Au début du Dialogue
3. On le \ oit à certains indices assez clairs. Le motif que Justin donne de sa conversion, au chap. xu de la Deuxième Apologie l'admiration pour la force d'âme des chrétiens . n'est pas même indiqué ici. Le début du chap. mu. où .lu-lin raconte qu'il n'a plus n.\u le vieillard, et qu'il s'est converti 0 en réfléchissant en lui-même .< to rolea
abrège et simplifie manifestement les île. se-: il es) évident que Justin a eu «les maîtres qui I onl aide à lire les Écritures. Enfin • noter dès maintenant que ce prologue met bien en lumière la conta
tion qui est au fond de la pensée de Justin, et que jam.ii- il ne l'.t résolue
rationnellement, quoiqu'elle ne troublât pas smi coeur : Justin eal trop philosophe pour un chrétien quand il parle au juif Tryphon, et le 1 ie il lard
qu'il est. et bien qu'on ne puisse le prendre tout à fait à la lettre, doit contenir pourtant une grande part de vérité: il serait contre toutes les habitudes de Justin qu'il en fût autrement. Ce que nous y apprenons est, en tout cas, fort curieux. Que Justin eût subi ou non l'influence du milieu palestinien où il avait d'abord vécu, il avait l'àme profondément religieuse, et ce ne fut pas la curiosité scientifique qui donna le branle à sa pensée. Il cherchait déjà dans la philosophie une religion. Je crois que, sans trop risquer de se tromper, on peut retrouver son état d'esprit à ce moment dans les lignes suivantes : « Voici ce que je pense, » répond-il à Tryphon. « oui, la philosophie est le plus grand des biens et le plus précieux devant Dieu ; elle seule nous conduit à lui et nous met en relation avec lui ; ils sont véritablement sacrés, ceux qui s'appliquent à la philosophie1. » En effet, comment nous raconte-t-il ensuite ses expériences successives et ses déceptions? Il a d'abord mis son espoir dans le stoïcisme, et il a quitté son premier maître parce qu il n avait retiré de son enseignement ce aucun profit pour la connaissance de Dieu ». C'était donc bien cette connaissance qu'il était allé lui demander2. Le Pythagoricien prétend exiger d abord de lui qu'il apprenne la musique. 1 astronomie et la géométrie : c'est
est trop ennemi de la philosophie quand il parle à Justin. Justin met plus de distance entre le vieillard et lui-même que ses expériences antérieures ne le rendent vraisemblable.
i. Dîaî., II, i. Assurément, c'est ici Justin chrétien qui parle, et il prépare déjà ce qu'il réserve pour plus tard : l'affirmation que le christianisme est la véritable philosophie. Cela est d'autant plus clair qu'il rabaisse la philosophie, aussitôt après l'avoir glorifiée, dès la phrase suivante, où il s'empresse de relever les contradictions des philosophes, preuves de fausseté, « car la science doit être une ». Mais on va voir par tout ce qui suit que ce que Justin a de tout temps demandé à la philosophie, c'est de nous mettra en rapport avec Dieu.
■i. Je passe sous silence le Péripatéticien, que Justin abandonna, dit-il. parce qu'il lui demandait un salaire. C'est un trait satirique contre le manque de désintéressement des philosophes: il ne nous intéresse ici que parce qu'il montre Justin se servant à l'occasion des armes traditionnelles contre la philosophie (cf. supra l'argument des contradictions contre les dilîérentes sectes).