‹ Les apologistes grecs du IIe siècle de notre èreChapitre 41 sur 128 · Dial. LX · texte numérisé non relu

Dial. LX

:;. Il>., LX, 5.

4- Les textes évangéliques où Jésus parle de la providence, et l'attribue à son Père, le lui auraient, à eux seuls, interdit.

saisir dans un texte du Dialogue par Lequel je conclurai; il y répète que le << Prie, qui e>l inexprimable el souverain de l'univers, ne va nulle part, ne se promène pas, ne <l<>rl ni se lève, mais reste dans sa demeure, oà qu'elle soit, doué dune vue et dune ouïe pénétrantes, non par le moyen des yeux ou des oreilles, mais par une faculté indéfinissable; il voit et connaît tout, H aucun <lc non- ne se dérobe à lui, sans qu'il bouge lui ipii ne peul être contenu dans un lieu ni dans le monde toul entier, et qui élail avant même le commencement du monde1 ». La Providence, l'action de Dieu le Père sur le monde est affirmée avec la plus grande netteté, en même temps que la transcendance. Ces deux aspects de la pensée de Justin, qu'il a tenu à montrer dans la même phrase, ne peuvent jamais être séparés.

Ainsi Justin paraît avoir eu. tant qu'il était philosophe, une conception éclectique de la Divinité, où l'idée platonicienne du Bien était identifiée avec le Démiurge du limée et vivifiée par la notion de la providence stoïcienne. Iprès comme avant sa conversion, il a été un des adeptes de ce monothéisme, qui pouvait rallier, au ier et au n" siècle de notre ère, dans une croyance commune, les disciples des différentes sectes. Quelle différence y a-t-il entre le texte de Justin que je viens de résumer, el cette page d'un Apologiste juif. Josèphe, dans le •> livre contre Vpion*? a Moïse enseigne à regarder vers Dieu comme vers La cause de lous les biens, que possèdent en commun tous Les hommes, ou qu'ils ont obtenus après les avoir demandés dans l'épreuve : d enseigne qu'il n'est pas possible qu'aucune action ou même aucune pensée secrète lui échappe; qu'il est unique, sans origine, et éternellement immuable, qu'il I emporté en beauté sur tout ce que peut imaginer l'esprit humain; qu'il se l'ail connaître à non- par sa puissance,

i. CXXVII. Justin emploie, dans le même passagi . la formule biblique : dans les cii'u.f. mais L'autre formule montre que celle-là n'est pour lui que traditionnelle et a besoin d'être expliquée.

mais que nous ne pouvons comprendre quelle est son essence. Que les plus sages d'entre les Grecs ont appris à avoir cette idée de la Divinité, et que Moïse leur en a donné le principe, je le laisse de côté pour le moment; mais qu'elle est belle et convenable à la nature et à la dignité de Dieu, ils en sont grandement témoins : Pytbagore, Ànaxagore, Platon et, après lui, les philosophes du Portique, presque tous, semblent avoir ainsi pensé sur la nature de Dieu. » Cette idée de Dieu, très analogue à celle de Josèphe, tant qu'on ne fait pas intervenir le Verbe, Justin n'a pas eu à l'imaginer; il l'a reçue toute faite; pour la justifier, à ses propres yeux ou dans la discussion, il la construit, avec les données de l'Ecriture et de la tradition chrétienne, en opposition avec le monothéisme absolu, auquel il lui faut accorder la théorie du Verbe.

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