi sont en présence. Notre Apologiste, en laissant à chacune ses droits, en préconise l'harmonie nécessaire. Car la raison séparée de la foi, malgré son énergie native, aujourd’hui affaiblie par le péché, court vers une décadence fatale et devient le jouet de toutes les erreurs. Le progrès intellectuel est à cette condition. Entre la foi et la raison il n’y à pas d’antilogie essentielle : le dogme immuable s'accorde très bien avec le mouvement du progrès. La doctrine catholique, par la sublimité des relations dont elle est la somme, projette sur l’intelligence humaine, des rayons qui complètent ses lumières et la préservent des écarts. L'histoire de la philosophie rationaliste, vieille de deux siècles bientôt, étale sous la pourpre du talent, ses pauvretés et ses difformités renouvelées des païens, et confirme la thèse de l’orateur chrétien. Le mystère lui-même malgré ses profondeurs terribles et ses ombres impénétrables, se concilie avec la science, qui baigne dans l’évidence et vit de démonstration. Car le mystère est partout. Les grands mystères de la foi, la création, la Trinité, le péché originel, l’incarnation du Verbe sont passés en revue, rapprochés des systèmes modernes, en particulier la création d’après la Genèse, ce thème inépuisable sur lequel géolo-
gues,. astronomes, naturalistes, biologistes se sont abattus comme des oiseaux de proie, Sans pouvoir entamer Moïse, qui semble défier leurs interprétations et braver leurs attaques; véritable sphinx, qui ne dévore que la vanité des savants rationalistes, et ne boit que l’encre employée à rédiser leurs négations insolentes.
En 1864, Renan, déjà tristement célèbre, mit le comble à
sa gloire en publiant La Vie de Jésus. L’Apologétique se
hâta de tourner vers l'ennemi ses moyens de défense, qui ne restèrent pas sans succès. L’orateur de Notre-Dame fit écho à tous les écrivains catholiques en réfutant « la nouvelle critique », au nom de la science et du christianisme, et en dé:montrant la divinité de Jésus-Christ par les preuves que l’on sait. L'étude des négations modernes occupe une large place dans son œuvre totale. Il en parcourt toutes les formes : le panthéisme, l’athéisme, le naturalisme, le positivisme, le scepticisme qui, partant de points différents, aboutissent tous à la même terminaison : la négation du surnaturel. La méthode de notre Apologiste, habile autant que logique, consiste à opposer ces systèmes à la science comme au christianisme, et à montrer qu'ils sont aussi contraires à l’un qu'à l’autre. Devant un auditoire mêlé, où les incroyants coudoyaient les hommes de foi, la ruine de la science pouvait préparer les esprits à regretter celle du christianisme. C'était d’ailleurs, un argument ad hominem d'une grande valeur.
Notre Apologiste devait épuiser la matière. Dans ce grand conflit entre la science et la foi, après avoir parcouru les sciences philosophiques, naturelles, historiques, il arrive à la science économique, une nouvelle venue, qui fait grand bruit dans le monde moderne, parce que l’argent sonne plus que les idées; mais il y a des idées jusque dans l'argent, et ces idées sont fausses. L'économie antichrétienne est une variété du séparatisme; et parce qu’elle est d'ordre plus immédiatement pratique que les spéculations métaphysiques — quoiqu’elle ne reste pas étrangère aux spéculations d’un autre genre — ses effets sont plus frappants. Ces effets, qui sont des désastres, sont analysés sur l'individu, la famille, le pauvre,
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l’ouvrier. Toutes les plaies de notre époque, dissimulées sous une prospérité souvent menteuse et sous le vernis d’une eivi:lisation raffinée, sont mises à nu; les causes en sont indiquées avec courage : elles se résument dans l’antichristianisme ; les remèdes sont dans l’esprit contraire et dans le renoncement
principalement. Austère leçon, qui s’adresse aux riches comme
aux pauvres, et peut rétablir l’équilibre entre les classes divisées. Quand le P. Félix déscendit de la chaire de Notre- Dame, il continua ses prédications à Paris et en province; et il aborda de front la redoutable question du socialisme, qui depuis 1848 était resté menaçant. Le péril n’est pas conjuré. * * %
Si maintenant nous cherchons à classer notre Apologiste avec sa caractéristique, en prenant pour base la note dominante ou, comme on dit dans l’école, ex communiter contingentibus, il faut dire qu'il fait de la critique plus que du dogmatisme. Evidemment on retrouve dans ses conférences toute l’économie du christianisme : les préliminaires de la foi, tels que les prophéties et les miracles, la divinité de Jésus- Christ, sa personne, sa doctrine, les mystères de la Trinité, de la création, de l’Incarnation, l'Eglise, ses sacrements, ses enseignements, sa morale, ses bienfaits sociaux : chacun de
ces sujets y vient à son tour, avec le développement que
demande la thèse. Mais jamais ils ne sont envisagés direc-
tement et en eux-mêmes ;ils ne sont ni exposés, ni démontrés :
ils sont plutôt supposés. Ils sont amenés subsidiairement, comme l’antithèse des erreurs, comme le remède des maux qu’elles engendrent. Les appels faits aux vérités dogmatiques et morales du christianisme pourraient paraître trop sommaires et insuffisants, sinon inexacts : ils ne méritent pas ce reproche parce qu'ils ne sont pas l’objectif immédiat de l'orateur. Cet objectif, c’est principalement la réfutation de toutes
les erreurs circulantes, qui sont l’obstacle au progrès véritable, le seul digne de ce nom. Voilà pourquoi les systèmes
anti-Chrétiens sont si largement exposés.
Notre Apologiste les possède; maïs ce n’est pas à l’histoire