‹ Les apologistes grecs du IIe siècle de notre èreChapitre 31 sur 128 · Hap' éavnoûç, CXXIV · texte numérisé non relu

Hap' éavnoûç, CXXIV

3. Dial., XCV. — Ce texte est un de ceux où Justin se laisse aller, sans trop y réfléchir, à considérer comme chose qui va de soi une certaine supériorité des Juifs sur les Gentils.

toutes les prescriptions de La Loi. s'ils sont, Gentils^ toutes les obligations de la morale naturelle ; le Chrisl s'est chargé de ces malédictions. Justin, dans oe qui nous peste de lui '. n'a pas précisé davantage la signification de la rédemption. En quoi consiste donc Le christianisme, et qu'a-l-il apporté de nouveau par rapport an passé? <)n peut le conclure d'une phrase du chapitre xlvii où Justin termine réflexions sur le judéo-christianisme. Il condamne <i rejette, on le sait, ceux d'entre les Judéo-chrétiens qui veulent imposer aux Gentils le fardeau de la Loi. « Si au contraire, par faiblesse d'esprit, ils veulent observer tout ce qu'ils peuvent observer encore des préceptes de Moïse \ <|ue nous savons avoir été prescrits à cause de la dureté de coeur du peuple [juif], en a ajoutant L'espérance dans le Christ et les œuvres éternelles de la justice et de la piété3, s'ils consentent à vivre avec les chrétiens et les fidèles, comme je le dis, sans leur prêcher de se faire circoncire à leur exemple, d'observer le sabbat, et toutes les ordonnances analogie-, je déclare qu'il faut les accepter et entrer en société avec eux sans restriction, en les traitant comme des parents et des frères. » Ainsi, en morale, rien à proprement parler de nouveau4. Par les mots : « Espérer en Christ ». Justin résume les vérités dogmatiques proprement chrétienne- qui ressortent de renseignement de Jésus: ce qu'il nous ;i révélé de sa divinité, de sa relation avec le Père, de son rôle futur comme Messie et Souverain Juge; les pratiques chrétiennes

i. J'ajoute celle réserve, parce que Justin, avec ses habitudes d'improvisation, de composition lâche, ne présente jamais ses idées qu'incomplètement, successivement, ci nous ignorons si telle partie, — telle digression imprévue. — du Syntagma par exemple. >i nous la possédions, ne nous révélerait pas quelque élément a peu près ignoré doctrine. — C'est encore uniquement aux démons qu'il est tait allusion à la fin du chap. xi.ix du Dialogue où Justin parle la xpuçta Sûva(is; du ( Unis! crucifié.

■2. Il en est maintenant, — vient de dire Justin, que les Juifs euxmêmes ne peuvent plus observer, depuis la destruction de Jérusalem.

:î. Autrement dit : la morale naturelle.

j. Il ressort cependant, nous !,• Mirons, de certaines parties de 1 Apologie, que ce n'esl pas là toute la pensée de Justin.

du baptême et de l'eucharistie. Cela, c'est la Vérité d'essence supérieure, telle que le Verbe seul peut la communiquer. On verra que Justin, si simple que soit sa doctrine, ne redoute aucunement que cette simplicité en diminue le caractère unique et la nouveauté, si l'on ne néglige pas de remarquer qu'il mentionne expressément, — sans y insister d'ailleurs, — la descente de Jésus aux enfers l. Il accuse les Juifs d'avoir retranché des prophéties de Jérémie le texte suivant : « Le Seigneur, le Dieu saint d'Israël, s'est souvenu de ses morts, de ceux qui sont couchés sous la terre du tombeau, et il est descendu vers eux, pour leur apporter la bonne nouvelle, la nouvelle du salut. » Le Christ en effet non seulement apporte aux hommes des enseignements auxquels la raison n'aurait pu s'élever, mais, sur tout le reste, c'est lui qui donne la certitude. Cette dernière affirmation est celle que Justin, étant donné le caractère de l'ouvrage, a surtout mise en lumière dans Y Apologie. Il la reproduit dans le Dialogue : « Je suis d'avis qu il ne faut pas plus suivre les hommes que les enseignements humains, mais Dieu et les enseignements qui viennent de lui2. » Sans parler des grâces particulières que Dieu accorde aux chrétiens, — car l'esprit de prophétie, éteint désormais chez les Juifs, agit encore chez eux et Justin lui-même revendique à plusieurs reprises un don spécial qu'il a reçu pour l'explication des Ecritures3, — le christianisme appa-

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