‹ Les apologistes grecs du IIe siècle de notre èreChapitre 11 sur 128 · II)., oO · texte numérisé non relu

II)., oO

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la mention du jugemenl appelle celle du Christ, au moyen (I une formule qui montre combien la christologie est encore rudimentaire. Jésus esl << L'homme que Dieu a choisi;» Dieu ;i autorisé sa mission par sa résurrection preuve formelle qu'il rlail venu de lui. Etre chrétien, c'esl croire cela, cl non pas seulemenl professer le monothéisme. Les auditeurs de Paul le comprennent bî bien qu a partir de ce moment ils ne l'écoutenl pins, tandis qu'ils luxaient suivi d'abord avec intérêt, \insi. pour tant que le christianisme fasse appel à la philosophie, il ne La considère jamais que comme une introduction ; il prétend la dépasser et la compléter. Le Discours à l'Aréopage éclaire <!<• la lumière la plus vive toute l'histoire qui \.i suivre; il nous apprend à ne jamais prendre au mot l'Apologiste qui paraît. momentanément, se renfermer dans le monothéisme cl la religion naturelle.

11 est, dans le Nouveau Testament, un autre texte dont l'importance est beaucoup plus considérable encore pour l'histoire de l'Apologétique. C'est le prologue du l\ Evangile. 11 ne saurait être question ici de commenter, même brièvement, une page qui pose presque autant de problèmes qu'elle contient de mots : il suffira de dire que c'esJ elle surtout qui a rendu possible les transaction- que plutard le christianisme et l'hellénisme ont passées entre eux; elle est la première de ces transaction-. Où le mystéri) u\ Jean a-t-il pris l'idée de son Verbe? Dans quelle proportion se sont unis, en son esprit, les éléments divers qui semblent cire à la base de celle notion? certains textes de l'Ancien Testament, même dans ses parties le- pinanciennes, comme le début de la Genèse; la philosophie d'Heraclite, de Platon, du Pqrtique; la philosophie judéoalexandrine, — depuis l'auteur de La Sagesse de Salomon jusqu'à Philon, — elle-même influencée par la philosophie hellénique; peut-être aussi un contingent d'idées égyptiennes, selon les vues intéressantes, mais un peu conjecturales encore, de M. Reitzenstein? L'analyse la plu- Hue. opérant avec l'aide de la science la plus étendue et La plus

sûre, n'arrivera jamais à un dosage exact, et il sera toujours sage de laisser dans les conclusions auxquelles elle paraîtra aboutir quelque imprécision voulue. Ce qui est sûr, c'est que l'Evangéliste n'a point créé de toutes pièces cette notion; il la présente d'emblée, comme accessible à ses auditeurs sans explication préalable. Du coup, un terrain d'entente est trouvé avec les esprits cultivés, en même temps que, dans ce raccourci génial, sont enveloppées toutes sortes de questions graves que la dogmatique chrétienne aura désormais pour tâche, pendant plus de deux siècles, de débrouiller et de résoudre. Que signifie le mot : au commencement, dans la formule ; (( Au commencement était le Verbe? » Quelle est la valeur de la préposition tcooç, dans la locution : 6 Xoyoç t,v Tïpoç tov Qsov ? Deux idées apparaissent seulement avec évidence : c'est que le Verbe est divin, quelque soit le caractère de son rapport avec le Père; c'est aussi qu'il a été l'instrument de la Création, ce qui implique que le Père est conçu comme d'une nature transcendante. Considérons le maintenant dans sa relation non plus avec le Père, mais avec l'humanité. Qu'est-ce que la vie1, et que la lumière des hommes? Que sont les ténèbres opposées à cette lumière? La combinaison très habile, mais très complexe, des deux éléments de la notion du Verbe, Verbe éternel et Verbe incarné, se poursuit dans tout le développement, et rend la pensée très difficile à saisir à partir du verset 4, si l'on ne s'est pas d'abord rendu compte de lintention directrice de l'écrivain. Cette intention, que Julien a déjà clairement aperçue2, est de prendre pour point de départ, non plus le Christ historique, mais le Verbe éternel, d'insinuer

i . Je ne saurais entrer, sans m'exposer à une longue digression, dans l'examen approfondi du verset 4» le plus difficile de tout ce début. L'interprétation courante qui rattache o yéyovsv à oùôs ëv est loin de pouvoir être regardée comme sûre. Je renvoie une fois pour toutes, pour l'exégèse du prologue, à la dernière édition du Handkommentar de H. L. Holtzmann, par W. Bauer (1908), et laisse volontairement de côté toutes les difficultés qui ne touchent pas directement à mon objet.

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