‹ Les apologistes grecs du IIe siècle de notre èreChapitre 19 sur 128 · Q LES APOLOGISTES GRECS · texte numérisé non relu

Q LES APOLOGISTES GRECS

du temps perd» | ■ Justm. Enfin il croit avoir rencontré

dans le platonisme h. doctrine qui répondra a - aspirations, et] quoi? ■■ L'intelligence des cl mcorpo-

reUes me Captivait au plus haul point; la contemplation

de8 idées donnai! des aUesa mon esprit, si bienquaprès

de temps je crus être devenu un sage; je lus

uTême assez sot ] espérer que j'all ^^%lTl

voir Di.u; car tel est le but de h philosopha ,1, I faton On voit avec quelle faciUté Justin résout ici dans le sens ou l'ineUnaient ses propres tendances M un des problème, les plus délicats que pose l'interprétation .In système de

Platon : l'idée ckl Bien est trop abstraite et trop frc

pour le satisfaire: du premier coup, il l'identifie avec I; «, 1 l'appelle Dieu, et la met nettement a part des autres id par la contemplation desquelles l'esprit remonte jusque leur source. Je sais bien que, quand au contraire fi racontera son entretien avec le mystérieux viefilard ,,.., I a converti', il donnera delà philosophe une définition tout. „eccme : « La philosophie est la science de letre et la connaissance du vrai: et la récompense de , «tte s, uençe* de cette sagesse est le bonheur. » De même, d définira alors Dieu «ce qui est immuable e, toujours «riUfcl soi-même, et cause de l'être pour tout le reste ■■ Gela est platonicien, pour s'opposer au christianisme du nefilard, mais nous entendons un autre accent quand JusUn parle à Trvphon, toujours cependant de son passe propre, e quand il lui fait confidence des espoirs qu'n noumsst ,,l iors, des désillusions qui leur succédèrent bientôt, lien résulte que ce n'est pas un Dieu abstrait que Justm de-è

aspirait si ardemment à mir; et cest pqurquo. .1 es. ' - Ecuede croire qu'il eût reçu nue éducation heUémque^n» le ses strict du mot. Il est beaucoup plus probable que le monothéisme juif avait fait, dès ses premières années, une impression asseï profonde sur son àme.

, Tradnctioe de M. Are b»«« *»"'• l'"'"',L ' '

... El «ussi celles des contemporains M général.

î. Diol. III, 1-5.

JUSTIN 5l

Mais, d'autre part, après sa conversion l, Justin a bien la prétention de demeurer philosophe. Il a trouvé la meilleure philosophie, ou plutôt la seule vraie : « Un feu subitement s'alluma dans mon âme; je fus pris d'amour pour les prophètes, pour ces hommes, amis du Christ; et réfléchissant en moi-même à toutes ces paroles [du vieillard], je trouvai que cette philosophie était la seule sure et véritable. Voilà comment et pourquoi je suis philosophe 2. En effet, il porte le manteau qui est l'insigne de la profession, et c'est en le voyant ainsi vêtu que Tryphon l'aborde avec ce salut : « Bonjour, philosophe ». A Home, il a une véritable école; on peut la comparer, sans fausser aucunement la réalité, à ces écoles platoniciennes ou stoïciennes que lui-même avait traversées jadis^ dont il avait connu l'organisation, quoiqu'il n'en eût pas toujours approfondi l'enseignement, et qu'il a tout naturellement imitées en ce qui n'était que forme et méthode d'instruction. « Dis moi où vous vous réunissez et où tu rassembles tes disciples », lui demande le préfet Rusticus dans l'interrogatoire qui précéda son martyre3. « Je demeure ». répond-il. « au-dessus des bains de Timothée \ et, pendant tout le temps présent. — or c'est le second séjour que je fais à Rome. — je n'ai connu aucun autre lieu de réunion que celui-là. Ceux qui vou-

i. Où eut lieu celte conversion? Où est la scène de l'entretien entre Justin et le vieillard? « Notre ville », au §6 du chap. n, s'interprète plus naturellement de la patrie de Justin que d'Ephèse. La mer au bord de laquelle Justin va se promener, est-elle alors la mer Morte? Ce n'est pas impossible; et il faut noter que Justin dit expressément qu'il allait à la recherche de la solitude, ce qui s'accorde bien avec cette supposition. — Quant au dialogue même, on admet généralement que la scène serait à Ephèse. Il est prudent de ne pas être trop affirmatif, car nous ignorons tout à fait si Eusèbe (H. E., IV, 18, 6), qui nous le dit, a tiré son indication du titre perdu depuis (comme le pense Harnack), ou l'a simplement induite : toutefois l'hypothèse est assez vraisemblable.

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