‹ Les apologistes espagnols au XIXe siècleChapitre 78 sur 86 · EX · texte numérisé non relu

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La foi en Dieu a pour corollaire nécessaire 1a soumission

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à Dieu, qui préside à tous les événements de la vie. Mais l’homme résiste au gouvernement de la providence. La plainte est universelle; c'est la plainte de l’orgueil : « Vous la connaissez, Messieurs, cette plainte irritée. Il y a longtemps qu’elle retentit sur les lèvres des hommes. Les plus antiques littératures en ont recueilli les échos; mais elle ne vieillit pas; chaque génération qui survient se charge de Ia rajeunir, et la lyre de nos poètes contemporains lui a prêté ses plus pathétiques accents... Ainsi chantent les poètes, Messieurs, et ils n’ont pas créé cet état d'esprit : ils n'en sont que les interprètes. Les philosophes viennent à leur tour et, eux non plus, ils n’inventent rien; ils ne font que réduire en systèmes et en formules la sourde irritation qui frémit dans les poitrines humaines. Le Pessimisme n’est pas une nouveauté ».

Le mal physique et le mal moral désolent l'humanité. Après deux larges tableaux que l’orateur en trace, il indique

dans le christianisme le remède que Dieu en a proposé. Pour

endormir la plainte humaine, le christianisme verse dans les âmes deux convictions profondes : le sentiment des droits de Dieu, et la foi en sa bontél L’affaiblissement de la foi a considérablement diminué chez nos contemporains ces dispositions de l’esprit et du cœur. Cependant le problème du mal, que tant d’autres ont cherché à résoudre en dehors de la foi, ce problème qui nous tourmente comme il a tourmenté nos pères, est l’objet des efforts les plus persévérants et les plus stériles, parce que nous demandons à notre philosophie, au progrès naturel et à d'autres panacées un résultat qu'ils ne peuvent pas nous donner. De 1à, nos déceptions amères, nos affaissements et nos murmures, qui vont jusqu’au blasphème chez quelques-uns. Dieu est notre maître : nous cherchons à secouer ce joug insupportable à notre orgueil. Soumettons-nous, et souvenons-nous que Dieu est notre père en même temps que notre maître. Il nous a aimés : la solution de l’insoluble mystère de la souffrance, qu'il faut accepter en adorant le gouvernement de la providence, est dans ce fait que Dieu nous a donné son propre fils, et qu'il a voulu qu'il fût martyr pour effacer nos péchés et consoler nos douleurs par ses douleurs acceptées et désirées par amour. Les philosophes disputent sur la douleur sans s’entendre : le Christ en croix devait mettre tout le monde d’aecord. « Comment Dieu ne serait-il pas bon, lui qui nous a donné son fils pour nous

arrather à l'esclavage du mäl? O victime sacrée, votre prédiction S’accomplit! une fois élevée de terre vous attirez tout à vous! Quand je vous vois clouée sur Ce bôis, tout s'explique à mes yeux : le mystère de la souffrance et de la mort, parce que vous en partagez avec moi la rigueur; le mystère du péché, parce qué vous en lavez dans votre Sang la souiïllure: Et la solution des deux problèmes tient dans un seul mot : l'amour. L'amour triomphe du mal physique, en faisant mon Dieu semblable à moi dans mes douleurs. L'amour triomphe du mal moral en mé faisant, &i je le veux; semblable à Dieu dans sa sainteté. » |

L'espérance, sœur et fille de là foi, est la seconde vertu théologale, et le second devoir énvers Dieu. L’espérance chrétienne renferme les trois conditions requises; un objet digne de l’âme humaine et chrétienne; la garantie qu’elle n’est pas vainé: uh secours pour l’accepter et la réaliser. L'objet dé l'espérance, c’est le bonheur, qui n’est pas de ce Monde, êt qui n’est qu’en Dieu, objet de la vertu d’espérancé. Cependant Dieu ne satisfait pas pleinement l'âme ici-bas, mais seulement dans l'au-delà par la vision béatifique. « Ici-bas Dieu se caché en même temps qu'il se donne : il se distribue, ét il sé dégüise. Il n’y a dé bon dans les objets qui me charmert que cé qu'il y à déposé de luimême. C'est quelqué chose de sa lumière qui m'éclairé par son soleil; c'est sa vertu vivifiante qui étitre en ma Poitriné avec le soufflé dés brises; c'est $a

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beauté qui rayonne à mes veux dans lés spléendeurs de la nature ou dans les thagnificences de l’ärt; c'est un reflet dé sa sagesse qui séduit a pensée dans les spéculations de la science; surtout c’est un écoulement dé sa boñité qui fait tressaillir mon cœür dans les effusions d& Sà tendréëse..: Mais quand le livre de ce mondé sera férmé, quand là face trompeuse dü siècle aura cessé d’étiler $és apparences, Dieu reriofcera pour toujours à se rhorceler dans les choses: Il se retirerä en lui-même; il raiaässera dans la simplicité dé son être tout ce qu'il ävait répandu au dehôts; Il rappellérä tous ces émissaires Chargés dé raconter aux créaturés &es per: fections infinies. C’est en lui, en lui seul, qu'il fiudra contempler ëñ une seule fois ét posséder tous les biens. »

L'éspéranté chrétienne a pour garanties la puissance, la bonté et la justice de Dieu: Sa bonté Surtout S'ést manifestée par dés éffusions lärgés, qui ont âjouté un monde a monde

aa ckiktint l'ordre unis ) j l'ütite tidturel; et cet

ordré nouvéau de choses s’e est résumé et comme incarné

däns le fils de Dieu même, pour réaliser le plain arrêté dans

| les desseins de sa bonté. — Malgré les douceurs de l'espérance

et l'attrait qu’elle offre aü cœur humain, un secours d'en haut à

été nécessaire pour faire germer ét érandir en nous la vertu

et l’éspérance chrétienne, pour nous arracher à la fascina-

tion dés choses terrestres, et rious faire soupirer après L4 pos-

session des biens éternels : cé secours, la grâce noüs l'a conféré;

Coup d'œil jeté sur nôtre époque sous ce rapport; bellé et Mans conclusion : € as is es lutte de tous HE. | non seulemetit entré Fu des mais éncbr et surtout éñtre déux espérances. Ceux qui né croient qu'à la terré n’attendent que d'elle leur félicité. Ils se flattent da dérobér à la nature, par la science le secret de vaincre la douleur êt la mort. Espoir vain et menteur. La science crée plus de besoins qu’elle n'en contente; elle exalte plus de désirs

- di’éllé n'en Säit apäisér. Avec de fouvedüx plaisirs, elle a introduit de nouvelles sources de douleurs; avec des préservätions inconnues du passé, elle enfarité dés moyens de destruction ct des ose de mort. Mais que sie qu 'éllé en \ disé, äbsbliriänt riéh. L “riniété est Layablé dé ne primér la béatitudé céleste : elle ne la remplacera jämais.… « Nous n'avons pas ici notre deiieuré permanente, nous là

cherchôüns dans l’avefñir », crie l’apôtre. Si vous êtes de cette tace, Messieurs, il faut le proclamer paf vos œuvres: Arrière done les idolâtries de la terre, célle de l’ärgent, celle du plai- | sir, celle des honneurs ët dé la vanité. Arrière ces compé: : titions pässionnées qui vous mêlent, vous chrétiens, parmi

* les adorateurs du Véau d'or et font tomber sur vous les

cétisürés dirigées contre les fils de Mammon. Sursum corda ! $

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M SE rue de à On + Tor Ent Re A ER EE, Des ee cr SRESSSEE EN rs

La charité est la troisième et la dernière des vertus théologales, qui ensemble constituent le culte intérieur que l’homme et le chrétien doivent à leur créateur.

La charité est un commandement et un don de Dieu. Dieu

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