Ed. Xeumann
30 LES \l'OLOOISTi;s GBECS
progressivement, après L'avoir admise d emblée, L'identification de l'un et de L'autre, et de ne nommer enfin Jésus, au verset 17, que quand la partie peul être considérée comme gagnée. Si divergentes orne puissenl être Les interprétations presque de chaque verset, il apparaît nettement que Jean admet, comme Paul, en donnant de La même pensée une expression toute différente, qn il \ .1 une révélation naturelle, à La raison liumain<.\ de L'existence «If- Dieu, par le spectacle du monde: révélation qui est de tous Les temps, mais que les hommes n'ont pas bu comprendre, jusqu'au jour où Le Verbe, au Lien de se manifester seulement dans son œuvre, est descendu Loi-même sur terre, pour s'incarner en Jésus. 13e quelque façon que l'on établisse le texte des versets 3 et '». et qu on Les traduise, il en ressort que Le Verbe es1 principe de rie, et que, en tant qu'il l'est et par là mène', il est « la Lumière des hommes ». il leur révèle la vérité, c'est-à-dire l'existence du Créateur. Le sens le plus naturel dn verset ~> : « La lumière brille clans les ténèbres, et les ténèbres m l'ont point comprise ». est que celle révélation est resiée insuffisante, ce qui amène, dans les versets suivants, la mention du premier événement de L'histoire évangélique : l'apparition du Précurseur, et l'explication du sens de son témoignage. Pareillement. L'interprétation du rerset g est livs controversée, mais si même l'on entend, contrairement à celle qui est traditionnelle, qu'il continue directement le verset 8, el signifie que « la lumière véritable,
qui illumine tous les hommes >< était SUT le poinl d manifester (^y èpyousvov elç *cov xoffpàv), quand Le Baptiste commença sa prédication, le membre de phrase : qui éclaire tous les hommes, 8 cptorlÇet itàvca âvOpciMcov, suffît à marquer que la raison humaine est naturellement éclairée par un rayon de celle Lumière qui s'est incarnée tout entière en Jésus. Il parait difficile que Le verset i<> : a il r/ait dans le monde, et le monde a été fait /><tr lui . et te monde ne l'a pas connu; ù ne s'applique pas à la période antérieure à L'incarnation. Le versel 1 1 ; tatSta i,,
LES ORIGINES 3l
xal ol uhoi aù-rov où -apéAaëoy )), signifie-t-il que le Verbe a paru chez les Juifs, qui l'ont rejeté? ou bien l'expression Ta iSta est-elle plus compréhensive, et doit-elle s'entendre de l'humanité tout entière? On peut laisser la question en suspens, sans que rien soit ébranlé des conclusions qui précèdent. La fin du fameux Prologue établit clairement, comme l'indiquait déjà le début, que l'humanité n'entre en relation avec Dieu que par l'intermédiaire du Verbe. Personne, en aucune circonstance, n'a vu Dieu; Dieu n'a été révélé que par son fils unique, ce qui s'applique tout aussi bien aux théophanies de l'Ancien Testament qu'à la mission de Jésus-Christ (verset 18).
Ces idées se retrouvent chez la plupart des Apologistes, et notamment chez celui qui, sans être le plus ancien d'entre eux, en est le véritable chef de file, chez Justin. 11 y a donc déjà présomption que Justin. — s'il ne s'est pas appuyé explicitement, comme son élève Tatien, sur l'autorité de Jean, — non seulement connaissait le IVe Evangile, ce qui n'est pas sérieusement contestable, mais a fondé l'essentiel de sa doctrine sur les données du prologue que nous venons d'analyser.