‹ Les apologistes grecs du IIe siècle de notre èreChapitre 10 sur 128 · XVII · texte numérisé non relu

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20 i E8 tFOLOGUI I I GfU I !

forme ,iu programme de toute mission et qn i n'est pas motivé par un incidenl imprévu, comme La précédente harangue. Il est extrêmement babile, el rarement apologiste a sa avec plus d'arl amorcer ane pré4ication, trouver quelques pointa il<' contact avec ses auditeurs, Leur p senter une doctrine nouvelle sans Les effaroucher el cependant sans la dénaturer.

L'exorde insinuant, avec l'appel an sentiment religieui des athéniens, l'invocation an g Dieu inconnu », — argument qui trouvait Bans doute son appui dans on fait réel, mais librement interprété1, — L'allusion à Lratus, et probablement aussi à Cléanthe*, Bont autant d avances adroites, qui sembleraient presque compromettantes -i le discourt ne se terminait par l'annonce formelle de cette ère nouvelle, dont la harangue de Lystres ne faisail qn one mention indirecte, par celle du Jugement dernier, par celle de La résurrection de Jésus. L'exactitude historique du récit ne peut être admise qu'en un sens très Large; - il semble que Luc. quand il ne parle point en témoin oculaire, ail visé à une vérité symbolique plutôt qu'à nne fidélité minutieuse, on a rarement celte impression plus nette qu'en cet endroit. L'arrangement est visible dans toute l'introduction de la scène, dans Le propos prêté ans Epicuriens et aux Stoïciens : h Que nous veut ee ba\ard!'... Il vient sans doute annoncer des Dieux nouveaux: " dans II brève caractéristique de L'esprit publie à Athènes : rous les athéniens et les étrangers établis a Ithènes ne « I < '■ < i raient rien autre que dire on entendre du nouveau i I sont là des traita conventionnels, et personne ne peut se tromper sur leur signification. Présenter Paul comme un homme qui introduit «les divinités nouvelles, évoquer Le souvenir de Socrate; c'est insinuer déjà ce rapprochement entre la prédication de Socrate et La prédica-

i. Cf. II. Soltzmann, Bandkommentcwt p. ni.

i. XVII. 18. koujtûv. Les deux citations poétiques qui ic retrouvent dans les œuvres personnelles de saint Paul : -

i:.... sont des banalités de la conversation courante.

tion chrétienne, entre la persécution contre Socrate et la persécution contre les chrétiens, qui, diversement exploité, diversement nuancé, deviendra un des lieux communs, de l'apologétique postérieure et tiendra notamment une si grande place chez Justin.

La matière doctrinale que contient ce discours rappelle par ses traits essentiels le discours de Lystres. mais l'expression y est beaucoup plus précise. Qu'il faille attribuer à Paul ou à Luc certaines nuances significatives, — c'est ici en tout cas du Paul tel que le comprenait Luc. — il est également plein d'indications intéressantes pour la future apologétique. C'est d'abord la proclamation du monothéisme, point de départ ordinaire des missionnaires juifs ou chrétiens. Le Dieu que prêche Paul est le Dieu créateur du monde, qui, étant infini, ne peut être contenu dans un temple, qui n'a pas besoin d'images ni de sacrifices. Il est le père de toute l'humanité, et a distribué les races humaines à la surface de la terre, en les laissant libres de le chercher et de le trouver par les lumières de la raison. Nous rencontrons donc ici, de nouveau, l'idée de la croyance naturelle en une divinité, croyance suggérée par l'ordre du monde; et cette idée prend bien cette fois, par l'allusion aux poètes (Aratus et Gléanthe), une couleur manifestement stoïcienne. « Nous vivons, nous nous mouvons, nous sommes en lui; car nous sommes sa race1. » C'est une première tentative pour reconnaître dans la philosophie un christianisme latent, en négligeant volontairement toutes les différences. Le panthéisme stoïcien devient le mysticisme chrétien. La pensée familière à saint Paul, que Dieu ou le Christ vivent en nous, est en quelque sorte retournée, et présentée sous son aspect complémentaire : nous vivons en Dieu. Mais tout cela n'est qu'une introduction, une préparation à la foi. Tous les siècles passés ont été des siècles d'ignorance2. Maintenant Dieu invite tous les hommes à se convertir; car le jugement est proche; et

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