Ibidem, pages 40-41. RE MR CANS
le phare lumineux placé sur l’écueil: Elle sait ce qui nous sauve et ce qui nous perd, notre première origine et notre fin
dernière, en quoi consiste le salut, en quoi la damnation de l’homme, et c’est elle seule qui le sait; elle gouverne les âmes,
et c'est elle seule qui les gouverne; elle éclaire les intelli-
gences, el c’est elle seule qui les éclaire; elle redresse les volontés, et c’est elle seule qui les redresse; elle purife les affections et leur donne une ardeur impérissable, et c’est
elle seule qui les embrase ainsi et qui les purifie. Elle meut les cœurs, et c’est elle seule qui les meut par la grâce de
l’Esprit-Saint. En elle, il n’y a ni péché, ni erreur, ni faibles-
se : sa robe est sans tache; pour elle, les tribulations sont des triomphes, et les plus effroyables tempêtes, comme les vents
les plus propices, la conduisent au portt ».
Nous avons vu plus haut comment Donoso Cortès avait dégagé la grande loi de l'unité et de la pluralité dans l’œuvre de la création. L'Eglise catholique est une autre création, la seconde, placée à six mille ans de la première, création où la matière n’est que le socle qui la porte, création dont les âmes sont les pierres, dont le Christ est l’architecte et qui demeure l’œuvre par excellence des mains divines; car elle est la dernière et elle résume toutes les autres qui ne sont que ses symboles. Après le tableau qu'il en à tracé et dont nous venons de citer un fragment, l’éminent écrivain fait la même observation et, poursuivant son idée, il écrit : « Comment ne pas y trouver le profond mystère de l’unité engendrant perpétuellement la pluralité qui, elle-même, constitue son unité perpétuellement? comment ne pas voir que nous sommes là au confluent universel des choses humaines et des choses divines ? comment ne pas reconnaître dans cette monarChie si extraordinaire la représentation de Celui qui, vrai Dieu et, vrai homme, est l’unité et la pluralité, la divinité et l'humanité indissolublement unies? La loi occulte selon laquelle a lieu la génération de l’un et du multiple doit être
la plus haute, la plus universelle, la plus excellente et la.
plus mystérieuse de toutes les lois, puisque Dieu a voulu
que toutes choses fussent sous son empire, les choses humaines comme les choses divines, les créées comme les incréées,