‹ Les apologistes grecs du IIe siècle de notre èreChapitre 9 sur 128 · Cf. H. Holtzmann, Handkommeiitar, p · texte numérisé non relu

Cf. H. Holtzmann, Handkommeiitar, p

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donc aussi malaisé de prouver, Bans autre examen, qui harangues sont entièrement fictives el ne peuvent nous renseigner que sur l'espril du rédacteur, qu il le sérail d'en montrer la fidélité. Si l'on ne croil pas que les chapitres ><n le groupe formé par Baint l\ml et ses collaborateurs est désigné par le pluriel de l;i première personne aienl été introduits tels quels dans la trame du récit, si l'on juge probable que le même auteur tienl partoul la plume, et marque ainsi, par une fine distinction, les moments où il se trouvait auprès de saint Paul, el ceui où il en était séparé, on ne pourra regarder comme authentiques, au sens précis du mot. des discours qui ne font point partie des chapitres caractérisés par l'emploi du pronom nous. De plus, le nombre limité des discours dan- les Actes, la place qu'ils occupent à certains moments essentiels du récit, Ifrapport qu'ils ont les uns avec les autres, tout cela indique bien que Luc. en les rédigeant, s'est inoins proposé d'observer une exactitude minutieuse que de donner à sa narration une vérité plus générale, une sorte de valeur symbolique; il y a là de la simplification, de la synthèse; une manière qui rappelle, je le répète, celle des historien- classiques '.

Quoiqu'il en soit, les deux discours de Lystr» d'Athènes sont bien véritablement à l'origine de toute la littérature apologétique: ils en dessinent d'avance les grandes lignes avec une netteté parfaite. \ Lystres, Barnabe et Paul, que les Lycaoniens prennent pourZeusel Hera trouvent tout naturellement là le point de départ d'une prédication monothéiste; Nous ne sommes que des hommes', abandonnez vos faux Dieux; convertissez-vous au bien rivant, créateur du ciel et de la terre; ce Dieu, dans les siècles antérieurs, a laissé toutes ses nations marcher selon leurs

i. Cf. les excelli'nk's remarques ■!> Barnack : Dm Apostelgeschiekte, p. 108-1 10. et aussi Clemen, Religiongeschichtliche Erkûerui g Neuen

Testaments, p. .\'->.

1. C'est-à-dire : il a attendu cette génération, pour envoyer son t ila apporter le salut aux hommes.

cependant il n'a pas omis de témoigner son existence par ses bienfaits, en vous donnant, du haut du ciel, les pluies et les saisons fertiles, en vous pourvoyant en abondance de nourriture et en remplissant vos cœurs de joie. Il y a là trois idées essentielles, indiquées sommairement, mais avec une clarté parfaite : condamnation de l'erreur polythéiste; annonce d'une ère nouvelle où Dieu a résolu de se révéler à tous directement; affirmation que, dans la période antérieure, les Gentils ont pu parvenir, par les lumières naturelles de la raison, sinon à la vérité religieuse absolue, du moins à la connaissance d'un Dieu créateur que l'ordre du monde manifeste. De ces trois idées, la première et la troisième étaient déjà familières à l'apologétique juive ; la seconde est, quoiqu'on en ait dit, celle que Paul a exprimée dans YEpitre aux Romains. Mais pour apprécier plus exactement le sens du discours de Lystres, il faut ne pas oublier en quelles circonstances particulières Luc l'a placé dans la bouche des Apôtres. Paul et Barnabe viennent de prêcher à la synagogue d'Iconium ; ils ont été chassés par la colère des païens et des juifs. Ils sont allés évangéliser Lystres, Derbé, et la région environnante1. Ils ont fait tout récemment un miracle, en guérissant un boiteux, et c'est alors que les Lycaoniens les prennent pour des Dieux. La harangue qu'ils prononcent à cette occasion a pour objet précis d'empêcher la foule de leur offrir un sacrifice". Elle n'est donc à aucun degré un discours catéchétique; et l'on comprend aisément qu'elle soit aussi sommaire et aussi vague. C'est le premier stade de la propagande, celui où le prédicateur se contente de préparer le terrain, et peut se borner à prêcher la religion naturelle, en laissant simplement entrevoir la révélation qui la complète.

Beaucoup plus important est le discours à ï Aéropage3. C'est un véritable discours de missionnaire, qui est con-

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