‹ Les apologistes grecs du IIe siècle de notre èreChapitre 20 sur 128 · Ib., VIII, i, trad. Archambault · texte numérisé non relu

Ib., VIII, i, trad. Archambault

3. Actes de Justin, III. Ces actes sont précédés d'une courte introduction d'époque tardive, mais manifestement ils sont dignes de foi dans tout ce qui suit.

4. 'Ettocvo) xoy Ti[ju.)QiWj ^aXaveio-j ; selon la leçon probable ; c'est-à-dire sur le Yiminal (cf. la note de Hauschen, Florilegiiun patristicutu, III, P- 99)-

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laienl venir aie trouver, je leur communiquais la doctrine de la vérité. » Le témoignage des ictes es1 parfaitement confirmé par ce que Justin nous apprend dans le débul du Dialogue', il est complété et éclairci par ce que nous apprenons dans la seconde Apologie. I>a rivalité "lu philosophe chrétien avec le cynique Grescens, — qu'elle ail eu ou mm les suites tragiques que la tradition lui attribue1, — B'est manifestée par nue controverse, que les deux adversaires ont conduite exactement comme elle l'eûl été par deux chefs d'écoles rivaux, l<>us deux païens. Il es1 assez vraisemblable, — quoique nous n'en ayons pas de preuve certaine, — que Grescens avail commencé l'attaque. ( Justin '' se plaint d'abord que son adversaire parle de ce qu'il ne connaît pas. et il dit ensuite qu'il lui proposa, pour le convaincre de celle ignorance, l'examen d'un certain nomlire de questions, au sujet desquelles il \ eut entre eux un échange de discours. Ces discours furent sténographiés, et Justin offre d'en donner communication aux autorités; il admet même que peut-être en ont-elles déjà eu connaissance. Tatien eut à Home des disciples d;ms les mêmes conditions, sans avoir, plus que Justin, semble- t-il, revêtu aucune dignité ecclésiastique. Tous deux sonl dondocteurs, qui enseignent sous leur propre responsabilité. On ne saurait trop insister sur l'importance de ce l'ait. ( a premières écoles chrétiennes, organisées sur le modèle des écoles philosophiques, onl précédé à Home. — et vraisemblablement ailleurs, — l'école d' Alexandrie, «pii a réalisé plus largement et plus efficacement le même idéal. C'est véritablement grâce à elles que le christianisme a commencé ses nouvelles destinées, bl qu'il s'esl préparé à n'être plus seulement une/'o/. à devenir une doctrine.

Ce (pu vaut à Justin notre sympathie immédiate, c'est que j'appellerais volontiers la transparence de son âme, sincère, loyale, ardente entre toutes; cette âme se révèle à

i. .if ne suis p.is convaincu, pour ma part, tte querelli

rien contribuée attirer sur Justin l'attention des m • .

■. . //'. II. ■'< -clou l'ordre de Maran); g, s ri., h l'ordre traditionnel.

nous dès les premières lignes de Y Apologie, dans l'adresse même; peu de mots sont plus touchants dans la littérature chrétienne primitive que ces simples mots : Y un d'entre eux, si; auTtov wv. Ce qui attire et retient sur lui l'attention de l'historien, c'est que nous le voyons soucieux pour la première fois, quoique d'une manière assez confuse, du grand problème que l'Ecole d'Alexandrie définira beaucoup plus exactement, examinera avec plus d'ampleur et de méthode, résoudra par conséquent avec plus de succès : celui des rapports entre la philosophie et la foi. La vie morale et intellectuelle de Justin a sa source dans l'une comme dans l'autre, et on peut dire que déjà Justin a su les concilier toutes deux, puisqu'il a vécu de l'une comme de l'autre, puisqu'il n'aurait pas pu vivre en sacrifiant entièrement l'une à l'autre. Mais s'il les a conciliées pratiquement, il ne les a pas conciliées logiquement. Il a essayé d'avoir un système; il n'avait ni une culture assez étendue, et surtout assez profonde, ni assez de force d'esprit pour construire un système véritablement clair et cohérent. Ces premières ébauches de théories qui deviendront un jour plus précises ont néanmoins un grand intérêt; elles révèlent admirablement, par leur imperfection même, les tendances qui ont rendu ces théories nécessaires, les besoins auxquels elles devaient donner satisfaction. Examinons donc tout d'abord, et de près, quelle signification Justin attribue encore à la philosophie, après sa conversion.

II. — La philosophie et la religion d'après la Première Apologie.

La Première Apologie1 de Justin est fort médiocrement composée, et c'est bien vainement qu'on a essayé d'y retrouver l'application des préceptes de la rhétorique. Ce

i. J"appelle Première Apologie, selon l'usage, la grande Apologie, sans rien préjuger de sa relation avec la petite, la seconde; relation que j'ai discutée dans un appendice spécial.

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n'esl pas que Justin doive être Boupçonné de les ignorer absolument; mais il - en soucie peu, el ne B'intéresse qu'au fond des choses. L'usage qu il fail de la littérature classique, — je veux dire des écrits platoniciens, car ce soûl les seuls duni il s 'inspire habituellement, - montre bien son indifférence pour la forme. Il ;< I esprit tout plein de souvenirs de ['apologie de Socrate; il affiche l'intention d'en reprendre la tradition, et ce rapprochement entre là persécution contre Socrate el la persécution contre les chrétiens, que nous avons vu s'annoncer dans quelques indications des Actes, est une des idées auxquelles il est le plus attaché. Mais il n'a aucunement cherché h imiter la composition eî le style, il Remprunte que des idées, on bien il cite un certain nombre de phrases et de formules caractéristiques. C'est seulemenl dans le Dialogue qu'on trouve, avec une assez grande maladresse, une affabulation qui trahit plus de souci littéraire; certaines parties au moins y ont une allure plus régulière, et l'expression \ esl généralement un peu plus soignée. Justin n'est .jamais arrivé à bien écrire, mais il s'y efforce davantage dans son dernier ouvrage. Dans Y Apologie au contraire, l'expression est très négligée et on ne peut discerner qu'un plan très rudimentaire. Quelques grandedivisions se laissent apercevoir; dans chacune d'entre elles,

règne un ordre approximatif, qui laisse place à une extrême

liberté, à une perpétuelle incertitude dans le détail. Nulle part on ne sent La vigueur née, --aire pour concentrer les idées, les ramènera un principe, prévoir et éliminer les contradictions. On est souvent en présence de tendances plutôt que de théories véritablement élaborées. L'interprétation est donc délicate : il faut suppléer certaines lacunes, tirer parti d'indications incomplètes, rétablir des liaisons que la maladresse de l'écrivain a omis de marquer explicitement, et, tandis qu'on se livre à ce travail indispensable, on risque évidemment de prêter à Justin plus de Logique et plus de pénétration qu'il n'en eut peut-être en réalité I voudrais autant que possible éviter ce danger, et ne pas

m'exposer à présenter, au lieu des conceptions décousues de notre Apologiste, le système qu'elles suggèrent et qu'on est presque inévitablement tenté de construire soi-même en partant des mêmes prémisses.

Dès la première occasion qui s'offre à Justin de mentionner la philosophie \ il la met en parallèle avec le christianisme, mais il marque en même temps la différence. Il vient d'attribuer aux démons les poursuites contre les chrétiens, et. dans une phrase gauchement agencée, d'expliquer par la même intervention l'origine du polythéisme. C'est parce que Socrate a tenté de révéler aux hommes l'impudence des démons, qu'il a péri, victime de leur vengeance, avant les chrétiens, mais exactement comme eux. Or Socrate, chez les Grecs, était inspiré par « la raison », et chez les Barbares, c'est-à-dire chez les Juifs, c'est la Raison2 elle-même, incarnée en Jésus-Christ, qui est apparue et a tenu le même langage. L'absence d'article dans le membre de phrase relatif à Socrate, — utto Xoyou, — montre avec évidence que Socrate est ici considéré comme éclairé par la lumière naturelle de l'intelligence, tandis que les chrétiens sont les disciples du Verbe incarné, qui est la liaison ellemême. Nous savons déjà qu'Aristide, que l'auteur du Cerygma Pétri, à l'exemple de l'apologétique juive, à l'exemple du stoïcisme, reconnaissent à la raison, si elle s'égare quand elle veut spéculer sur la nature divine et la définir exactement, la faculté de parvenir à la notion d'un Dieu créateur et providence. Justin n'affirme pas ici autre chose; mais il insiste sur le danger que courent les hommes, abandonnés à eux-mêmes, de se laisser décevoir par les démons; il faut une force d'esprit et de caractère exceptionnelle, comme était celle de Socrate, pour se soustraire à leurs prestiges. L'entreprise même de Socrate a échoué, et

i. Ap. I, ch. v.

2. J'emploie ici le mot de Raison, pour bien faire sentir la liaison avec ce qui précède; je me servirai dans la suite de l'expression la plus usuelle, Verbe, après avoir remarqué une fois pour toutes, l'impossibilité de rendre en français les nuances diverses du mot Xdvoç.

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les démons <ml triomphé de lui. La nécessité de la révélalion est donc ici même implicitement, mais très sûrement inculquée, pour deux motifs étroitement corrélatifs : non pas l'impuissance absolue, mais l'extrême faiblesse de la nature humaine, quia besoin d'être Becourue; et la puissance des Démons, qui ne peul être brisée que par une intervention divine. Cette seconde idée esl essentielle pour Justin, el on m s;!iir;iii irop le répéter; car nous sommes trop portés aujourd'hui à négliger, sans nous en apercevoir, cette démonologie qui nous étonne. Il ne semble pas d'ailleurs que Justin ait réfléchi aucunement aux difficultés que peut amener cette tendance au dualisme. L'existence des démons lui est garantie par les récits évangéliques ; il croit aussi, comme presque tous ses contemporains, la constater expérimentalement en mainte occasion, dans la vie journalière; il l'accepte donc sans discussion, el il d ;i sur ce point aucun tourment intellectuel. S il en avait en, il n'aurait pas manqué, soit en ce passage, Boit en quelque autre, d'indiquer la difficulté avec cette loyauté, je dirais môme avec cette sorte de pédantisme scrupuleux qui I oblige à montrer à chaque instant l'état de son âme. Quant aux hommes, ils pèchent non point par une radicale infirmité de l'intelligence, mais plutôt par concupiscence : en effet, c'est en prenant pour alliés tous les mauvais désirs qui sont naturellement en chacun de nous', que les démons font obstacle à la propagation de la vérité. Pour Justin, comme pour tous les apologistes, le problème du mal trouve d'ailleurs sa solution dans la théorie du libre arbitre, que le chapitre wviu expose en termes formels, et avec une allusion significative à ['Epître aux Humains. I. Les" hommes naissent capables de raisonner et de réfléchir; ils sont libres de choisir le bien ou le mal, la vérité ou l'erreur; ils sont responsables devanl Dieu, et, - ils pèchent, ils n'ont pas d'excuse. C'est évidemment de la même façon que se conçoit la méchanceté des démons, et celle de leur

chef (( celui qui est appelé chez nous serpent, Satan et diable ' »; ils ont mésusé de leur arbitre. C'est là l'explication ultime, au delà de laquelle Justin n'a jamais pensé qu'on put remonter.

Mais Justin a bien vu que s'il justifiait ainsi l'utilité d'une intervention divine, il n'expliquait pas pourquoi elle s'était produit si tard. Pourquoi tant d'hommes ont-ils été privés, avant la naissance du Christ, du salut miraculeux que le Verbe incarné est venu apporter à ceux d'aujourd'hui? Justin n'a pas seulement compris cette objection avec son intelligence; il l'a, si je puis dire, sentie avec son cœur, avec son cœur si charitable. De même qu'il s'indigne que tout le monde n'accepte pas le salut maintenant qu'il est offert (et il y aurait là pour lui un scandale incompréhensible, s'il ne s'expliquait cette étrangeté par l'effort suprême de résistance que tentent les démons avant le jugement dernier), de même il ne pouvait pas ne pas être saisi d'une immense pitié pour toute cette foule anonyme qui était morte sans espérance. Il est impossible de mieux poser la question qu'il ne l'a fait au chap. xlvi : c( Mais pour que, contre toute raison et pour détourner de nos enseignements, certains ne viennent pas dire que le Christ est né, selon nous-mêmes, il y a i5o ans sous Quirinius % et qu'il a donné son enseignement dans la période suivante, sous Ponce-Pilate, pour qu'ils ne nous fassent pas cette objection qu'alors tous les hommes des temps antérieurs sont irresponsables, prenons les devants et tâchons de résoudre cette aporie3. » Précisément parce qu'il a luimême prévu la difficulté, en termes si formels, le développement qui suit prend une importance particulière; on n'est pas seulement en droit, on est obligé de conclure que ce développement exprime le fond de la pensée.

i. XLIII.

2. C'est le texte qui date à peu près exactement la Première Apolo-gie.

3. C'est le terme même qui indique une objection logique, mais il ne suit pas de là que Justin, ici comme toujours, ne soit pas inspiré beaucoup, sans le dire, par des raisons de sentiment.

58 LES kPOLOGISI ES GREG8

(( Nous ;i\(tns appris ». il va de soi que c'est par les Ecritures1, — << que !<• Chris! es! le premier né « 1 « - Dieu, et nous venons de dire qu'il e>t verbe1 duquel toul le genre humain a reçu participation. El ceux qui onl selon le verbe » \i.i--j. X6you, c'est-à-dire avec cette raison que tous les hommes possèdent en puissance, c< même s'ils oui été jugés athées, comme chez les Grecs Socrate, Heraclite, el leurs pareils eue/, les Barbares, Abraham, Ananias el Vzarias, Hélie el beaucoup d'autres, dont il sérail long d'énumérer les actes ou les noms, tous ceux-là sont chrétiens. De sorte que ceux qui. parmi les hommes des temps passés, ont vécu sans verbe, ne lurent bons à nen '. furent ennemis du Christ, et meurtriers <le ceux qui vivaient selon le vérité, tandis que ceux qui ont vécu et qui vivent selon le verbe sont chrétiens, sont sans crainte cl sans peur. Pourquoi donc, par la puissance du verbe, selon le dessein de Dieu, père el maître de toutes choses, un homme fut enfanté par une vierge, et appelé Jésus, pourquoi, après être mort sur la croix, il esl ressuscité el remonté au ciel, l'homme intelligent pourra le comprendre d'après ce que je viens de dire ». Il est regrettable que Justin n'ait pas tiré lui-même ces conclusions expressément, qu'il nous ait laissé le soin de les déduire; mais <-n ne peut se méprendre sur ses intentions. Il est évident qu'il faut entendre le mol sur Socrate et Heraclite chrétiens cum grano salis. Il faut bien se garder de croire que Socrate ail connu le Verbe en tant que personne, .-i quelque degré que ce soit: il n'a été inspiré que par cette raison commune à toute L'humanité, cette raison individuelle.

i. Tous les chapitres qui précèdenl démontrenl précisément, parle témoignage de l'Ancien Testament, ce que Justin répète i< i.

2. Je suis oblige do traduire ainsi, quoique la traduction rait vienne mieux pour la phrase suivante. Mais, à moins 'le ne pas traduire, et de conserver le moi grec ... il esl impossible de ne pas sacrifier une nuance à L'autre. Remarquez aussi la suppression de l'article ; il ne s'agil pas en effet 'le définir ici le verbe en tint que personne ï

'■>■ a/vr,jTo; est employé au lieu «le xaxoi, par un jeu «le mol évident

justin 5g

qui elle-même émane de la raison totale, laquelle est le Verhe. Ce que Justin veut simplement prouver, c'est que l'humanité n'a pas été plongée dans les ténèbres et condamnée sans rémission, tout entière, jusqu'à la venue du Christ. Il a toujours été possible de s'élever à la connaissance du Dieu créateur, et de faire la distinction du bien et du mal moral1. Privés du concours que devait plus tard leur apporter le Christ, les hommes qui ont été capables de cet effort sont restés rares 2 ; malgré l'expression « beaucoup d'autres », il ressort indubitablement de ce texte qu'ils ne sont qu'une exception dans la masse. Le Verbe s'est révélé pour préparer le triomphe définitif de la vérité; sa venue annonce, commence le dernier acte du drame de l'histoire; quoique Justin n'attende plus la fin du monde aussi immédiatement que les chrétiens de la génération précédente, il considère manifestement comme eux que le temps qui la doit séparer de l'époque de l'incarnation ne peut être au total que de courte durée, comparé à tout le passé de l'humanité3. Ceux qui ont vécu auparavant n'auront aucun titre à récriminer contre le jugement; il en est parmi eux qui seront sauvés, puisque Justin les appelle sans hésitation chrétiens. Il y a une unité réelle dans l'histoire, puisque l'humanité n'a jamais été entièrement privée de Logos. Comme Justin s'adresse, dans son Apologie, à des païens, il lui est loisible de ne pas compliquer inutilement la question en faisant intervenir le peuple juif, et en expliquant son privilège. L'Ancien Testament n'a d'im-

i. Un des textes les plus probants (d'inspiration stoïcienne), est Apologie YI, 3... s|i.;puToç ôoEa. — L'idée qu'il n'y a pas d'âme qui reste sans aucune notion de Dieu et que la punition serait absolument injuste si les hommes n'étaient pas capables de distinguer le bien et le mal, est ordinaire chez Philon (Bréhier, Philon, p. i3i).

i. On voit le progrès, de YÉpître aux Romains à Y Apologie de Justin. Saint Paul admet théoriquement une certaine puissance de la raison et de la conscience humaines ; en fait, il ne voit dans le paganisme que déraison et immoralité; il ne cite ni Socrate ni aucun autre païen vertueux. Justin les nomme et les sauve.

'S. Cf. surtout Dialogue, XXVIII, i : Bpa-/-j? oûtos Ô|aïv nspiXecitSTai 7:po<TV.-jT£w; "/pôvo;.

6o LES tPOLOGIB I I - GBJ ' -

portance véritable, pour an chrétien qui discute avec des Grecs, que parce qu'il renferme les titres du christianisme, et, par les prophètes1, en fonde La certitude.

Il n'\ a rien Là qui ne Boil rigoureusement impliqué pai les termes mêmes « I < • 1 1 1 Justin s'est servi, et, en traduisant ainsi avec plus de précision sa pensée, on ne L'altère en rien. Ce système assez simple pouvait Lui paraître éclaire] assez bien Le plan divin; il \ a fait entrer, <>u plutôt il a mené parallèlement à sa théorie principale, — par laquelle il dérive du Verbe non seulement la révélation des Ecritures el la prédication évan^élique, mai- aussi La révélation qui est de tous les temps, celle qui n'a pas d'autre organe que la raison humaine, — une théorie secondaire qui ne résulte pas nécessairement de la première, qui risque même <!■■ la troubler, mais qui ne la contredit cependant pas el ne La ruine pas". La première, sous sa forme précise, el quoique le germe en soit dans 1 Epitre aux Romains, est, on peut Le dire, son apport personnel et son meilleur titre; I autre ne lui appartient pas: il la reçoit toute faite, et comme 'Ile était déjà accréditée par l'apologétique juive, comme 'Ile était d'ailleurs commode, il l'accepte volontiers. G'esl la théorie des emprunts faits à l'Ecriture par les philosoph Platon a connu la Genèse et les 'Sombres, — Justin ne so pas même à se demander comment. — et il s'en est inspiré dans le Timée. Son exposé de L'œuvre de la création dérive de Moïse, el on reconnaît une influence analogue dans -.1 théorie de lame du monde. Dans La seconde Lettre, il a

1. On sait que la réalisation 'les prophéties est l'argument essentiel de Justin, qui ne fait plus, comme Quadratus, appel fit prem

aux miruch's de .lésus, paire que. plus expérimenté, il D ig

les niiiaeles n'onl rien qui puisse déterminer l'adhésion des païens, tout disposés d'avance à en admettre La réalité et s Lea expliquer par la magie (jioyix^ t-/vt. ch. \\\ .

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